2008

Défaillance sexuelle : du psy au sextoy, par Littletom

Jean Pierre DAO

Publié le 16 juin 2008

Paroles ouvertes

Article publié en 2008. Le contenu peut refléter l'état du marché à cette époque ; certains produits cités ne sont plus disponibles.

Défaillance sexuelle : du psy au sextoy

Ainsi que je l’avais indiqué précédemment, les séropositifs (hommes ou femmes) sont régulièrement confrontés à des dysfonctionnements sexuels.
(L’association AIDES a d’ailleurs publié un fascicule très instructif à ce sujet à cette adresse : http://www.aides.org/rapport/rem-BD-sero-sexualite.pdf)

Ne dérogeant à cette règle, j’ai moi-même été confronté à de tels désagréments, dont on se passerait volontiers : L’érection s’obtient de plus en plus difficilement, le désir et le plaisir se font de plus en plus rares et les cas d’éjaculation précoce sont de plus en plus nombreux.

Pour y palier, on prend d’abord rendez-vous chez le médecin qui vous fait passer différents tests, vous envoie chez un urologue et, finalement, vous prescrit du Viagra (ou du Cialis, au choix) pour tromper son impuissance à vous trouver le remède miracle.

L’érection reprend un peu de vigueur mais la petite pastille bleue vendue 50 € pièce et non remboursée par la Sécu reste souvent en travers de la gorge : ça fait cher le rapport sexuel, ça empêche toute spontanéité et ça ne soigne rien. C’est le roseau qui tente de masquer la forêt.
Pour y voir plus clair, on est invité par la suite à prendre rendez-vous avec un psychologue qui vous apprend, ou du moins croit le faire, que tout se passe dans la tête, que c’est le cerveau qui commande tout. Pas possible !! Dépenser 45 € à chaque séance pour s’entendre dire ça, faut le faire.

Autre conseil : Tenter toutes les techniques connues de maîtrise de soi et de son éjaculation. Malheureusement, aucune n’a vraiment fonctionné. D’ailleurs, sont-elles vraiment efficaces ?

Dernier petit conseil : Un petit décontractant qui déconnecte les neurones juste ce qu’il faut pour gagner quelques précieuses secondes. Encore un comprimé. Comme si mon traitement quotidien ne me suffisait pas.
Ne reste plus que la confiance en soi et en sa partenaire. Passer par le dialogue. Encore faut-il le vouloir et que Monsieur ou Madame le veuille aussi.

Toutes ces étapes franchies, je parvenais à récupérer une érection fort satisfaisante mais trop rapide pour satisfaire pleinement ma partenaire. D’où l’idée de se tourner vers un sextoy pour faire monter le désir chez les deux protagonistes avant de finaliser moi-même nos rapports par un coït.

Mais, lequel choisir ?

Pour ceux qui, comme moi, n’y connaissent rien, pas facile de s’y retrouver dans la jungle des produits, des fonctions, des textures, des tailles, des couleurs, des prix, etc.

Finalement, je jette mon dévolu sur le little dolly, petit vibro rose, idéal pour débuter et pour ne pas effrayer Madame. Ce fut une révélation, pour elle comme pour moi.

Même si, curieusement, ce vibro en forme de dauphin n’a pas apprécié l’eau comme il aurait dû, il m’a aidé à progresser, à redécouvrir mon plaisir. Mais il a également permis à madame de ressentir de nouvelles sensations, de tester de nouvelles choses comme le plaisir anal.

Aujourd’hui encore, le dauphin rose continue de pimenter nos ébats.
On ne lui a pas encore adjoint d’autres copains, mais l’envie de constituer un petit arsenal ne nous quitte pas. Reste à trouver le reste de l’armement.

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