Je suis une fente, un trou d’éloquence
Une ouverture aux multiples fonctions
Avocat, poète, maçon ou roi de la danse
Je ne joue pas la même partition
Mais las des obligations, je mots d’amour
Mais fi des conventions, déchire les robes
Je ris, je mordille, je suçote, je discours
À voix basse dans l’oreille, déguste un lobe
Cependant, deux spécifications me sont aliénées.
La première s’exprime quand Epicure m’appelle
Quand je m’empiffre, quand on m’appelle Rabelais
Et que je me délecte de cette piqûre de rappel
Puis, l’acte qui en exprime ma quintessence
Le fin du fin, le nec plus ultra, le baiser de l’orfèvre
C’est l’explosion d’un bouquet de sexe sur mes sens
Quand verges et vierges se posent sur mes lèvres
Quand les fiers lanciers entrent dans mon palais
Lorsque éclaboussent jeunes et fraîches lavandières
Leurs amours coulent, se sauvent comme un lait
Suaves liqueurs, piquantes, douces-amères.
Je ne suis qu’une bouche, un passe-temps
Le fruit de mes ardeurs ira à mon hôte
Je n’en dégusterai que l’excédent
Jusqu’à ce que d’autre se dévoilent ou se décalottent.