Comme l’a très justement souligné girlybutsexy, il n’est jamais facile de concilier sexe et handicap et encore moins d’en parler.
A la lecture de son billet, j’ai décidé de me lancer en apportant ma propre expérience, moi simple bloggeur inconnu.
Le sexe, tout le monde voit bien ce que c’est, ce que cela signifie.
Mais, pour la notion d’handicap, c’est nettement plus flou.
La première vision qui vient à l’esprit, c’est une personne en fauteuil roulant, ce qui est à la fois très réducteur et tellement pratique. En effet, les tabous ont la vie dure. Les exclusions aussi. Dans de nombreux cas, il est donc plus profitable de dissimuler son handicap, sa différence. C’est d’autant plus facile que certains handicaps ne sont pas forcément décelables d’un simple coup d’œil. Ce n’est pas pour autant qu’ils n’ont aucune incidence sur la vie quotidienne, sur la sexualité.
Il en va ainsi de la séropositivité.
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, cette maladie sournoise, quasiment invisible, a de nombreuses répercussions sur la sexualité. Et pas seulement par le port obligatoire du préservatif. Certes, c’est un aspect important mais ce n’est pas le seul.
Il y a aussi l’aspect psychologique et les effets secondaires des traitements.
Le psychologique joue non seulement lors des rencontres mais également durant la vie de couple. Cette maladie est toujours aussi mal perçue malgré les nombreuses tentatives des associations et autres célébrités qui s’investissent énormément pour redonner aux séropositifs la place qu’ils n’ont plus (si tant est qu’ils aient une place un jour).
Cette perception négative, tenace, ne favorise pas les rencontres, loin de là. Et c’est valable tant du coté du malade que de la personne séronégative. Pas évident de draguer quand on est “séropo” et pas évident de se laisser draguer par un(e) “séropo”.
Si, malgré tout, la rencontre se fait, le (la) séropositif(ve) a l’impression de vivre un ménage à trois, la maladie s’immisçant dans tous les rapports.
Sur le plan sexuel, ce qui prévaut, c’est la peur de contaminer l’autre : Préservatif oublié, mal placé ou défectueux. Même en prenant toutes les précautions d’usage et de bon sens, l’appréhension est toujours là, tapie dans l’ombre.
Restent les effets secondaires.
On parle souvent de leurs ravages sur le plan physique, moral ou digestif. Mais c’est oublier un peu vite les retentissements sur le plan sexuel. Car il y en a bien plus qu’on ne le croit : Absence partielle ou totale d’érection, baisse de la libido, éjaculation précoce…
A la lecture de tout ce qui précède, on peut valablement se poser la question de savoir si les séropositifs ont une sexualité épanouie. J’y répondrai, en toute connaissance de cause, que la sexualité d’un(e) “séropo”, même si elle plus encadrée, plus capricieuse que celle des personnes non confrontées à la maladie, est pleinement satisfaisante.
Il ne faut pas hésiter à communiquer, tant avec son partenaire qu’avec les différents praticiens, ne pas hésiter à se faire aider, tant psychologiquement que médicalement, ne pas hésiter à utiliser des sex-toys lorsque la machine refuse désespérément de fonctionner.
Sexualité et handicap ne sont pas indissociables, incompatibles. S’en convaincre, c’est déjà s’en affranchir.