2008

Le préservatif sera masculin ou ne sera pas, par Littletom

Jean Pierre DAO

Publié le 18 juin 2008

Paroles ouvertes

Article publié en 2008. Le contenu peut refléter l'état du marché à cette époque ; certains produits cités ne sont plus disponibles.

Le préservatif sera masculin ou ne sera pas

Qu’on le choisisse comme moyen de contraception, de protection, de barrière anti-MST ou tout simplement comme accessoire du plaisir, le préservatif est typiquement masculin, du moins dans la plupart des cas.
C’est à l’homme de le fournir, de le mettre en place, de veiller à sa bonne tenue, de l’enlever avec précaution et de le nouer avant de le jeter.Mais le ou la partenaire peut intervenir lors de ces phases : Il (elle) peut le choisir suivant ses goûts, ses sensations, il (elle) peut prendre l’initiative de le mettre (avec une ou deux mains, la bouche, en pleine lumière ou à tâtons…)
L’inconvénient qu’il peut créer peut tourner au jeu.
Mais, dans tous les cas, il reste et demeure une étape essentielle qu’on ne peut zapper sous peine de sanction irréparable.
Chez certains hommes pour qui l’érection ne pose aucun problème, il peut être mis en place avant tout préliminaire.Mais si cette érection pose problème ou tarde à venir, la pose du capuchon peut constituer un contretemps fatal, tant du point de vue de l’érection que du plaisir de la partenaire.
Depuis peu, il existe une solution : le préservatif féminin.
Il peut être inséré à l’avance, n’empêche pas le sexe oral sur sa partenaire et permet des rapports sans interruption.
Après s’être procuré ledit préservatif, dont le coût d’achat peut, à lui seul, paraître dissuasif, la dame doit procéder à l’insertion de ce tube de latex flasque en pinçant l’extrémité adéquate et en l’introduisant le plus profondément possible pour qu’il puisse reprendre sa forme.

Ainsi installé, il ne peut plus bouger et permet à Madame d’attendre patiemment son rendez-vous galant.

Ca, c’est la théorie. En pratique, la mise en place est loin d’autre aussi rapide et satisfaisante qu’expliquée dans la notice. Avec un peu de patience, de persévérance et de doigté, le préservatif est enfin en place.
Effectivement, pour la suite, le programme se révèle réjouissant : plus d’interruption, plus de crainte de capote mal mise ou défectueuse. Juste se concentrer sur son plaisir.Une petite mise en bouche s’impose. Sauf que la présence de cet anneau qui déborde largement sur les parties intimes de madame ne donne pas vraiment envie et ne facilite pas les mouvements de langue. On pourrait l’écarter un peu, mais on n’y touche pas de peur de le déplacer, de lui faire perdre son usage.
On laisse tomber le sexe oral et on passe à la pénétration. Pourvu que le désir persiste parce que ça commence mal !
Et là, c’est le pompon. Le comportement de l’objet est loin d’être satisfaisant. C’est sûrement dû au côté flasque et au diamètre un peu trop important de la chose.
Du coup, ça fait beaucoup de bruit, ça bouge beaucoup et les sensations sont totalement annihilées. Pas la peine d’insister, l’érection retombe et le plaisir de Madame aussi.
Les autres préservatifs féminins ont terminé leur carrière au fond de la poubelle, l’expérience désastreuse du premier ne leur ayant même pas offert une seconde chance.
Le seul point positif de tout cela est que, depuis, nous sommes devenus des experts dans le maniement du préservatif masculin.

Texte proposé par Littletom