Lui.
Elle est montée se coucher, alors que je dormais déjà, je l’ai à peine entendue ouvrir la porte de la chambre d’hotel et se glisser dans le lit, doucement, pour ne pas me réveiller. Dans un demi sommeil je me suis tourné vers elle. Je sentais son corps tout près, l’odeur de sa peau encore pleine de soleil, un peu de son parfum, un peu d’alcool aussi. J’étais rassuré qu’elle soit là, près de moi. J’ai eu envie de la serrer contre moi, mais elle devait être fatiguée.
J’ai ouvert les paupières et attendu qu’elles se fassent à la pénombre, pour contempler la ligne de son corps nu. Trop chaud pour supporter des draps, pas même une culotte. J’étais nu moi même. Même dans le noir, je la savais belle, je repensais à son large sourire tout à l’heure, au bar, et ses yeux, des yeux qui vous punaisent sur place et vous font oublier ce que vous pouviez avoir à dire, il n’y a rien à dire à ces yeux là, juste les regarder et sourire. Je regardais la masse sombre de ses longs cheveux noirs, son épaule et son dos, à peine un soupçon de sein, et les hanches qui remontent. Ma main survolait tout ça, à deux centimètres de sa peau, je traçais dans l’ether le contour de son corps, avant de doucement me poser sur sa hanche, et d’enfouir le nez dans ses cheveux, pour essayer de dormir, tout contre elle.
Je somnolais à nouveau, rêvant d’être en elle quand elle se mit sur le dos. Dans le mouvement ma main s’est retrouvée posée sur sa cuisse, le bout de mes doigts effleurant son entrejambe. La tentation fut la plus forte. J’ai commencé à la caresser, tout doucement. Je me suis décalé vers le bas, pour libérer mon bras, et regarder de près ses cuisses et son sexe, tenté. Je fis glisser le dos de mes doigts sur l’interieur de ses cuisses, qui s’écartaient peu à peu. Et plus elles s’écartaient et plus je progressais, j’effleurais maintenant son mont de vénus, ses grandes lèvres. Pressé par l’envie de les embrasser, en me penchant avec précaution, j’ai tendu mes lèvres à la rencontre des siennes pour un premier doux baiser. Suivi d’un deuxième, un troisième et tout une série, jusqu’à ce qu’elle écarte franchement les cuisses pour me laisser m’installer.
Elle.
Je ne pus retenir un petit soupir de satisfaction quand je sentis enfin sa langue se glisser dans mon sexe. Depuis le temps que j’attendais cela. J’y avais pensé toute la soirée, à le retrouver au plus vite entre les draps de cette chambre d’hôtel où je savais qu’il patientait. Mais je ne pouvais pas échapper à ce dîner de travail, et la perspective de le retrouver m’avait échauffé tout au long de cet interminable repas. Ses mains balladeuses. Sa langue agile. Sa belle queue chaude. Le scénario défilait dans ma tête. J’avais été tout d’abord déçue de le découvrir endormi en entrant dans la chambre. Mais en me glissant à ses côtés, je savais qu’il finirait par quitter les bras de Morphée pour les miens.
Ses doigts se faisaient de plus en plus pressants en moi, accompagnant les amples mouvements de sa langue, qui allait et venait sans discontinuer. Il me rendait folle, à chaque fois. A chaque fois je sentais monter en moi une profonde vague de plaisir, mon ventre se contractait … Je me mis à haleter, mon bassin se mit à danser, accélerant la venue de ce premier orgasme. A ce stade, alors que je n’avais qu’une envie, qu’il me pénètre, me cloue au fond de ce lit déjà humide, mais je me redressais pour le plaquer à son tour sur les draps. A ton tour mon grand. Je vis son sourire dans la pénombre, et vins embrasser ce sourire, prendre dans ma bouche cette langue qui m’avait fait tellement de bien.
Je m’allongeais sur lui, pour éprouver la chaleur de son corps contre le mien, glisser mon entre-jambe humide entre ses cuisses. Mes cheveux se répandaient sur lui alors que je l’embrassais. Je partis alors en exploration. Le creux de son cou, pour le mordre un peu. Ses épaules, les pétrir de mes mains et m’enfouir en elles. Son torse, qui se soulève lentement, sur lequel je passe mes doigts, ma langue qui vient lécher ses tétons. Je le couvrais de mes baisers, en descendant, tout doucement, vers son bas ventre. Je savais qu’il était déjà complètement dur, tendu, mais je pris mon temps. Ma tête plaquée contre son ventre, écoutant son souffle court, je fis descendre ma main, pour venir à la rencontre de sa queue, la caresser et la prendre entre mes mains. Je ne la lâchais qu’un court moment, pour attacher mes cheveux en chignon. Et enfin, la prendre dans ma bouche.
Lui.
Me voilà bien réveillé désormais, alerte, tendu. J’empoigne les draps, mes abdominaux se contractent pendant que je relève la tête pour la regarder. Elle me suce avec douceur et application, concentrée, les yeux clos. Sa bouche me prend et se retire par lentes vagues successives, amples, mais sans jamais perdre le contact, et chaque vague me porte un peu plus haut. Je commence à me cambrer, à me soulever légèrement, je voudrais m’enfoncer plus profondément dans sa bouche, la prendre comme je prendrais son sexe, plus vite, plus fort. Ses mains posées sur mon ventre se font baladeuses, ses doigts en étoile m’enserrent, viennent prendre mes fesses qui se sont durcies. Je suis presque en train de partir lorsqu’elle relève la tête et me regarde, je devine un sourire dans ses yeux. Elle s’interrompt, laisse retomber mon sexe sur mon ventre pour y passer le bout de sa langue. Je pars en arrière, j’enfonce la tête dans le matelas, yeux fermés, me mordant la lèvre inférieure. Elle lèche ma queue largement, puis mes couilles à présent, mes cuisses s’écartent.
Je veux qu’elle s’approche, j’ai besoin de son contact. Je la prends sous les aisselles, je l’attire à moi, encore un peu, et elle me grimpe dessus. Je l’attrape par les fesses maintenant, je les écarte un peu pour la pénétrer plus facilement. Enfin, je suis à nouveau au chaud, bien, en elle. Elle sur moi, allongée, emboités, ses cheveux dans mon cou et ses seins sur ma poitrine, mes mains sur ses hanches je commence à onduler. Collée à moi elle se laisse bercer, j’écoute son souffle dans mon oreille, j’aime le poids de son corps sur le mien. Je fais trainer, je vais juste un peu trop lentement et je continue comme ça jusqu’à ce qu’elle s’impatiente. Elle veut danser avec moi, augmenter le tempo mais je bloque son bassin avec mes deux mains, fermement, et je continue encore, sans accélérer. Elle pousse un soupir rageur mais se laisse faire encore un peu. Et puis elle veut se relever, prendre le contrôle mais je l’en empêche, je l’enserre dans mes bras. Et là je change de rythme, d’abord un un grand coup sec qui la prend au dépourvu et lui arrache un cri, je me retire tout doucement et je recommence, encore, profondément. Je prends sa nuque dans ma main et je lui chuchote à chaque coupe de reins : “tiens…”. Je sens son plaisir monter, son souffle qui s’accélere, ses gémissements qui montent à mes oreilles comme une douce musique rauque, j’adore ça et elle le sait.
Assez joué, je l’aide à se redresser. Je prends ses mains dans les miennes, ne les lâche pas pour qu’elle s’appuie dessus et s’empale sur moi, en amazone. J’aime la voir comme ça, fière, et en même temps désarçonnée par son propre plaisir et mes coups de reins. Je regarde par en dessous ses seins gonflés, la cascade de cheveux noirs qui coule sur son visage et me masquent par moment sa bouche entrouverte. Je regarde aussi son sexe avaler le mien, à son rythme, et puis je la regarde fermer les yeux quand je la soulève avec une suite de coups de reins rapides. A un moment elle me bloque, et plante son regard dans le mien avec un petit sourire satisfait. Elle se décale légèrement vers l’avant… et prend ma queue pour l’insérer doucement dans son cul. Elle se la prend, lentement, profondément, jusqu’à la garde, sans baisser le regard. Elle pose ses mains sur mon torse, me caresse, fait glisser ses ongles jusqu’à mon ventre et j’en ai des frissons. Tout doucement elle se met à onduler, massant mon sexe dans son ventre brulant, et se remet à gémir, délibérément. Ses soupirs sont discrets mais ostensiblement surjoués pour mon spectacle, elle passe la main dans ses cheveux, se mort les lèvres, me fait un show de plus en plus outrancier au fur et à mesure que mon plaisir monte. Sa main descend vers son sexe, le caresse, se masturbe et va jusqu’à écarter ses lèvres pour que je n’en perde pas une miette. Sans me lâcher des yeux, sans cesser la danse de son ventre sur le mien, elle simule un orgasme, ou se fait jouir, je ne sais plus et je ne peux m’empêcher de partir, loin, fort, le souffle coupé.
Elle.
Il me rend folle. Littéralement. Sentir sa belle queue en moi, aller et venir, est l’expérience la plus violente et la plus romantique que je connaisse. Je ne le quitte jamais du regard, parce que ce qui me fait jouir, systématiquement et inévitablement, c’est de voir l’étincelle se produire, ce moment en suspens, hors du temps, où rien d’autre n’a plus d’importance que de le voir se répandre en moi, tout puissant et enfoncé, offert et vulnérable dans cette petite mort qui le révèle à moi.
Je jouis.
Il jouit.
Alors que je m’effondre contre lui, nos peaux brillantes de sueur et enflammées, je suis encore parcourue par des frissons, qui me poussent à me lover contre lui, pour ne rien perdre de ce souffle commun.
Joyeuse Saint Valentin.
Simone et Jean-Paul
