Ce texte ne peut se comprendre qu’après la lecture de « Le sextoy est philogyne » de Littletom. Je trouvais le texte suffisamment polémique pour être poussée à y répondre. Non que je condamne ce qu’il affirme. Il me semble au contraire souligner un point important : la pauvreté du choix concernant les sextoys destinés aux hommes.
Ça y est ? Vous avez lu son texte ? Alors voici quelques points sur lesquels j’aimerais revenir :
-
Les sextoys sont philogynes. Les hommes pas toujours.
Ne pointez pas un doigt vers moi, mon pluriel est nécessaire mais je ne parle pas des hommes dans leur globalité ni dans leur majorité. Simplement de quelques énergumènes. Mais un jour, peut-être, mesdames et mesdemoiselles, avez-vous croisé ou croiserez-vous un tel énergumène. Et vous, messieurs, sachez-le, ce type d’hommes existe. Vous en faites d’ailleurs peut-être partie.
Je décris donc l’homme en question dans son ampleur : gros zizi, petit cerveau, l’homme viril, celui qui pense que plus son truc entre les jambes est grand et large, mieux c’est pour la femme et qui s’enorgueillit donc d’être bien pourvu. Les préliminaires, il ne connaît pas. Il veut bien qu’on lui fasse une fellation, mais le cunnilingus n’existe pas dans son dictionnaire. A-t-il souci de ce qu’elle, la femme, ressent ? Pourvu qu’il décharge, la journée sera belle. « Serait-ce la revanche de la femme sur l’homme ? » interroge Littletom. En tout cas, sur ce type d’hommes, ce n’est que justice.
-
Le sextoy masculin : quel choix ?
Je partage pour un grand nombre de points l’avis de Littletom. J’irai parfois plus loin : les préservatifs nervurés sont-ils un sextoy, et pour qui le sont-ils ? Le cockring, lorsqu’il est vibrant, est autant destiné à l’homme qu’à la femme. De même que le plug. Mais dans cette liste, Littletom oublie tout de même que des innovations existent : les sextoys exclusivement masculins que sont certains godes étudiés pour la stimulation de la prostate (rude boy, aneros, nexus), le fait que des masturbateurs prennent d’autres aspects que les très laides vaginettes couleur chair.
Seulement, pour que ces sextoys se développent, ne faudrait-il pas tout d’abord une évolution des mentalités ? Pour la femme, certes, cela semble bouger, mais pour l’homme, qu’en est-il ? Quel homme oserait avouer à d’autres hommes qu’il utilise un sextoy ? Quel homme oserait avouer que oui, il utilise un masturbateur au lieu de -virilement- se branler soi-même ? Qui oserait affirmer utiliser un gode ou un plug sans redouter de se faire traiter d’enc…, de pédé ? Peut-être que si les hommes acceptaient plus facilement de communiquer sur le sujet, l’on finirait un jour par dire (sans unanimité bien sûr, mais il en est de même pour tout, et les sextoys féminins sont parfois tout autant condamnés) qu’il n’y a rien de mal à utiliser un jouet sexuel, même lorsque l’on est un homme.
-
Les sextoys inventés par les femmes, laissez-moi rire.
Certains sextoys revendiquent à grand renfort publicitaire leur création féminine. C’est le cas de la marque Natural contours, dont j’ai l’occasion d’essayer le vibromasseur Magnifique. C’est le cas d’un sextoy en jelly que je possède également. Ceux-là font partie des plus mauvais sextoys que j’ai essayés. Pour être efficace, il n’est pas utile que le sextoy soit conçu par une femme, croyez-le bien. Il s’agit d’un argument de vente fallacieux pour ultra-féministes, pour celles qui rejettent par principe que les hommes puissent tout autant qu’elles comprendre à quoi elles peuvent être sensibles.
-
Pourquoi « des perspectives de création […] très peu nombreuses » ?
Au contraire, il me semble que s’il y a peu de produits existants, beaucoup sont à inventer. Si la demande progresse, alors cela évoluera. Suis-je trop optimiste ?
-
Ah, les boutiques féminines !
Que nul n’entre ici s’il ne porte vagin ! Les femmes se regroupent souvent entre elles, sur des forums, devant des magazines chez leur coiffeur (pour dames), devant Sex and the city, font du shopping entre copines… Je comprends que les hommes puissent crier Et moi et moi et moi ? Mais ce type de lieu, d’activité typiquement féminine est un fait. Les boutiques de sextoys féminines ne sont qu’un écho de plus à ce phénomène.
A première vue, pour une femme, c’est rassurant. L’ambiance y est feutrée, on ne voit pas de gros godes qui pourraient ressembler au sexe de son ex (oh non, pas ça, on dirait son clone !), c’est coloré, esthétique. On s’arrête facilement…
- Vous reprendrez bien un petit vibro ?
Mais une femme peut aussi vouloir passer à autre chose. Si le sextoy est utilisé en couple, alors que l’Homme, et encore plus le sien, soit exclus, cela peut gêner finalement. Quand on aime, on partage. Et rien de mieux que de choisir ensemble un jouet qui, même s’il est féminin, servira à des ébats communs. L’avenir est, selon moi, aux boutiques « mixtes »…
_______
Si vous souhaitez réagir, n’hésitez pas, l’espace “commentaires” est ouvert…