Un lundi de congés je me promène dans Paris, il fait beau pour cette journée du mois de janvier particulièrement froid cette année.
Je fais du lèche-vitrine, sans but particulier mais tout en pensant que la semaine prochaine, je fêterai avec mon amoureux, les deux ans de notre relation.
Je réfléchis depuis quelques jours au cadeau que je pourrai faire à mon amoureux à l’occasion de nos 2 ans, la semaine prochaine. Noel vient de passer et là je sèche un peu. Je me ballade dans un quartier que je connais peu et au bout de quelque temps, j’avoue ne plus trop savoir où je suis. Je continue à marcher, passe devant plusieurs vitrines sans m’arrêter. Je sors une cigarette, enfin j’essaie, mon sac étant rempli d’objets (souvent inutiles mais indispensables). Je m’arrête donc pour trouver mon paquet. En allumant ma cigarette, je détourne les yeux vers le magasin devant lequel je suis arrêtée. Il s’agit d’un sex-shop. Je balaie du regard sans trop m’attarder. Je reprends ma balade et m’arrête dans le premier café à quelques pas de là, pour accompagner ma cigarette d’un café.
Je commence à réfléchir à cette idée de cadeau qui m’obsède en me disant qu’une fois de plus je suis en retard. Je paie, prends la note du café et rentre chez moi. J’ai passé une belle après-midi le nez au vent (pollué) dans une des plus belles villes que j’ai eu l’occasion de visiter.
La semaine s’écoule sans idée de cadeau, car malgré l’aide de mes collègues et amies toutes les options proposées ne m’emballent pas. Je commence à me dire que je vais lui faire un cadeau banal, un livre ou un DVD. J’ai la chance d’avoir un grand centre commercial à côté de mon boulot, où je peux me rendre rapidement sur mon heure de déjeuner. J’en profite pour aller voir ce que je peux trouver. En faisant le tour du magasin, je mets mes mains dans mes poches et en ressorts le ticket de caisse du bar où j’ai pris mon café lors de ma ballade à Paris.
Et là l’image du sex-shop me revient à l’esprit. Comment ai-je pu ne pas y penser plus tôt ?
J’appelle mon chéri et lui dit que j’aurai du retard ce soir là car je vais boire un verre avec une amie (tous les mensonges ne sont pas nuisibles !). Je retourne au sex-shop tout en ne sachant pas trop ce que je vais y trouver. Je m’attends à de poupées gonflables, des godes énormes… Je trouve le magasin et y pénètre. Je découvre une ambiance feutrée, une musique douce et deux vendeuses serviables.
Après avoir détaillé rapidement le magasin une vendeuse s’approche de moi et me demande comment elle peut m’aider. Je lui confie ma situation, elle me pose quelques questions sur nos habitudes sexuelles. Elle me propose un jeu avec des cartes à tirer, je lui réponds que j’aimerai quelque chose de plus extraordinaire. Elle me questionne alors sur notre facilité à créer des jeux de rôles. Je lui confesse quu’on s’est peu aventuré hors des sentiers battus mais que je suis tout à fait partante. Elle me présente alors un coffret avec un déguisement et un début d’histoire pour ne pas rester muette comme une carpe au début. J’accepte sans trop savoir dans quoi je m’embarque.
Arrive le jour J. Comme je pouvais m’y attendre mon chéri ne se souvient pas de notre anniversaire au réveil. Je ne dis rien et attends de voir si la journée l’aidera à s’en souvenir. Au fur et à mesure que la journée avance, l’excitation mêlée à une dose de peur montent en moi. L’heure de quitter le travail arrive. Je rentre à la maison excitée. C’est mercredi, et le mercredi c’est jour de la séance de sport de mon chéri. J’ai donc tout le temps de me préparer. Heure de retour prévue 21h00. En général, ces soirs là chacun grignote de son côté. Lui avant le sport, et moi devant le journal télé. Mais aujourd’hui pas le temps.
Il faut s’épiler, se raser, se maquiller, et surtout enfiler ce déguisement. Il se compose d’une toute petite culotte ouverte en cuir avec un joli soutien-gorge pigeonnant en cuir lui aussi. Je me trouve sexy là-dedans. Une fois ces sous-vêtements enfilés mon état d’excitation est encore monté d’un grand. Je continue de fouiller la boite et trouve des gants en cuir qui une fois enfilés remontent jusqu’aux coudes.
Reste encore dans la boite un fouet dont les lanières ne semblent pas faire très mal, un loup et des menottes. Il est temps de cacher tout cela sous des vêtements plus appropriés. Le temps de se repoudrer le nez, et voilà mon chéri qui arrive avec des plats achetés chez le traiteur. Quelque chose me dit que cette fois-ci il a pensé à notre anniversaire. Avant de nous mettre à table il me tend un paquet emballé. Je l’ouvre et je trouve des boules de geisha rouges, que je m’empresse d’aller mettre. Je me dis qu’excitée comme je suis il ne faudrait tout de même pas que je craque avant le moment final. Restons calmes.
Je lui dis que le cadeau que je lui ai acheté n’arrivera que demain et m’en excuse. La soirée suit son cours.
Après le dessert je m’éclipse. Il est temps de lui offrir son cadeau. Au-delà de l’excitation c’est maintenant la peur qui me submerge. Je relis une fois le petit scénario fourni et enfile les gants.
J’allume la chaine hifi dans la chambre et lui demande de venir. Il s’exécute. Il ouvre la porte où je l’attends dans ma tenue de cuir. Il reste sans voix. J’essaie de voir dans ses yeux s’il ressent de l’envie ou du dégout. Il finit par me sourire, et là je sais que la surprise lui plait. Il commence à s’approcher de moi, et je fais un pas en arrière. Il ne me touchera pas sans mon accord. Je lui demande de s’allonger sur le lit et de se déshabiller lentement. Il garde ses yeux accrochés à mon corps. Je sens la chaleur montait depuis mon bas ventre. D’autant plus que je marche devant le lit et que je sens les boules de geisha bouger en moi.
Je m’allonge sur lui mais lui ordonne de garder ses mains loin de moi sous peine d’un coup de fouet. Pensant que je bluffe il s’y risque une première fois, et la sentence tombe. Un petit cri de surprise sort de sa bouche. Je lui indique que je l’avais prévenu. Il n’aime pas ça. Je lui explique que ce soir c’est moi qui décide, et qu’il devra faire avec. Il acquiesce sans grande conviction. A califourchon sur lui, je me déhanche au rythme de la musique ce qui a pour effet de l’exciter. Il approche doucement ses mains pour j’imagine m’attirer vers lui. La deuxième sentence tombe.
Devant son insubordination, je prends la décision de lui attacher les mains avec les menottes fournies. Il a l’air de commencer à apprécier cette situation au vu de son pénis en érection. C’est à mon tour de poser mes mains sur lui. Avant cela, j’enlève mes gants doucement, tout doucement. Puis je commence à le masturber et visiblement il apprécie. Mais ce soir c’est lui qui est à mon service. Je le détache donc et lui offre mon entre-jambe. Il descend doucement tout en m’embrassant et m’offre un cunnilingus qui me fait décoller littéralement. Il est vrai que l’excitation qui me tient depuis des heures, voit dans ce moment une première satisfaction. Il en profite pour jouer avec les boules de geisha, que j’avais un peu oublié. Il tire dessus pour pouvoir me les enlever. Je lui demande d’arrêter. Il n’est pas encore l’heure. Notre excitation est de plus en plus palpable et la musique rythmée est très engageante. Je lui suggère de se mettre debout. Il m’obéit. Assise sur le lit, sa position m’offre un accès facile à son sexe pour une fellation dont j’ai envie. Après quelques va et vient, il émet des râles que je n’entends que très rarement. Et oui, mon homme est du genre discret. Mais ce jeu de rôles nous permet de sortir de nos habitudes et d’explorer de nouvelles sensations. Je le sens plus sensible que d’habitude. Mon envie est revenue à son niveau maximum. J’ai envie de le sentir en moi. Allongée à nouveau sur lui, j’enfile son sexe dans le mien. Cela nous arrache des râles de plaisir. Mais une sensation bizarre se diffuse en moi, il y a quelque chose d’inhabituel, qui aiguise mon plaisir. Grisée par le plaisir, j’en oublie ma domination. Il en profite pour passer au-dessus et me susurre « boules de geisha ». C’est vrai, je les avais oubliées et elles sont encore en moi. Une fois passée la surprise, le plaisir se décuple, nous passons d’une position à une autre en vraie symbiose ! C’est un moment de plaisir partagé comme jamais. A fleur de peau, et au bout du désir nous laissons échapper notre plaisir au même moment. Fatigués et amoureux nous nous endormons dans les bras de l’autre. Cette nuit restera comme une nuit extraordinaire. Elle représente surtout le début de nos scénarios sexuels. Ils ne sont pas systématiques mais nous permettent de multiplier les plaisirs, d’explorer nos fantasmes et de ne pas tomber dans la routine.
Malgré nos différentes expériences, aucune autre soirée ne restera gravée dans nos têtes comme celle-là (pour le moment…)
Aubrege
