2010

Concours de récits érotiques - Récit 2 - Auteur : Erwan

Stephanie

Publié le 26 janvier 2010

Concours de récits érotiques de la Saint-Valentin

Article publié en 2010. Le contenu peut refléter l'état du marché à cette époque ; certains produits cités ne sont plus disponibles.

Concours de récits érotiques de la Saint-Valentin

Le ciel était bleu, l’air froid. Le cortège de noir vêtu suivait le corbillard. Les mines étaient graves, quelques-uns pleuraient. J’étais là, plus par sympathie que par obligation. Mes liens avec cette famille étaient forts et j’aimais Jean. Sa femme, première du cortège, affichait un grand sourire comme pour dire :" c’est encore une de ces blagues ! imaginez combien il doit se marrer à nous voir ainsi … ". A la suite venait sa fille, Marie. Elle semblait sereine, comme détachée. Puis, le reste de la famille comme un grand ruisseau de larmes noires, affichant la peine générée par cette disparition. Au hasard des tombes, on pouvait lire les mots laissés par quelques parents, enfants, frêres, soeurs, voisins. Tous ces mots montraient la résignation et la douleur face à la mort. Passant devant l’une d’elles, je vis deux dates trop proches pour que cette mort ait pu être classique. Je pensais à la douleur de ces parents, perdant leur enfant. Et face à ma propre paternité, j’eus l’impression du gâchis que peut être une vie si brièvement achevée et pourtant riche de promesses.

Je fus soulagé de quitter cet endroit. Son atmosphère m’oppressait me rappelant d’autres visites trop récentes et trop douloureuses pour que je pusse déjà y penser sereinement. La tradition dans nos familles est de faire un repas après l’inhumation. Une manière de montrer que la vie continue, mais aussi de combler, peut-être, une partie du vide laissé par le défunt. Je slalomais entre les invités, écoutant d’une oreille distraite les bribes de conversation dont le défunt était finalement rarement l’élément central. Derrière le groupe, je vis Marie, assise. Elle regardait un vieil album photo des jours heureux. Je sais par expérience combien ce geste est tentant, mais combien il est futile et dangereux. Je mis ma main sur son épaule, sans un mot. Elle me jeta un regard lointain sans plus de réponse, et posa sa main sur la mienne. Étant liés pas alliance, je n’avais jamais été très lié à elle. Nous nous croisions au hasard des fêtes de famille. Nous parlions de choses futiles, des histoires professionnelles, les dernières blagues circulantes.

Gardant ma main dans la sienne, elle se leva et m’emmena à l’écart. Nous prîmes un verre. Alors, elle me demanda :

"comment ça s’est passé pour toi ? vas-tu mieux ? "

"Oui et non, c’est par vague. Mais les creux peuvent être périlleux ! ", parlant de la perte de mon père.

"Y penses-tu souvent ? "

“Toujours ! mais on finit par vivre avec. Et ceux qui disent que la peine s’atténue ne l’ont jamais vécu”

“Je ne ressens pas grand-chose. J’ai de la peine. Mais comme j’essaye de penser à autre chose, je me sens comme dans du coton. Froide, engourdie. J’ai l’impression de flotter”

“Ça peut arriver. J’ai mis quelques semaines avant que la douleur n’apparaisse vraiment et quelques mois avant qu’elle ne devienne insupportable”

Elle ne me regardait pas. Finalement, elle ne réagissait jamais à mes réponses. C’était un peu comme si elle se parlait à elle-même. Mes réponses n’avaient finalement que peu d’importance.

 Sa robe noire moulait ses formes, la coupe classique et sans fioriture ne mettait que plus en valeur son teint pâle et sa beauté aristocratique. La détaillant du regard, je me morigénais de penser à son corps en de tels instants.
Pour la première fois, elle me regarda dans les yeux.

"Déshabille-moi ! " me dit-elle.

La regardant avec curiosité, je lui répondis :

“Crois-tu que ce soit le bon moment, ma femme est en bas, tu es perturbée par la mort de ton père. Tu ne sais pas ce que tu dis”

"Je sais que tu as envie de moi. Et je ne supporte plus cette absence d’émotion. Je veux sentir, je veux éprouver quelque chose. J’ai besoin de sentir que je suis vivante. Alors, déshabille-moi ! "

Passant derrière elle, écartant ces cheveux, je fis descendre la fermeture de sa robe. La faisant glisser sur son corps, je pus découvrir en détail les courbes que j’avais imaginées. Sa nuque, son épaule, sa colonne vertébrale, ses fesses fermes. Lui enlevant son soutien-gorge, la rondeur de ses seins me fit m’arrêter. Ils étaient superbes, ronds, galbés, une auréole rouge vif qui contrastait avec sa peau. Ils étaient un appel à mes mains à ma langue, c’est à ce moment que j’ eus véritablement envie d’elle. M’agenouillant pour lui enlever sa culotte, je pus sentir son parfum. Un peu musqué et fleuri; son sexe était entretenu. Son ventre plat, ses cuisses fermes me permirent d’imaginer la tension des muscles que je pourrai voir lorsqu’assise sur moi, elle commencera à bouger. Nu et me fixant du regard, je ne sus que faire.  Elle n’avait pas bougé.  Elle ne m’avait même pas aidé à lui enlever cette robe. Il ne lui restait que des bas noirs et soyeux qui gainaient ces jambes fuselées. Je la prie dans mes bras et la déposais tendrement sur le sofa. Après avoir fermé la porte, je me déshabillais. Elle me regarda pendant tout ce temps. Détaillant mon corps. Restant immobile dans une posture gisante. Une fois nu, je pus la rejoindre. Écartant ses cuisses, je fis glisser ma langue de son pubis jusqu’à ces seins. Les caressant d’une main, je l’embrassais. Sa bouche s’ouvrit lentement. Nos langues se mêlèrent. Notre baisé ne fut pas passionné. Il fut doux, comme peuvent l’être les baisés de deux amants ne se connaissant pas et ne voulant pas faire peur à l’autre. Je pus redescendre le long de son corps et me mis à lécher son sexe. Elle avait une bonne odeur, sa peau douce et rasée était agréable. Elle commença à se détendre. Visiblement, son corps commençait à réagir. Ses muscles se nouant, il se mit à onduler au rythme de mes avances. Lorsque ses lèvres furent assez humides. Je me mis à genoux et posant ses cuisses sur mes bras, je la pénétrais lentement. C’est à ce moment que ses larmes commencèrent à couler. Mes mouvements étaient lents, elle me fixait du regard. Gêné par ses larmes, je m’apprêtais à me retirer. Elle me prit alors les hanches et m’attira plus profondément en elle.

" Fais-moi l’amour, fais-moi oublier tout ça. Montre-moi que je suis vivante, que la vie ne s’arrête pas là. Prouve-moi que je suis une femme, que tu me désires."

C’est ce que je fis. Accélérant le rythme, elle se mit à pousser des petits cris. Voyant sa respiration devenir haletante, je me retirais et l’incitais à se mettre à genoux sur ce sofa. Les mains sur le dossier, sa cambrure me fit encore plus d’effet. Je rentrais en elle, debout. Tenant ces hanches, je fis de longs mouvements, amples et profonds. Se redressant, elle prit ma main et la posa sur son sein. Ses yeux étaient fermés, mais ses larmes coulaient toujours. Je redoublais d’énergie, ces cris devenaient plus forts et plus fréquents. Enfin, je sentis son sexe se contracter, ce qui me fit venir en elle. Sa bouche s’ouvrit en un cri silencieux.

Après quelques minutes pour profiter pleinement de ce moment extatique. Nous nous assîmes côte à côte. Elle se leva alors, et se rhabilla. Je fis de même. Une fois habillée, elle s’approcha et déposa un baisé sur ma joue. Sans rien ajouter, elle sortit.

Je restais seul dans ce salon à me demander si ce n’était pas une grosse connerie.
Je me pose encore la question…

Je me pose encore la question…

Erwan

Son blog : ehastur.blogspot.com