2025

Loi sur la vérification d'âge des sites pour adultes en France : ce qui a changé

Jean Pierre DAO

Publié le 15 septembre 2025

La France a profondément durci l’accès aux sites pour adultes. Entre l’obligation de vérifier l’âge des internautes et le retrait de plateformes majeures, le paysage a changé en 2025. Voici, faits et sources à l’appui, ce que dit la loi et ce que cela implique concrètement pour les internautes.

Avertissement : cet article est une synthèse d’information générale, à jour à sa date de publication. Il ne constitue pas un conseil juridique. Pour toute situation précise, référez-vous aux textes officiels ou à un professionnel du droit.

Ce que prévoit la loi française

La loi du 21 mai 2024 visant à sécuriser et réguler l’espace numérique (dite loi SREN) a renforcé les pouvoirs de l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique). L’autorité peut désormais demander le blocage et le déréférencement administratifs des sites pornographiques qui ne respectent pas leur obligation d’empêcher l’accès des mineurs à leurs contenus.

Pour encadrer techniquement cette obligation, l’Arcom a adopté un référentiel technique par une délibération du 9 octobre 2024, après avis de la CNIL. Ce référentiel fixe les exigences minimales des systèmes de vérification de l’âge, avec un principe clé : la vérification doit se faire de manière anonyme (logique dite de « double anonymat »), de sorte que le site ne connaisse pas l’identité de l’internaute et que le vérificateur d’âge ne connaisse pas le site visité.

Après un délai de mise en conformité de trois mois, ces exigences s’appliquent depuis le 11 janvier 2025 aux services concernés.

Ce qui a changé concrètement en 2025

  • Un arrêté du 26 février 2025 a désigné des sites établis dans l’Union européenne devant se conformer.
  • En signe de protestation, le groupe Aylo (éditeur de Pornhub, YouPorn et RedTube) a bloqué lui-même l’accès à ses sites en France depuis le 4 juin 2025, refusant le dispositif de vérification jugé trop intrusif.
  • Le 1er-4 août 2025, l’Arcom a mis en demeure cinq sites établis dans l’UE (Xnxx, Xvideos, Xhamster, Xhamsterlive, Tnaflix), leur laissant quinze jours pour se mettre en conformité sous peine de blocage ou de déréférencement.

Pour l’internaute, cela se traduit par des sites devenus inaccessibles, et, sur les sites conformes, par une étape de vérification d’âge avant l’accès aux contenus.

L’enjeu de la confidentialité des données

Au-delà du débat juridique, la vérification d’âge soulève une vraie question de vie privée : selon les solutions retenues, prouver sa majorité peut impliquer de transmettre des informations sensibles. C’est précisément pour préserver cette confidentialité que le référentiel impose l’anonymat. Mais l’épisode rappelle, plus largement, l’importance de protéger ses données personnelles et sa navigation en ligne, sur ce type de sites comme ailleurs.

Si la protection de votre vie privée en ligne vous préoccupe, nous avons détaillé les bonnes pratiques et les outils de confidentialité dans notre guide dédié : protéger sa confidentialité en ligne et choisir un VPN.

Questions fréquentes

La vérification d’âge est-elle obligatoire en France ? Oui, pour les services diffusant des contenus pornographiques visés par la loi SREN, depuis l’entrée en application du référentiel de l’Arcom le 11 janvier 2025.

Pourquoi certains sites sont-ils inaccessibles ? Soit parce que leur éditeur a choisi de bloquer l’accès en France (cas d’Aylo), soit parce qu’ils font l’objet de mesures de l’Arcom faute de conformité.

La vérification d’âge expose-t-elle mon identité ? Le référentiel impose un principe d’anonymat (« double anonymat ») : le site ne doit pas connaître votre identité, et le vérificateur d’âge ne doit pas connaître le site visité. La solution technique précise relève de chaque service, mais l’exigence d’anonymat, elle, s’impose à tous.


Article publié à titre informatif. Sources : Arcom - publication du référentiel, Légifrance - délibération n° 2024-20 du 9 octobre 2024, CNIL - avis sur le référentiel, Arcom - intervention auprès de cinq sites de l’UE.