2010

Ces hommes qui portent de la lingerie féminine

Stephanie

Publié le 4 août 2010

Paroles ouvertes

Article publié en 2010. Le contenu peut refléter l'état du marché à cette époque ; certains produits cités ne sont plus disponibles.

Le sujet peut interloquer. Les hommes qui portent la lingerie féminine, la leur ou celle de leur femme, ne sont pourtant pas des cas rares. Ou du moins cela existe, il suffit de se pencher un peu sur des forums, des annonces pour s’en rendre compte. Ainsi celui-ci qui raconte : « Ma femme déteste porter un porte-jarretelles ; par contre moi j’adore ça et je m’en prive pas ! » ou encore celui qui affirme : « Voilà, moi j’ai d’abord essayé le p-j de ma femme et j’ai tout de suite aimé la sensation avec bien sûr des bas de nylon et par la suite, je m’en suis procuré à ma taille… J’adore porter ces types de vêtements, je me sens sexy et cela m’excite en même temps… », ces citations étant empruntées à un sujet sur les porte-jarretelles trouvé sur c-tendance.

Les hommes profitent de l’anonymat de l’Internet pour dévoiler de telles envies, raconter leur expérience, leurs fantasmes à ce sujet. Ce sont des hommes qui cachent ce penchant à leur compagne ou pas, jouent ou pas avec elle avec la lingerie et le travestisme… Une courte recherche sur Internet nous conduit ainsi à des discussions sur ce sujet mais aussi à des photographies d’hommes en strings de dentelle féminine, comme sur ce blog où les contributions sont nombreuses. Y figurent aussi des trucs et astuces, où trouver de la lingerie grande taille, ou encore comment remplir un soutien-gorge quand on n’a pas soi-même de poitrine, comme l’écrit un homme sur cette page : « Moi je me fais de faux seins avec de l’eau dans une capote puis dans un mi-bas couleur chair. Sentir deux gros seins dans le soutif, franchement, je te conseille d’essayer car ça change tout au niveau de la féminité. »

Sur Version Femina, la question suivante « « Je suis marié, j’aime ma femme et je ne me sens pas attiré par les hommes. Pourtant, il m’arrive de porter de la lingerie féminine en cachette de mon épouse. Que faire ? » est suivie d’une réponse du Dr Mireille Bonierbale, psychiatre et sexologue : il s’agit d’une forme de travestisme, cela n’est pas lié à une tendance à l’homosexualité et cela ne constitue pas un problème en soi. « Les variations de la sexualité sont innombrables et ne posent problème que dans deux circonstances : lorsqu’elles se ritualisent et qu’il devient impossible d’obtenir une satisfaction sexuelle autrement, ou encore quand le partenaire ne peut pas accepter cette inclination qui met donc le lien en péril. »

Face à de tels fantasmes, les femmes s’interrogent aussi parfois, peuvent marquer de l’incompréhension, des doutes, du rejet, quand elles sont au courant de ce que font leur partenaire…

La littérature érotique fait aussi écho de ces pratiques. Nous trouvons ainsi dans Double vie de Sophie Cadalen le personnage masculin qui à la fin du roman porte avec plaisir de jolis sous-vêtements féminins.

Deux nouvelles du recueil Jouissances de femmes des éditions Blanche évoquent ce thème. Dans Rêves de jouissances de Lou Cristal, p. 27, il s’agit du fantasme de la narratrice, au conditionnel : « Je le cajolerais, le caresserais doucement, tendrement. Je l’habillerais en femme et je l’admirerais pour cela. Je lui enfilerais mes bas noirs que j’accrocherais à ses jarretières. Je lui mettrais ma guêpière de dentelle noire, dénouerais ses cheveux. Ensuite, il déambulerait devant moi, juché sur ses hauts talons, lascif et sensuel… Je l’embrasserais alors, chamboulé par sa féminité. »

Dans Lèche-vitrine de Sylvie Sanchez, la narratrice évoque ainsi la découverte de l’attirance qu’exerce sur elle la vision de son amant vêtue de lingerie féminine, p. 170 : « Sortant de la douche, je vois mon amour, planté devant le lit, immobile, les yeux rivés sur mon string en dentelle blanche, un curieux regard à la fois avide et contemplatif.

- Tu ne vas pas me le prendre j’espère ? lui lançai-je sur un ton moqueur.

- Qui sait ? ùe répondit-il, amusé.

- Tu crois que ça pourrait t’aller, mets-le pour voir !

Curieux, il retire son pantalon, et laisse apparaître sa belle queue qui commence déjà à se tendre. Il passe maladroitement ses deux grandes jambes dans le string. Pour l’aider, je tire bien la dentelle sur ses hanches. En passant mes mains sur ses fesses, j’attrape et mets en place doucement la ficelle du string pour qu’elle s’ajuste entre les deux joues.

Quel effet ! Je sens sa bite qui gonfle et me pousse le ventre. […] Il rougit, semble gêné, sans doute son côté macho et cette nouvelle sensation, mais devant mon regard ardent de désir pour lui, il veut la garder pour me faire encore plus plaisir.

Les jours suivants j’ai acheté quelques culottes que je lui demandais de porter quand nous étions ensemble. »

Le jeu continue tout au long de la nouvelle, à la lingerie succède le travestisme complet, vêtements, chaussures, perruque, maquillage, toujours pour répondre au fantasme de la narratrice…

Le fait qu’un homme porte de la lingerie féminine, la sienne achetée avec soin ou celle de sa femme, n’est pas toujours mal vécu dans le couple, comme aurait pu le suggérer l’appel de cette femme sur le forum d’au-féminin évoqué plus haut. J’ai croisé sur Internet Thomas qui a bien voulu répondre à mes questions, et qui l’a même fait de très bonne grâce, puisque le raconter l’excitait, selon ses dires.

« Ma femme adore les dessous Lise Charmel. String, shorty, porte-jarretelles. Moi J’adore mettre ses shorty. Je trouve ça très sexy et très excitant. J’adore les mettre de moi-même mais j’aime aussi les mettre pour certains hommes. » Thomas est en effet bisexuel et évoque suite à mes questions, différents « plans », qu’il soit en couple ou seul, avec un homme, un couple…

J’ai voulu savoir comment tout avait commencé pour lui et comment cela avait été amené dans son couple. Voici ses réponses : « J’ai commencé à l’âge de 12 ans avec ma sœur pour nous amuser. Elle me prêtait ses culottes et on défilait dans sa chambre. Dès que les parents n’étaient plus là c’était notre jeu préféré. On piquait les strings de ma mère car ma sœur n’en avait pas beaucoup. Ma sœur avait déjà 20 ans à l’époque. » Pour ce qui est du port de la lingerie féminine vue par sa femme, voici ce que Thomas raconte : « Un soir elle était à la douche et je l’attendais dans la chambre. J’avais mis une de ses nuisettes et un string dessous. Quand elle est sortie et ça l’a fait rire. J’ai commence à enlever la nuisette et elle s’est approchée. Elle a commencé à me caresser comme si j’étais une femme. Maintenant elle me prête volontiers sa lingerie. »

Thomas fréquente les magasins de lingerie féminine pour lui, « mais j’ai honte tout seul » m’explique-t-il. « Ces magasin m’excitent énormément. Voir tout ces dessous et surtout ces cabines où tant de monde en essaie… » La lingerie est pour lui excitante sur autrui et sur lui-même. Il ne porte pas de lingerie tous les jours, notamment parce qu’il joue au foot et qu’il pense que cela serait mal accepté dans les vestiaires : « J’aime les shorty en dentelle aubade. Je ne mets pas des dessous féminins tout le temps. Pour le foot, je mets mes plus beaux boxers. J’aime pull-in et guess »