Florie
Il y a des côtés positifs à ne fréquenter presque exclusivement que des nanas. Plein ! Il en faut bien, heureusement, pour compenser l’oreille attentive qu’on leur prête quand elles nous racontent leurs histoires de fesses alors que nous-mêmes aimerions les goûter, leurs fesses. Mais non, “toi, t’es mon ami voyons” lancent-elles… “donc avec moi, tu peux te la rouler et te la coincer sur l’oreille mon bonhomme” sarcastiquement-et-implicitement-continuent-elles…
Le côté positif d’avoir des amiEs, c’est qu’elles-même ont des amiEs qu’on ne connait pas… jusqu’à ce que…
Le premier regard décisif n’est pas une légende urbaine. Quand j’ai été présenté à Florie, la première pénétration eut lieu. Sans vaseline, à sec. Cette nana a pénétré mon cerveau, l’a un peu visité, elle a trouvé un cou sain sur le passage, qu’elle a transformé en coussins et a cherché à faire un petit nid. Durant tout l’apéritif de notre repas gastronomique du soir, basé sur des brochettes, des merguez et des sauces qu’on peut manger sans culpabilité seulement jusqu’à 20 ans, une connexion s’était établie, transferts de données en cours : réception d’informations par l’intermédiaire de tous les sens, dans tous les sens. Nos yeux s’écoutaient, nos oreilles se voyaient, à moins que ce fut le contraire. Plus la soirée avançait, plus le débit de données échangées s’intensifiait, sans forcément beaucoup communiquer, classiquement, comme le faisaient nos amies autour de la table, par les cordes vocales.
Entre le “Bonjour, enchanté.” jusqu’à deux heures plus tard, nous avons du échangé moins de dix mots, la timidité a encore de beaux jours devant elle. La communication classique a pu débuter quand je l’ai surprise. Non, pas surprise, seuls à seuls dans le cellier coincé contre le frigo de la salle d’été, surprise par mes mots. Je ne parlais pas beaucoup et puis d’un coup, j’ai eu l’idée toute aussi lumineuse qu’involontaire d’acquiescer un enfoncement de porte ouverte commis par une tiers, cette dernière commençait à croire que les filles avaient plus de pouvoir dans le regard que les hommes.
A la sortie de leur adolescence, les filles n’imaginent pas à quel point deux globes… oculaires (oui, aussi, Jean-Luc, sors de ce corps) peuvent détenir un pouvoir fantastique.
Ainsi, en même temps qu’elle me déshabillait du regard, Florie m’a demandé d’expliciter ce que je laissais entendre précédemment. Elle était d’accord avec ça, elle l’avait déjà utilisé ce pouvoir, j’en étais sa victime du moment et elle fut surprise que je concède ce point, c’est un vieux relent chez moi, de me laisser dépecer comme une antilope consentante et masochiste au coeur des griffes d’une lionne.
Nous avons ensuite entrepris une communication plus classique, les connexions télépathiques ont leur limites, surtout quand on a principalement envie de sentir le corps de l’Autre près de nous. Près du barbecue, nous ne pouvions faire autre chose que jouer avec le feu, c’était le cas de le dire. Chaque découverte de la vie de l’autre était sujette à une réflexion, un sous-entendu ou une remarque orientée sur le nombril et ce qui s’y trouve quelques vingt centimètres en-dessous. Principalement de ma part, je le reconnais, mais cette fille savait magnifiquement tendre des perches, ce qui était également le cas de la mienne dans des proportions qui m’ont fait découvrir une élasticité de mon boxer que je sous-estimais. Une conversation délicieusement intenable, là, l’un derrière l’autre, coincés au coin du feu mais pas tout à fait le même que ceux des pornos des années 90. Bien que la suite y ressemblerait sérieusement.
Après cette phase de découverte mutuelle des vécus assortie d’une proximité physique à faire jaser nos queue-pines, une phase de chasseur/chassée, de pénis, non, de tennis de table, de fuis-moi-je-te-suis commençait. A 20 ans, on ne sait pas encore que ces phases peuvent être prévisibles et alors on pourrait se préparer à adopter la répartie d’Edouard Baer. A 20 ans, … on fait c’qu’on peut avec c’qu’on a. Après le pouvoir des regards d’une fille, je n’ai pas eu d’autre choix que de m’exposer au pouvoir d’irrationalité féminine. Cela se manifeste par de violents doutes internes quant à la véritable envie de cette fille à échanger plus que des regards avec vous. C’est à ce moment les filles, que nous avons besoin d’un petit signe, le petit sourire, le petit frôlement de main qui rassure et met en confiance, à ne pas faire si vous n’envisagez rien de spécial par la suite !
La nuit avançait et on avait beau avoir 20 ans, jeunes et vigoureux, à 4 heures du matin, la plupart des âmes fêtardes commençait à avoir ou un coup de barre, d’autres souhaitaient en donner un. Nous sommes donc montés nous coucher et comme il semblait inconcevable pour tout le monde que Florie et moi ne passions pas la nuit ensemble, nous avons hérité, tous deux, du matelas gonflable bi-place. Malheureusement, dans ce chalet de montagne, les chambres n’étant ni extensibles, ni bien nombreuses, nous avons été contraint de partager la chambre de l’hôte de la soirée, au pied de son lit où dormait aussi une autre copine à elles. Chouette.
Quelques instants après avoir fait connaissance avec la couette, soit environ quinze centième de secondes, j’étais déjà tout près de Florie, sur le flan, à moins que ce soit elle qui se soit rapprochée de moi, qu’importe, de sages câlins et caresses ont alors commencé à faire bouger la couette. Et puis le ton montait, les pulsions montaient, mon pénis montait, le tout dans un silence relatif qui nous obligeait à essayer de rester discret à chaque soupir de plaisir ressenti qui voulait s’échapper. Mes mains parcouraient ses cuisses puis remontaient sur son ventre si fin, son nombril était un attentat à la pudeur à lui tout seul, tellement il donnait envie d’y glisser la langue. Malheureusement pour nous, dans mon élan pulsionnel, j’égarai légèrement mes mains plus haut que son ventre et abordai sa petite poitrine. C’en était trop. Elle pris ma main, la ramena sur moi, s’éloigna et me tourna le dos en maugréant “Non, non, on fait n’importe quoi là.”
“Oui, so what ?”
Je tentai une nouvelle approche, à pas de loups… un loup qui aurait bouffé douze douzaines de chaperons rouges trois heures avant. Seconde veste, une belle canadienne, avec doublure gore-tex et deux poches assez grandes pour y coller des mains qu’on aurait aimé placer ailleurs. L’ai-je vexé, énervé, poussé à bout, traumatisé, abusé ? Dans mon esprit, rien de tout ça et pourtant, je la vis se lever et quitter la chambre sans un regard. Bravo champion, encore du rateau de compèt’ que voilà !
Tout en cogitant férocement, je l’entendais à l’étage en dessous, dans la cuisine et me demandais bien ce qu’elle pouvait trafiquer. Puis, plus rien, mais elle ne remontait pas. L’angoisse a remplacé l’érection quand je me décidai, vingt bonnes grosses minutes après avoir entendu le dernier de ses mouvements, à descendre constater l’étendu des dégâts. J’arrivai dans le salon et je la vis, là, sur le sofa, en position du foetus, essayer tant bien que mal (plutôt mal que bien d’ailleurs) de s’endormir tout en grelottant de froid. Je m’assis près d’elle et tentai une timide communication de type classique.
Ni une, ni deux, d’un seul coup, elle sort la tête d’entre ses genoux et m’embrassa. Outzdefeuque ? Etait-ce un test ? Je n’ai plus eu le temps de me poser la question par la suite. Nous avons continué à nous embrasser, assis, elle est venue se mettre à califourchon sur moi et comme deux éléments incompatibles, l’angoisse a alors rendu sa place à l’érection. La plus marquante de ma vie, bien aidée par la faible épaisseur de ce qui était censé lui servir de haut de pyjama et qui s’était de toute façon transformé à ce moment là en bouée inutile de tissu entre ses seins et son nombril. Déjà peu habillés, nous nous sommes vite retrouvés nus, toujours sur le canapé en cuir de notre pote qui, à 5 heures du matin était très froid et contrastait fortement avec le corps de Florie.
C’était la première fois que je ressentais l’envie de crier “tu es à moi”. Florie m’appartenait cette nuit là, je la possédais complètement, je faisais ce que je voulais de son corps et chaque centimètre carré exploré de sa peau se ressentait dans ses expressions de visage, une sensation jouissive de pouvoir surnaturel au bout des doigts m’envahit. Nous avons d’abord fait l’amour sur ce canapé (le sperme ne tâche pas le cuir, sachez-le), les secondes étaient des minutes avec elle et il fallut qu’elle morde un coussin de plaisir pour ne pas réveiller la baraque entière, j’ai découvert cette nuit que le sexe avait des vertus hallucinogènes extra-ordinaires. Bien que je n’ai jamais rien fumé d’illicite dans ma vie, j’ai peine à comprendre comment tant de gens s’enivrent par le biais de produits inhalés, ingérés, injectés quand la simple réunion de deux corps brûlant de désir suffit à amener à l’ivresse totale et incontrôlable. Chaque seconde était plus jouissive que la précédente, et ce pendant plusieurs heures. Nous avons visité les quatre coins d’un living-room que je découvrais à cette occasion, je crois me rappeler que la table à manger était à une hauteur parfaite pour y allonger Florie dessus sur le dos, redresser ses jambes et la culbuter assez violemment pour déséquilibrer le vase de mimosas qui était posé dessus et que je rattrapai au vol, un acte de bravour et un réflexe hors du commun pour un Savoyard comme moi qui sauva notre nuit. Nous n’avons pas non plus résisté à la tentation de nous vautrer en missionnaire puis en petite cuillère (et d’autres positions dont j’ignorais l’existence et j’ignore encore le nom maintenant) sur le grand tapis imitation “peau de bête” étendu devant le canapé à deux pas de la cheminée, pour la beauté du cliché. Petit aparté popotte : là oui, le sperme, ça tâche un peu la peau de bête quand même…
Mais comment voulez-vous résisté à un corps d’amazone aussi parfait, à des yeux aussi sensuels que ceux de Florie. Même Benoit XVI, devant cette fille, se ferait décalotté. Ses seins, en position d’amazone me regardaient droit dans les yeux, pour les remercier d’un tel honneur, je ne pouvais m’empêcher de les embrasser, je suis très reconnaissant comme garçon. A côté de ses fesses, le cul des Miss France passeraient pour des flans périmés et visqueux. Elles étaient à la fois douces, fermes, parfaitement dessinés ; cinq ans après, j’ai la folie de croire qu’on pourrait encore y trouver mes empreintes digitales.
Nous avons du nous arrêter, à regret, à huit heures, aux huit gongs de l’horloge normande (qu’est ce qu’elle foutait là cette connasse, on est en Savoie ici !) du salon qui signifiait que les autres, à savoir nos potes mais aussi et surtout les parents de notre hôte, risquaient de venir prendre le petit déjeuner. J’ai la naïveté de croire qu’une levrette au petit déj passe aussi bien qu’une tartine de Nutella mais peut-être seulement si on fait partie des deux qui la réalisent. Cette nuit là, j’ai dû laissé en transpiration autant que pendant toute la canicule de 2003, les cheveux de Florie collaient à son front… et au mien, étant donné que l’on arrivait pas à se séparer. Nous avons pas dormi ce jour-là… on a toute la vie et toute la mort pour dormir.
Je n’ai plus jamais vécu à nouveau une nuit comme celle-ci, je n’ai jamais non plus rencontré une fille comme Florie.
Un Con Gnito
