2010

Concours de récits érotiques - récit 9 - auteur : Mademoiselle L

Stephanie

Publié le 3 février 2010

Concours de récits érotiques de la Saint-Valentin

Article publié en 2010. Le contenu peut refléter l'état du marché à cette époque ; certains produits cités ne sont plus disponibles.

Concours de récits érotiques de la Saint-Valentin 

Parenthèse sucrée

Plus jeune j’ai souvent rêvé de la France. J’ai le cliché facile. L’image d’Epinal de la France « so romantic » est toujours vif à l’étranger, même dans des pays qui ne sont finalement pas si éloignés. J’ai grandie dans un pays du nord de l’Europe pour lequel, vous avez aussi, de nombreuses idées préconçues. Voyager permet de confronter ses propres préjugés à ceux des autres. Ne répondant pas vraiment aux critères physiques que vous imaginez sur les femmes originaires de mon pays, certains s’étonnent, d’autres cherchent à comprendre et m’inventent des origines que je n’ai pas pour coller avec leur idée. Au début ça m’a amusé, puis lassé maintenant je mens pour ne pas avoir à me justifier.

Vous, les Français, avez, malheureusement, une réputation volée. Vous n’êtes ni charmeur, ni romantique et, pour l’immense majorité d’entre vous, pas vraiment beau. En revanche, s’il y a une chose pour laquelle vous êtes à la hauteur des clichés qui circulent sur votre compte, c’est que vous êtes sales. Vous allez me rétorquer que vous vous lavez, certes, mais quand on voit votre environnement de vie, on se demande parfois à quoi ça vous sert. Vous êtes sales dans votre comportement, vous crachez, urinez, jetez vos déchets dans la rue, souillez les murs de vos plus belles architectures par des graffitis. Vous laissez les choses se dégrader et, pour achever le tableau, vous êtes désagréables entre vous et surtout avec les étrangers. Mais au final, je crois que je vous aime bien. Un peu comme on aime un vieil ours grognon en peluche abimé et trop de fois recousu.

En général vous imaginez que nous, femmes du nord, sommes des filles faciles. C’est faux, nous ne sommes ni faciles ni nymphomanes. Nous sommes, au contraire, exigeantes, bornées, parfois excentriques souvent lunatiques mais surtout pas faciles. En revanche nous avons ce rapport au corps que vous ignorez. Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement pudique mais, comme toute femme, j’ai mes petits complexes. Ma nudité je la ressens à travers le regard de l’autre et non par le prisme déformant de ma conscience.

Vous faites les choses par transgression. Et, quand vous vous décidez, et brisez les interdits, il n’y a pas de demi-mesure. En arrivant en France j’ai été très étonnée de découvrir le nombre de sex-shops, de magazines, de boites échangistes, de sites internet de rencontre que vous aviez. Chez nous, tout ceci est beaucoup plus confidentiel. Faire l’amour ou être nue fait parti de la vie. Nous ne mettons pas de rideaux aux fenêtres et le soleil est trop rare pour que nous utilisions des volets. Cela n’a rien de choquant et, en contrepartie, l’exhibition n’existe pas ou du moins est suffisamment confidentielle pour que je n’ai jamais entendu parler.

Ici, j’ai l’impression de vivre dans une cocote minute sous pression, maintenue par la frustration de votre éducation. Et puis, de temps à autres, certains se lâchent pour sortir de ce schéma.

Un jour, alors que j’étais arrivée depuis peu de temps à Paris, une jeune femme est venue s’asseoir sur le strapontin à côté de moi dans le métro. Elle a fouillé dans son sac et en a sorti un gros paquet de photos qu’elle a commencé à balayer. Je ne suis pas d’une nature curieuse mais là, je ne sais pourquoi, j’ai jeté un œil sur les images. J’ai ensuite dévisagé la fille puis regardé à nouveau les photos pour être sûre. C’était des dizaines de photos d’elle, nue, dans des positions plus que suggestives.

J’étais comme subjuguée par l’étonnement, scotchant littéralement les images pornographiques de ma voisine de siège. Je n’ai pas dû être très discrète et, quand elle a vu que je regardais, elle a précipitamment remis le paquet dans son sac et a baissé la tête.

- Heu…Je m’excuse ! M’a-t-elle dit gênée.

- Non, non, c’est moi qui suis désolée. Je n’aurai pas dû regarder c’était très impoli de ma part. Je ne voulais pas vous mettre mal à l’aise, mais vous savez dans mon pays, on a pas trop l’habitude de voir ça, lui répondis-je en rougissant à moitié.

- Ici non plus, rassurez-vous. Les autres ne font pas ce genre de photos, me répondit-elle à voix basse, avec un sourire amusé.

- Je ne sais pas si c’est bien de demander ça mais je voudrais savoir pourquoi vous avez fait ces photos ?

Elle me regarda, d’abord perplexe. Ici les gens n’ont pas trop l’habitude de discuter avec des inconnues et plus encore quand il s’agit de parler de photos pornos.

- D’abord pour me prouver à moi-même que je pouvais le faire.

- Je ne comprends pas ce que ça veut dire, lui dis-je avec toute la sincérité de l’étrangère qui débarque.

- C’était comme un défi si vous voulez.

- Pourquoi ? C’est difficile de faire ça ?

- Non c’est pas dur mais faut bien le sentir, être en confiance, ne pas tomber sur quelqu’un qui veut abuser, si vous voyez ce que je veux dire. Et puis, en garder un bon souvenir, avoir de belles photos sur lesquelles on se trouve belle, c’est important.

- Et toi, tu es contente pour les photos ? Demandai-je.

- Oui… Me répondit-elle comme si ma question n’avait plus d’importance. Elle me regarda avec insistance un petit moment, pesant le pour et le contre de ce qu’elle allait me demander. Et ça te dirait de m’accompagner la prochaine fois ?

J’étais surprise mais, après tout, ça n’engageait à rien.

- Oui, je suis curieuse de savoir comment ça se passe.

- Ok, donne-moi ton numéro de téléphone, moi je m’appelle Steph. Je t’appellerai pour la prochaine fois.

Je lui donnais aussi mes coordonnées et mon nom avant qu’elle ne sorte du métro. Je dois avouer, quelque soit ce que vous pensez, que ce n’était pas tant la suivre dans sa séance photo qui m’intéressait que l’opportunité de rencontrer du monde. Quand on est une étrangère, seule à Paris, il est très difficile de se faire des amis. La ville est grande mais les gens ne se mélangent pas, ne parlent pas, n’échangent pas. C’est très différent de chez nous. A l’époque, je me sentais un peu perdue et j’aurai sauté sur n’importe quelle opportunité pour sortir de ma solitude.

Steph n’a finalement pas attendu pour me recontacter. Contrairement à ce qu’elle m’avait promis, elle m’entraina d’abord dans une séance shopping, promenade et salon de thé. On s’entendait bien et j’étais ravie de pouvoir partager des moments entre filles. Nous avons passé plusieurs après-midis ensemble. On parlait de tout et de rien et surtout des mecs ce qui, universellement, occupe la majorité de nos réflexions féminines.

Steph était le genre un peu délurée qui tombait amoureuse de l’homme de sa vie toutes les dix minutes. Je crois qu’avec moi elle se lâchait un peu, je ne sais si c’est parce que j’étais étrangère, parce que j’avais percé son secret ou simplement parce que je ne la jugeais pas mais elle me racontait ses nuits torrides avec ses amants d’un soir dans leurs moindres détails.

De mon côté les choses étaient on ne peut plus plates. Depuis mon arrivée à Paris j’avais rencontré un expat en mission avec lequel j’avais fricoté quelques jours sans réelle motivation ni pour moi, ni pour lui ; relation construite sur un maigre palliatif au mal du pays.

C’est après une séance de dégustation au cours de laquelle Steph voulait me faire découvrir les fameux vins français et dont nous sortîmes bien éméchées que Steph me demanda :

- Tu fais quelque chose ce soir ?

- Non, je rentre juste chez moi.

- Ca tient toujours ta promesse ?

- Quelle promesse ? Lui demandai-je.

- Celle de m’accompagner, je me sentirai moins seule si tu voulais bien venir avec moi au studio.

Je me rappelai alors de notre première rencontre dans le métro, quelques semaines auparavant, et de la discussion que nous avions eu à propos de ses photos.

- Oui, évidement je t’accompagne, si ça te fait plaisir.

Elle paru se détendre, je crois qu’elle le savait depuis déjà quelques temps mais qu’elle avait peur que je lui dise non, que je la juge.

Nous sommes ensuite allées chez elle pour une séance épilation, manucure, maquillage et essayage. Quand on se déshabille, il est important d’être parfaite, la moindre erreur peut tout gâcher ! S’il y a bien une chose que j’adore et que les hommes ne connaîtront jamais, c’est bien la complicité qui existe entre nénettes dans ces intenses moments de préparations. Les fringues partout, la salle de bain débordant de cosmétiques, quelques bandes de cires oubliées dans le four à micro-ondes et les bouteilles de vin qui se vident.

Nous sommes parties alors que la soirée était déjà bien entamée. Nous avons sauté dans un taxi direction le 20ème arrondissement et le fameux studio. Quand le chauffeur nous a déposées à l’adresse, j’ai presque été déçue par la banale façade parisienne. Je ne sais pas à quoi je m’attendais mais certainement pas à quelque chose de normal. Steph m’invita à la suivre, et nous avons franchi une porte vitrée pour arriver dans un immense loft. Un type était là, penché sur un bureau en train de regarder un écran d’ordinateur. A notre arrivée, il s’est retourné. Il n’était pas très beau, maigre, des petites lunettes, quelques cheveux blancs, une cigarette à la bouche.

Nous voyant arriver, il nous a souri en écartant les bras.

- Salut les filles ! On vous attendait plus. Nous dit-il sans vraiment de reproche dans la voix.

- Désolé Jean, mais on… ouais d’accord, on est retard, lui dit Steph abandonnant tout espoir de lui donner une excuse valable avant même d’avoir essayé.

Il balaya le non argument de Steph d’un mouvement de main et nous fit la bise.

- Tu m’avais pas dit que tu venais accompagnée, dit-il en me saluant, si j’avais su j’aurai prévu plus de bouteilles.

Ayant, un moment, peur qu’il se méprenne sur mon compte, je me suis empressée de lui préciser :

- Non mais moi je suis là pour ma copine. Je ne suis pas là pour les photos.

- Oui, oui me dit-il, presque surpris que je me justifie. Bon allez les filles, on ne va pas rester là, on descend au studio ?

Il parlait avec un léger zozotement qui lui donnait le charme attendrissant du petit garçon qu’on a envie de protéger.

Nous l’avons accompagné au sous sol dans lequel il y avait, à mon grand étonnement, un vrai studio photo. J’avais toujours imaginé que ce genre de photos de nues étaient prises dans des endroits glauques, un peu crasseux. Alors de voir un vrai studio, avec des éclairages, un gros ordinateur à côté d’un tas d’appareils photos posés sur une table, des trépieds et des gadgets électroniques m’a rassuré.

Steph s’est assise sur le lit blanc posé au milieu des projecteurs et Jean commença à prendre quelques photos concentré sur son appareil.

- Je fais deux, trois réglages, tu ne bouges pas pour l’instant, reste assise, jambes croisée, regarde moi. Ouais, ok, comme ça, super.

Jean lui tournait autour, lui donnant ses instructions :

- Commence doucement, enlève ton gilet, regarde-moi, ouais super, continus tout doucement.

Je regardais la scène se dérouler sous mes yeux, Steph se déshabillant en jouant avec le photographe. Il y avait quelque chose de sensuel qui s’échappait d’eux, c’était presque tangible.

Sans quitter le viseur de son appareil, Jean me demanda de fouiller dans un des placards. Je m’exécutais et trouvais une collection pour le moins impressionnante de sex toys. Steph était en train de rouler sur le lit en sous-vêtements pendant que Jean lui racontait des bêtises pour la faire rire.

- Ramènes ceux que tu veux et prends aussi le lubrifiant, me dit-il.

Je pris trois de ces phallus artificiels, un petit brillant, un vert avec comme des boules empilées les unes sur les autres en forme de chenille et enfin un rose transparent un peu plus imposant et qui paraissait très sophistiqué.

Quand j’approchais du lit avec mes instruments Steph avait déjà retiré son soutien gorge. Elle était allongée sur le dos, les pointes rosées de ses seins dressées vers le ciel. Elle transpirait la sensualité. Je la regardais un moment et m’approchais. Alors que je déposais les vibromasseurs à coté d’elle, elle m’attrapa le poignet et commença à faire glisser le god vert que j’avais en main le long de son corps. J’avais chaud, je sentais mon cœur marteler ma poitrine et la tête qui commençait légèrement à me tourner. Elle amena ma main jusqu’à son entrejambe et commença à faire de petits mouvements de bassin en frottant la chenille, que je tenais toujours, le long de son string.

- Plus fort, me dit-elle dans un souffle.

Le studio, les lampes, les photos et Jean avaient peu à peu disparus. Steph desserra son étreinte sur ma main et je continuai à caresser son sexe avec le vibromasseur à travers le fin tissu noir de son string qui fut rapidement trempé.

D’un mouvement souple, elle le retira et écarta les jambes à leur maximum laissant voir son sexe ouvert. Je me remis à la caresser à l’aide du sex-toy. Je me penchai et déposai un baiser sur chacun de ses seins.

- Enfonce-moi ! Gémit-elle.

Au moment où je faisais pénétrer la chenille elle émit un hoquet de soulagement, comme si elle venait de reprendre sa respiration après plusieurs secondes d’apnée. Tout en caressant son corps de la main gauche je commençai de souples mouvements de va et vient.

Je ne tenais plus, je brûlais de l’intérieur et commençai à retirer mes vêtements. Steph m’aida à me mettre nue et m’attira contre elle. Elle m’embrassa à pleine bouche. C’était la première fois que j’embrassai une fille ; pour de vrai, je veux dire. Cela avait pu m’arriver une fois ou deux au détour d’un pari d’ivrogne mais jamais de manière sérieuse.

C’était doux, chaud, presque sucré. De sentir la caresse de son corps chaud sur le mien me fit frissonner de désir.

Ses mains glissaient sur mon corps nu et je me retrouvai bientôt tremblante de plaisir comme jamais ça ne m’était arrivé. J’avais envie d’elle. Physiquement tout mon être la réclamait et quand elle plongea ses doigts au plus profond de moi, ce fut comme une délivrance. Tout en continuant ses mouvements elle approcha sa bouche de mon sexe et posa sa langue sur mon clitoris gonflé. Ce fut comme une onde électrique qui fit le tour de mon système nerveux en une fraction de seconde, un orgasme.

Steph avait attrapée le gros god rose et commençait à l’enfoncer doucement entre mes lèvres. La chose m’avait parue énorme tout à l’heure et pourtant elle s’immisçait sans aucune difficulté au travers les parois de mon sexe.

Steph s’allongea de tout son long sur moi et je pus, à nouveau, m’occuper d’elle. Elle n’avait rien perdu de sa fougue et j’avais, au contraire, l’impression que nos petits jeux avaient aiguisés, un peu plus, son appétit.

Pendant que je glissais ma langue entre ses cuisses elle s’évertuait à entrer et sortir le monstre de latex rose de plus en plus vite jusqu’à ce qu’une fois encore, j’atteigne l’orgasme. Je sentis mes yeux se révulser de plaisir et mon corps convulser. Jamais je n’avais joui comme ça, de manière si violente, presque bestiale.

C’était maintenant à mon tour. Mes premières appréhensions au fait de faire l’amour à une femme s’étaient définitivement envolées. Nous étions simplement deux êtres à prendre un plaisir partagé, sans entrave et plus aucune limite ne nous arrêtait.

Steph se mit à quatre pattes devant moi en cambrant le dos. J’approchai à nouveau le la chenille et commençai à le faire vibrer en elle. Je la senti frissonner mais j’en voulais plus. Je pris alors le petit god brillant, le recouvrai de lubrifiant et commençai à masser doucement son anus sans pour autant m’arrêter de m’occuper de son vagin.

Rapidement le petit vibro brillant s’introduisit sans effort. En même temps, j’accélérai le mouvement de mon autre main. Les deux gods rentraient et sortaient à l’unisson. Steph avait posé ses mains sur chacune de ses fesses pour faciliter l’introduction de mes deux vibromasseurs. La tête plongée dans l’oreiller, elle poussait des cris de plaisir, gémissant à chaque pénétration. Je la sentis se contracter, je sortis le petit god de son anus tout en maintenant ma pression sur l’autre de plus en plus fort, jusqu’à ce qu’elle cède aussi. Elle a jouie, comme jamais je n’avais imaginé qu’une fille pouvait jouir. Le vibromasseur m’a échappé des mains sous la pression de son éjaculation, un jet puissant sortant de son vagin. Son corps fut secoué de plusieurs spasmes, j’ai d’abord cru lui avoir fait mal. Mais mon doute fut balayé par le râle de plaisir qu’elle poussa en relevant la tête.

Nous étions trempées, elle avait noyé le lit de son plaisir et j’en étais moi-même à moitié recouverte. Nous nous sommes alors mises à rire devant la situation. Je tombais dans ses bras l’embrassai à nouveau mais c’était fini, son baiser n’avait plus le charme brûlant de tout à l’heure. Nous nous sommes regardées et remises à rire. Nous étions redevenues deux simples copines comme avant d’arriver dans le studio.

Jean posa son appareil sur la table. Il souriait à pleines dents :

- Vous avez été extras les filles, je n’ai rien à ajouter, extra je vous dis ! Si vous voulez, j’ai une douche juste derrière, le temps de récupérer les photos sur l’ordinateur.

Nous avons passé le reste de la nuit à regarder les photos, les commenter et finir les bouteilles que Jean planquait sous son bureau. Bien que nous ayons un peu fait les folles, les photos étaient superbes. Jean avait saisi ce qui nous avait, un moment, lié l’une à l’autre. Et bien qu’aucune de nous deux n’étaient homo, nous avions céder à la tentation juste parce qu’elle était là et que nous avions eu envie d’y succomber.

J’ai, à ce moment là, compris ce que Steph avait voulu me dire dans le métro et que je n’avais alors pas compris, j’étais simplement heureuse et fière de l’avoir fait.

Mademoiselle L