Newsletter
Inscription à la newsletter
Newsletter

Installez le plugin Flash9 pour voir l'animation

sextoys

Jeux pour adulte

Art érotique

  Inscrivez vous à notre flux RSS







Banniere 468x60Découvrez notre partenaireBanniere 468x60
Blog Galeries des artistes » Galeries des artistes » Marie Godard, romancière et nouvelliste
13.12.2011 08:38:20

Neoplaisir vous propose l'interview de Marie Godard, auteur de littérature érotique. 

 

Echanges virtuels, Marie GodardNeoplaisir : Votre premier roman, Échanges virtuels, vient de paraître aux éditions Blanche.

Autour de l'écriture de ce livre, un pari qu'aurait suggéré votre éditeur. Pourriez-vous pour les lecteurs de notre webzine nous raconter ce qui a déclenché chez vous l'envie d'écrire ce roman ?

 

 

Marie Godard : Je pourrais vous dire tout simplement que, pour connaître la réponse, il suffit de lire les premières pages d’Échanges virtuels puisqu’elles sont autobiographiques, à quelque chose près. Nicolas Marssac, mon mari, a publié un roman érotique, L’arrière-boutique, en 2002, chez Blanche. Lors de la parution du livre, Franck Spengler a envoyé à Nicolas des exemplaires de son nouveau livre puis l’a appelé pour connaître sa réaction. A la fin de leur conversation, il a demandé à Nicolas ce que j’en pensais. Nicolas lui a répondu que j’étais à la maison et qu’il pouvait, s’il le souhaitait, me poser la question directement, ce qu’il a fait.

 

Je lui ai dit à quel point j’étais fière de Nicolas, que je trouvais son écriture très belle, mais que c’était un livre d’homme, et que si je devais écrire un roman érotique, le mien serait très différent.

Franck, sans se rendre compte de ce qu’il allait déclencher, m’a répondu d’un seul mot : « Chiche ! »

 

Cela m’a beaucoup fait rire. Au départ, je ne l’ai pas pris au sérieux. J’ai simplement pensé qu’il s’amusait à mes dépens. Mais il est revenu à la charge plusieurs fois, et notamment à chaque réédition du livre de Nicolas, et je me suis finalement dit « pourquoi pas, après tout ». J’ajoute qu’il ne fait pas bon me lancer des défis car j’ai beaucoup de mal à ne pas tenter de les relever…

 

Ainsi que je le raconte dans Échanges virtuels, il y a vraiment eu un premier livre qui s’appelait Échanges culturels que j’ai envoyé à Franck, sans avoir le moindre espoir qu’il le publie, mais simplement pour lui montrer que « j’y étais arrivée ! » Il l’a lu et m’a gentiment fait des commentaires qui sont peu ou prou repris au début d’Échanges virtuels, avec sa permission, bien évidemment. Inutile sans doute de vous dire qu’il l’a refusé, mais en me demandant de me remettre au travail et « de me lâcher, de sortir des clichés du genre, et de livrer quelque chose de moi-même » ce que je n’avais pas fait, il me faut bien l’admettre. Je m’étais livrée à un exercice de style, en quelque sorte, mais pas grand chose de plus…

 

J’ai retravaillé le manuscrit et le lui ai présenté à nouveau quelques mois plus tard. Il l’a suffisamment aimé pour vouloir le publier à condition de trouver un éditeur tel que Pocket qui prendrait ensuite le relais.

 

Tandis que Franck tentait de concrétiser ce projet, j’ai pris conscience du plaisir que m’avait donné l’écriture d’un roman et m’est alors venue l’idée de m’amuser à mon tour à ses dépens. Et c’est alors qu’a germé l’idée d’Échanges virtuels.

 

Je ne savais pas du tout quelle serait sa réaction à être ainsi mis en scène dans ma deuxième tentative mais je n’avais rien à craindre. Il s’est beaucoup amusé de mon audace et a alors décidé de publier Échanges virtuels plutôt qu’Échanges culturels, sage décision tant mes premiers efforts manquaient de compétence. Et lorsque Pocket a aussi accepté le manuscrit, puis France Loisirs, qui a eu l’idée de publier sous la même couverture le mari et la femme, avec L’arrière-boutique de Nicolas, alors j’ai su que je voulais vraiment poursuivre cette aventure.


Il s'agit d'un roman qui prend la forme d'un échange de courriels entre le personnage principal, Marie, et son éditeur. Un personnage qui porte votre prénom, marié à un Nicolas comme vous l'êtes dans la vie : ce jeu entre fiction et réalité n'est-il pas dangereux ?

Ne croyez-vous pas que vos lecteurs vont assimiler « roman » et « témoignage » ?

 

La première personne que je souhaitais faire réagir en écrivant ce roman est celui qui est devenu mon éditeur, Franck Spengler. Pendant que je l’écrivais, je ne me suis pas du tout posé la question de savoir si les éventuels lecteurs comprendraient qu’il s’agit de fiction. Je voulais simplement faire à Franck une démonstration amusante de mon audace. Lui renvoyer la balle, en quelque sorte, après qu’il ait trouvé, à propos de ma première tentative, que je ne me « lâchais » pas assez. « Chiche, dites-vous ? Et bien voilà. Bien fait pour vous ! » Nicolas quant à lui, a été, dès le début, parfaitement au fait du sujet du livre et de la manière dont j’entendais le traiter, et a trouvé l’idée bonne et audacieuse.

 

Ce n’est que lorsque j’ai su que le livre serait publié que je me suis souciée de la façon dont il serait décodé par les lecteurs. J’en ai parlé à Nicolas, bien sûr, et à Franck. Ils ont tous les deux eu la même réaction : bon sang Marie ! c’est un roman, une œuvre de fiction ! Les lecteurs le comprendront, fais-leur confiance, m’ont-ils dit en stéréo. Franck a ajouté que lorsqu’un livre arrive au stade de sa publication, il ne nous appartient plus, et que chaque lecteur en fait sa propre interprétation, hors du contrôle de l’auteur. Alors j’en ai conclu que dès lors que Nicolas et Franck ne s’en inquiétaient pas, je n’avais pas, mon non plus, à en perdre le sommeil…


Les premières pages de votre roman débutent par le récit de l'envoi d'un manuscrit, travaillé et retravaillé. Le processus d'écriture a-t-il été pour vous une refonte de premiers écrits ?

Comment s'est déroulée cette gestation du roman ? Comment écrivez-vous ?

 

Non, ce n’est pas une refonte, à l’exception de deux passages d’Échanges culturels, que j’aimais et que j’ai eu envie de conserver dans le second. Pour le reste, je suis partie de zéro.

 

Quant à la gestation du roman, j’ai peu d’expérience en la matière, mais je dirais que pour moi, le roman naît avec l’écriture. Je n’ai qu’une idée de départ et je vois où elle me mène. J’en découvre l’histoire lorsque je l’écris.

 

Pour ce qui a trait à l’écriture, je ne saurais parler de méthode car je suis encore une débutante et je n’ai, à proprement parler, aucune habitude ni méthode particulière.

 

Ceci dit, j’ai le caractère que j’ai, et si je devais mettre en exergue les traits de ce caractère qui influent certainement sur ma façon d’écrire, je dirais que je suis très impulsive, passionnée, que je manque souvent de prudence et que j’ai très peu d’aversion au risque, et je ne parle pas ici de risque physique, mais de risque moral, intellectuel. Ces traits de caractère font que j’écris rapidement, fougueusement, de manière très instinctive. Lorsque je suis sur ma lancée, j’aurais presque du mal à m’arrêter. Je suis quasiment boulimique, comme le dit Guillaume Perrotte.

 

Ensuite, je me relis. Il me semble que j’ai trois approches complètement différentes et qui s’intercalent. Parfois je me concentre sur les émotions, la justesse du sentiment, de l’histoire. A d’autres moments, je m’acharne sur la cohérence des personnages, des lieux, des événements. Et finalement, je fais la chasse aux répétitions, aux redondances, et aux fautes de français. Et pendant tout ce temps, je recherche instinctivement le rythme, qui pour moi, est fondamental. Je passe de l’une à l’autre, des dizaines et des dizaines de fois.

 

Et j’ajoute finalement, au risque d’en choquer certains, que je ne pense jamais au lecteur. Je ne sais pas si je dois en avoir honte, mais je crois que c’est une notion trop abstraite pour moi. A ce sujet, j’ai une anecdote assez amusante à vous raconter. Lorsque le livre est paru, Franck m’a demandé ce que je ressentais à l’idée que des hommes et des femmes lisent mon livre et soient excités par mon récit. Et je suis littéralement tombée du ciel. Je n’y avais jamais pensé. J’ai alors pris conscience qu’à aucun moment, pendant que j’écrivais Échanges virtuels, je n’avais un seul instant imaginé que ce livre serait lu par d’autres. J’écris donc d’abord pour moi, parce que j’en ai besoin, parce que je pense avoir quelque chose à raconter. Et je suis émerveillée chaque fois qu’un lecteur me dit qu’il a aimé mon livre. C’est un cadeau inespéré, une espèce de miracle que de prendre conscience que ce que j’ai écrit puisse plaire à d’autres.

 


Au départ jeu de séduction et de dévoilement progressif des protagonistes, ou du moins de Marie puisque le personnage de l'éditeur a un développement moins marqué, se raconte moins, le roman s'oriente ensuite vers un échange de dominant à dominé. Pourquoi cette évolution ?

 

Le personnage de Marie est plus marqué, sans doute parce que c’est elle qui progresse tout au long de l’histoire vers une découverte de ce qu’elle est vraiment. L’éditeur a une vaste expérience du domaine de l’érotisme et c’est lui qui amène Marie vers cet éveil.

 

Vous avez constaté que l’on bascule progressivement dans une relation de dominant à dominé. Et c’est bien là toute l’histoire, même si elle n’est pas apparente au début du livre. Marie, malgré ses quelques aventures sexuelles qui datent du début de sa relation avec Nicolas, est monogame et très mal préparée à faire face à l’expérience considérable de son éditeur en matière de fantasmes sexuels.

 

Lui sait depuis très tôt dans leur histoire ce qui se cache en elle et n’aura de cesse qu’il n’ait permis à cette « folie douce » de s’exprimer enfin, d’où cette relation de plus en plus axée sur la soumission. Marie aime se laisser guider par cet homme car cela la déculpabilise peut-être de s’abandonner à ses fantasmes, et de « tromper » Nicolas, même si elle le fait avec son consentement.

 

 


Qu'est-ce que pour vous la littérature érotique ?

Quelles œuvres de littérature érotique avez-vous appréciées ?

Quels auteurs ? Pourquoi ?

 

La littérature érotique est, pour moi, tout ce que n’est pas le film érotique. Ce que je veux dire par là, c’est que le cinéma érotique ne laisse aucune place à l’imaginaire. Toute l’histoire est là, sur l’écran, « in your face », à prendre ou à laisser.

 

La littérature autorise une contribution beaucoup plus grande du lecteur car celui-ci participe à l’histoire en y mettant ses propres fantasmes, ses souvenirs, ses secrets. Il me semble donc que la littérature érotique est infiniment plus satisfaisante.

 

Et cela a pour résultat de mettre la barre très haute aux auteurs car l’histoire doit éveiller cet imaginaire chez le lecteur, faute de quoi le livre sera un échec. Ce n’est donc pas, me semble-t-il, et contrairement à ce que beaucoup semblent croire, une littérature facile, au contraire.

 

Les livres que j’ai beaucoup aimés. Je ne vous surprendrai pas en vous disant que la mesure étalon pour moi, est, sans aucune hésitation, Françoise Rey. Et mon livre préféré est La femme de papier.

 

Mais elle n’est pas la seule. Régine Deforges avec l’Orage, Pauline Réage, avec Histoire d’O, ont aussi une place d’honneur.

 

Ces trois livres sont importants pour moi pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’ils ont été écrits par des femmes. Ensuite parce qu’ils sont vrais, dans le droit fil, sans compromis. Parce qu’il y a en eux une audace, un « franc-écrire » qui n’est jamais facile et qui est juste. Des modèles que je ne peux espérer atteindre mais qui me donnent envie de donner le meilleur de moi-même.

 

J’ai aussi beaucoup aimé Au bonheur des femmes infidèles de Sam Carroll, une compatriote, et plus récemment, Le manoir par Emma Cavalier.

 


Que pensez-vous de la place accordée à la littérature érotique dans les médias ?

 

Nulle et c’est bien dommage. Je me permettrai une boutade en disant qu’il vaudrait mieux parler un peu plus de bons et beaux romans érotiques pendant le 20 heures que de passer des demi-heures entières à nous inonder d’histoires de « chiens écrasés ». La terre s’en porterait sans doute beaucoup mieux si nous passions plus de temps à faire l’amour. Mais c’est peut-être là la soixante-huitarde attardée qui parle en moi…

 


Quelles sont à présent vos projets ? L'écriture de ce premier roman sera-t-il suivi d'un autre ?

 

La suite d’Échanges virtuels, est déjà sur le bureau de mon éditeur. Je sais qu’il ne l’a pas lue encore car il a bien d’autres chats à fouetter d’ici la fin de l’année, d’autant qu’il n’y a pas urgence dans la mesure où le premier volet vient à peine d’être publié. En attendant, je fais des neuvaines pour que le premier marche bien et qu’il ait envie d’en publier la suite…

 

J’ai également terminé plusieurs nouvelles, dont l’une, l’Éveil de Laurence, sera publiée dans le recueil Secrets de femmes qui paraîtra au début de 2012, également chez Blanche.

 

Par ailleurs, Nicolas et moi préparons, chacun de notre côté, des nouvelles érotiques que nous aimerions voir publier ensemble, pour développer la synergie du couple d’auteurs de romans/nouvelles érotiques. Il est cependant hors de question que nous écrivions quoi que ce soit à quatre mains, tant notre façon d’écrire est différente. Il n’y a plus qu’à espérer que la vie continue de nous sourire et qu’un nouveau miracle se produise…et que Franck aime l’idée…

 

Et j’ai un troisième roman qui est déjà pratiquement à mi-course et à propos duquel je ne dirai pas grand chose de plus sinon que les apparences sont souvent trompeuses.

 

Quand je vous disais que je suis boulimique…

 

Et permettez-moi finalement de vous remercier du plus profond de mon cœur d’avoir si gentiment commenté Échanges virtuels sur votre blog, et d’avoir eu envie de m’interviewer pour votre webzine. Je suis vraiment touchée.

____

 

Échanges Virtuels, Marie Godard, éditions Blanche, 144 p., 15 €


Publié par steph
Ecrire un commentaire


If you have trouble reading the code, click on the code itself to generate a new random code.
 
Commentaires#2 Posté le 30.03.2012 17:50:15 par (1 posts)

NzDcxcay

raaja maahaarajarugaligoo ee paati ahdrpa iralaraadu anta annisutte. Avonobba Kumara, ivonobba Ramachandra .Mattobba Acharaya Yaaroo Sari illa Saa EE BJP sarkaaradallantoo ellaroo (ondibbarannu bittare) Deekeshiya hale avataarada tadroopa shishugalu Atta aadalitadalli anubhavanoo illa itta bhauddhika-Manasika maturitynoo illa Anda haage ondu kaaladalli mari paalegararante maatadutidda Deekeshi eega ontara reformed rowdy ante prabhuddhate toruttaane alwaraaa Ivarigella jana ekkadadinda baariso dina doora illaa saar Enanteeri?