Lorsque l’on évoque le sexe anal, le premier terme qui vient à l’esprit est celui utilisé pour le coït anal, « sodomie ». Ce mot provient d’un nom propre, Sodome, ville détruite par Dieu à cause de ses mœurs. De « sodomie » dérivent le verbe « sodomiser » et le nom « sodomite », celui qui pratique la sodomie. On rapporte que Verlaine, devant un tribunal où on l’accusait d’être « sodomiste » (sic !) a corrigé en précisant que l’on disait « sodomite »…
Mais avant de le pénétrer, voyons de plus près le terme « anus ». Il est tour à tout « orifice du rectum » selon sa définition, « petit orifice », « œillet » et pas seulement pour les poètes, Verlaine y compris, « fondement », « arrière boutique », « anneau », « rondelle », « rosette », « trou de balle », « pastille », et j’en passe… Les termes font souvent référence à sa forme circulaire.
La sodomie peut devenir, si l’on change de registre de langue, un « enculage », sodomiser, « enculer » et le sodomite un « enculeur »…
Diverses expressions peuvent se former autour des termes spécifiques à l’anus et l’on peut trouver des expressions imagées comme « prendre l’entrée des artistes » ou des expressions plus localisées comme « prendre par derrière ».
Vous utilisez l’expression « se fourrer le doigt dans l’œil » en pensant naïvement aux yeux ? Pensez que l’œil désigne l’anus et vous aurez une expression pour le doigté anal… « Mettre un doigt » peut évasivement désigner aussi cette pratique, sans qu’il est besoin de préciser où le doigt se trouve.
Quant à une pratique sexuelle où il s’agit de la langue qui s’insinue au bord et dans l’anus, les termes spécifiques sont anilinctus ou encore anulingus… Comme le souligne Nouvelles tentations, le terme « connaît diverses torsions sémantiques ». On le désigne doctement par l’expression « rapport bucco-anal » ou plus souvent sous l’expression « feuille de rose », syntagme utilisé aussi par Maupassant pour désigner un bordel dans sa pièce A la feuille de rose, maison turque.