2008

Handicap et sexualité. Quand on est tétraplégique

Stephanie

Publié le 4 septembre 2008

Paroles ouvertes

Article publié en 2008. Le contenu peut refléter l'état du marché à cette époque ; certains produits cités ne sont plus disponibles.

Tetrapasc est comme son pseudonyme pourrait vous le faire comprendre tétraplégique, suite à un accident survenu il y a vingt ans. Il avait vingt-huit ans alors. Sa vie en a été bouleversée, de même que sa vie de couple…

- Pour ta femme et toi, quels ont été les changements lors de la survenue de ton handicap, notamment du point de vue de la sexualité ?

- Cela a été un énorme bouleversement !

Pendant 15 mois, rien, même pas en pensée.

Mais ensuite, les idées sont revenues et là, il a fallu trouver des subtilités pour se retrouver en intimité dans un milieu hospitalier.

Aussi, il a fallu apprendre mon nouveau corps, l’apprendre à ma compagne qui en avait un peu peur.
Me toucher, imaginer mon insensibilité sous le niveau des épaules. Trouver des zones réactives. Oser se mettre près de moi, s’allonger contre mon corps, sur mon corps sans oser bouger. Un peu à la fois, la détente est venue.

Évidemment, c’est ma compagne qui a dû assumer la sexualité pour deux. Moi couché sur le dos, immobile !!!

Bien que j’aie suppliée, par amour, ma compagne de m’abandonner et de refaire sa vie avec quelqu’un de normal, elle a refusé, par amour !

Et à partir de ce moment commence le travail de reconstruction du couple. C’est presque comme si deux étrangers se trouvent sur le bord de la route et qu’ils décident de faire le voyage ensemble mais en ne parlant pas la même langue !

Nous avons réfléchi, essayé, gardé les bonnes expériences, abandonné les moins bonnes. Nous avons perfectionné nos actions, imaginé des postures, des jeux, des endroits. Malheureusement, nous avons aussi vite constaté nos limites et la marge n’est pas très grande.
Tout cela ne peut se faire que dans la grande complicité, la confiance de l’un envers l’autre.

- Vous êtes vous fait aider, avez-vous parlé à autrui de votre situation pour trouver des remèdes, des idées, etc. ?

- Tu sais, il y a 20 ans, on ne parlait pas aussi librement que maintenant. Aussi, la médecine n’était pas aussi avancée. On ne nous a rien proposé comme solutions malgré notre demande, les infirmières nous laissaient juste des moments intimes même si on s’est fait surprendre un jour.

La famille, non absolument rien de leur part, même aucune aide dans aucun domaine ! En même temps, pas de compte à rendre. Les amis, c’est eux qui se posaient les questions.

Juste un neurochirurgien qui nous a conseillé d’être actifs pour ne pas perdre l’envie. Mais sinon rien de bien transcendant ! Nous nous sommes faits tout seuls, malheureusement et je pense que nous sommes passés sans doute à côté de plein de choses !

 

A présent, Tetrapasc essaie justement de remédier au possible à cette impression d’être passé à côté de plein de choses. Bonne chance dans cette démarche.