La gare du Nord était froide en cette journée de décembre
Depuis des semaine nous nous découvrions au téléphone
Sans nous être jamais vus
Depuis des nuits nous parlions des heures durant
De nos existences
De nos envies
Lentement nous avons appris à nous connaître
Sans rien savoir de notre image.
Nos corps vivants et désirants
S’ignorant totalement
Nos envies ne passant que par les mots
Qui s’envolaient chaque nuit
Au-delà du quotidien de nos vies…
Et puis un jour nous avons convenu d’un rendez vous
Deux heures durant
Dans le train partant de Lille
J’ai pensé
J’ai rêver
Je t’ai désiré
J’ai eu peur aussi de ne pas te plaire
Je regardais les paysages
Je les voyais
Et les oubliais
ne pensant qu’à toi
la gare du Nord s’est ouverte devant le train
grise et froide
mon cœur brulant mes yeux
je ne savais si j’allais oser mettre un pied devant l’autre
la peur au ventre
peut être avais je rêvé ?
Il n’y aurait personne.
Ou bien tu ne serais pas là , changeant d’avis tu ne serais pas venu…
J’étais déjà malheureux
En marchant sur le quai
Des amoureux se retrouvaient
Des enfants couraient en criant !
Mille ou cent ils marchaient
comme moi vers le bout du quai
je ne voyait rien
il y avait tant d’hommes qui m’indifféraient
tant de femmes qui m’ignoraient
mon espoir
mes rêves mes envies s’envolaient à chaque pas
ma peur
gagnaient
et puis tu étais là immobile
avec un sourire
immobile sur le quai
je ne savais pas si c’était vraiment mon amour qui
était là
j’en doutais encore
j’ai forcé ma peur
pour te parler
et je ne sais plus ce que tu m’a dis
ton sourire
m’a éblouis, tu m’a embrassé
tes lèvres étaient brulantes
et tu tremblais
tu t’es mise à pleurer doucement
me disant que tu étais heureuse
tu m’a guidé vers la sortie
vers le bus
qui nous emmenais au travers des rues de Paris
assis au fond du bus
nous nous sommes embrassé
nous yeux se découvrant
nos corps s’attirant
nos cœurs s’emballant de cette découverte
sensuelle
tu m’a entrainé
expliqué les rues
entre deux baisers
au pied de ton immeuble
tu m’a expliqué
la ville je ne comprenais rien
mais je te regardais
et je vivais un rêves
puis il y a eu les marche
qui m’on coupé
le souffle
pas d’ascenseur
tu grimpait les marches
si vite
il y avait tant d’étages
je suis arrivé sans souffle
sur le palier enfumé par un vieux voisin
toussant
j’ai essayé de reprendre mon souffle
pendant que tu ouvrais ta porte
puis je t’ai suivis
il y avait peu de place
une pièce et une chambre
un canapé bleu
je m’y suis assis et les coussins s’en sont allé glisser
vers le sol
tu riais
et tu es venu sur moi
m’embrasser
j’ai soulevé ta jupe
le collant résistait
tu m’a aidé en me disant
« alala…pas doué »
J’ai rigolé
toi aussi …
nous sommes tombé sur le plancher joli
et tu m’a dis
« viens »
Tu m’a pris par la main
Pour m’entrainer vers ton lit
La chambre toute petite
Donnait sur les toits de Paris
La pluie chantai sur le zinc
Et sur la fenetre
En face d’autres fenetres
Eclairée
Laissaient voir des hommes des femmes
Solitaires ou en couple qui s’activaient
Pas de rideau à ta fenêtre
J’avais un peu honte de cette « proximité »
Tu m’a aidé à me deshabiller
Je n’arrivais pas à en faire autant pour toi
Je regardais ton corps qui se denudais
Et la fenêtre
Avec toutes ces personnes qui semblaient ne pas nous voir devenir nus
et nos caresses ont suivie notre nudité
nous nous sommes
embrassé
tu m’a guidé vers le cœur soyeux et tendre de ta féminité
j’avais encore peur
de toutes ces personnes qui ne me voyait sans doute que dans mon imagination
j’avais mal tant je te désirais
j’ai embrassé sur chaque partie du corps
ta peau brulait
tu me guidais de tes mains
de tes reins
mon sexe enveloppé dans la douceur soyeuse
du fourreau tendre, humide, et chaud du tien
je n’ai rien fait
tu m’as fait l’amour
et puis tu a pleuré encore en me serrant
dans tes bras
je ne savais pas quoi dire
je me suis excusé
j’avais peur de t’avoir fais mal
tu t’es mis encore à) rire
en pleurant
tu m’a donné un baiser
qui m’a presque privé de souffle
me disant que j’étais un idiot et que tu m’aimais
et puis nous nous sommes habillés
pour partir dans Paris sous la pluie
nous sommes allé voir une exposition
tu te réchauffais dans mes bras
nous avons mangé dans un petit restaurant
en parlant d’amour
et nous sommes revenus chez toi
pas de divan cette fois
mais des baisers
des caresses
j’en oubliais presque ,
pas tout à fait,
cette chambre illuminée
sur nos corps qui se dénudaient
sur nos sexes qui s’exposaient
au désir
et qui s’unissaient de nouveau
…dans la lumière d’une nuit,
qui nous a donné le plaisir,
après nous être connu sans nous voir
de nous découvrir enfin
ta peau
la mienne
ma bouche
sur tes lèvres,
toutes tes lèvres
tes lèvres
autour
de mon désir
et encore
nos désirs
qui nous ont épuisé
laissant la lumière allumé
jusqu’au matin
qui nous a réveillé un peu avant midi
heureux comme des enfants
qui venaient
de comprendre
à quel point
la vie
est belle
