2008

Le sextoy est philogyne, par Littletom

Jean Pierre DAO

Publié le 12 septembre 2008

Paroles ouvertes

Article publié en 2008. Le contenu peut refléter l'état du marché à cette époque ; certains produits cités ne sont plus disponibles.

Le sextoy est philogyne*, par Littletom

(*Philogyne : qui aime les femmes
Contraire de misogyne)

Serait-ce la revanche de la femme sur l’homme ?
Serait-ce la fin du machisme et l’avènement du féminisme ?
Serait-ce tout simplement la fin de l’homme ?

A voir les catalogue de plus en plus étoffés des sextoys en vente aujourd’hui, on est en droit de se poser la question.
Car, en y regardant de plus près, il est incontestable que les sextoys ont été inventés pour (par ?) les femmes et que la majeure partie des innovations leur sont directement destinées.

On ne compte plus le nombre de godemichés, vibromasseurs, rabbits, stimulateurs clitoridiens et autres boules de geishas spécifiquement étudiés pour le sexe autrefois dit faible.
Et les hommes dans tout ça ?

Je conçois que certains joujoux puissent être détournés de leur vocation première, c’est-à-dire purement féminine, pour être utilisé par des hommes. Mais  quand même, on reste loin du compte.

Les rayons propres au plaisir masculin sont réduits à la portion congrue, comme si on les avait relégués au fin fond du magasin virtuel. Ils n’ont pas autant de choix à leur disposition : quelques cockrings par-ci (seul le diamètre et la texture varient), quelques masturbateurs par-là (seul l’orifice d’entrée diffère), un plug par-ci, deux/trois préservatifs nervurés par-là. Un point c’est tout. (Non, je suis mauvaise langue : il y a aussi les poupées gonflables mais plutôt réservées à la minorité silencieuse)

Limité dans sa variété, ce choix est aussi limité dans son accès, seuls certains sites osant proposer ces objets, comme si on voulait chasser les hommes sur le terrain de l’orgasme.

Je conçois que les perspectives de création dans ce domaine soient très peu nombreuses et que l’aspect lucratif soit peu engageant par rapport aux sextoys féminins. Mais pourquoi délaisser ces mâles qui doivent désormais rivaliser avec des ennemis en plastique ?

Les hommes ont aussi un droit au plaisir.