La cinquième participation au concours d’écriture érotique de Neoplaisir et de la collection e-ros vient de nous parvenir.
Il s’agit d’un texte de Gauthier : J’ai rêvé.
Pour rappel : le concours est ouvert jusqu’au 15 mai !
J’ai rêvé.
Un rêve de satin et de soie, d’étoffes précieuses, dorées, cuivrées, de tissus superbes, fins et délicats, d’un parfum léger et épicé, de douceur, de couleurs d’ailleurs, d’une goutte de rosée d’été qui perle sur une pétale de fleur à la texture d’une telle pureté, de vie, de battements de cœur, mélange de simplicité et de complexité… J’ai rêvé de ta peau.
Un frisson fragile, profond et beau, une caresse diffuse et légère, comme l’onde se répand sur l’eau, l’effleurement d’un courant d’air, puis des vents brulants, un sirocco, nés dans les profondeurs d’un désert, une respiration rythmée par le désir qui se pose sur un paysage de chair qu’il pénètre, déchire, et explose en sensations extraordinaires… J’ai rêvé de ton souffle.
Des monts et des vallées dissimulés, des courbes et des lignes fragiles, des dunes et des plages inexplorées, une main qui court dessus, agile, qui dessine sans jamais toucher, une merveille sensuelle et féminine, des hanches, des reins, des seins dressés, une taille et une cambrure fine et féline, un pays vierge, pur sauvage et convoité, qu’on a peur d’exploré et qu’on imagine… J’ai rêvé de ton corps.
Un jardin caché, une forêt humide, une source secrète où il faut s’abreuver, délicatement, d’une bouche timide, poser les lèvres, boire, s’enivrer de parfums intimes, de saveurs subtiles. Les mains aussi viennent y plonger, comme pour retenir des effluves volatiles, ne rien perdre du nectar délicieux, de ce plaisir fragile, ce désir fébrile, qui fait perdre la tête et monter aux cieux… J’ai rêvé de ton sexe.
J’ai rêvé de tes mains, de la finesse de tes doigts, de tes pieds que j’aime tant tenir contre moi, de tes yeux si noires où souvent je me noie, de tes cheveux crépus qui me chatouillent parfois, de tes lèvres pulpeuses que tu poses sur moi, de ta nuque et ton cou si sensible et délicat, de tes rires quand je fouille sous tes bras, tes soupirs quand je m’immisce en toi, tes gémissement quand tu t’abandonnes à moi.
J’ai rêvé de toi belle innocente. Cette nuit tu étais là, endormie et tranquille, couchée tout contre moi. Je t’ai imaginé et de toi ai fait ma proie. J’ai voulu ta peau, ton souffle, ton corps, ton sexe juste pour moi, plaisir égoïste et solitaire, j’ai voulu être roi. Roi d’une reine si loin de moi. Cette nuit tu étais là et tu ne le sais pas.
Alors j’aimerais savoir si le soir, sous tes draps, lorsque se glissent tes doigts entre ta peau d’ébène et tes dentelles de soie, lorsque tu lis ces romans qui affolent tes sens et incendie ton ventre, lorsque tu rêve ce corps que tu retiens et prends en toi, lorsque tu gémi de plaisir t’imaginant dans ses bras, j’aimerais savoir si c’est à moi que tu songes, si c’est moi que tu fais roi.