2008

Un homme , une femme Ou la banalité extraordinaire

Jean Pierre DAO

Publié le 6 mars 2008

Récits érotiques

Article publié en 2008. Le contenu peut refléter l'état du marché à cette époque ; certains produits cités ne sont plus disponibles.

Un homme, une femme … Un scénario banal en cette fin d’après midi d’été. Deux mains qui se nouent l’une à l’autre dans le jour déclinant.
Le couple s’enlace, s’embrasse, se regarde et se touche, furtivement. Un baiser comme une pointe sucrée sur les lèvres de la femme vient éclairer son visage. Sa bouche se fend en deux, un sourire s’est plaqué sur ses traits lui donnant un air de Madone.

Les deux entités se dirigent hâtivement vers une voiture. Ils semblent soudain pressés de s’éloigner du monde bruyant qui les enveloppe. Arrivé au sein de l’habitacle décoré, leurs corps se rejoignent doucement dans le silence. Les doigts de l’homme sont mêlés aux cheveux de la femme qui soupire d’aise. De nouveau ce sourire.
L’homme démarre.

Quelques paroles échangées, une musique douce, tous deux connaissent le sentiment qui habite l’autre. Un regard confirme les présomptions. Une caresse attise le feu.
La voiture garée dans le petit garage accolé à la maison, ils sortent du véhicule. Sans se presser maintenant, le temps à cesser de s’écouler pour eux.

Arrivée dans le vestibule. Il la débarrasse de sa veste de tweed, puis approche ses lèvres des siennes … au doux baiser de l’homme la femme s’electrise , son désir se précise. Elle répond avec fougue à son amant, le caresse, le dévore de sa langue. Son ventre la brule, son regard se fait plus dur, le bleu tendre de ses yeux  vire au bleu nuit. Une tempête s’annonce, ils le savent et savourent l’instant.

Les vêtements glissent le long des corps au rythme du désir. Des bouches entrouvertes s’échappent des volutes de râles indistincts. L’homme soulève la femme pour l’attirer tout contre lui. Il s’est glissé en elle, la danse peut commencer. Les couleurs et le bruit alentour se sont évanouis. Ils sont absolument seuls dans la nuit tombée. Ensemble, mais ne faisant plus qu’un.

Tandis que l’homme s’est lové dans la chaleur de ses reins, elle lui dicte la cadence, lui impose la mélodie, c’est elle le chef d’orchestre de ce singulier requiem. Les yeux fermés, elle se laisse aller à son bonheur, regardant l’homme qui lui fait l’amour. Les battements de cœur se font plus rapides, ses gémissements moins ténus. Il l’aime de toutes ses forces, elle s’abandonne, un peu … puis complètement. Son corps se détend dans un cri, son plaisir explose en elle comme une vague sur la grève. L’homme  l’observe. Elle garde le rideau de ses paupières baissés, reprend doucement sa respiration, sourit, ouvre les yeux.

Son corps tremble toujours lorsque l’homme la prend de nouveau, lui arrachant un gémissement de plaisir. Leurs sens se brouillent, leurs vues se troublent. Leurs corps emmêlés se complètent parfaitement.