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Blog Galeries des artistes » Chambre avec vue
24.03.2008 16:23:08
Chambre avec vue

Chambre avec vue

 

Paris, 1870 : extase hebdomadaire

 

Je vis au sein d’un de ces quartiers chics parisiens où rien ne transpire, où tout est feutré, dans le royaume du non dit, le coté obscure du puritanisme.
Je suis la chambre à coucher principale d’un hôtel particulier de très grand standing baptisé, « la Villa Maïna », en hommage à une célèbre prostituée, d’origine turque, prénommée Maïna. Elle se fit offrir cette belle demeure par un riche homme d’affaire, dans laquelle elle vécut paisiblement sa vie de pute et surtout ses extases de femmes pendant 32 ans.
J’ai été conçue en 1750, par un architecte suisse, un adepte de Voltaire, un converti  à la philosophie épicurienne, fondée d’après lui, sur la beauté des corps et de l’espace, sur la recherche de l’équilibre entre le plaisir et la douleur. Il m’a bâtie pour célébrer l’Amour sous toutes ses formes, quelle que soit l’époque, l’âge de mes propriétaires et leur façon de décorer ma partie boudoir, bibliothèque ou reposoir. Une spacieuse et superbe salle de bain, vêtue de marbre rose vénitien, prolonge mes soixante neuf mètres carrés tapissés de velours rouge. Grâce à mes six grandes baies vitrées, j’ai vu sur le Tout Paris.
En 1870, ma propriétaire s’appelle Joséphine. Femme d’une trentaine d’années, veuve d’un noble britannique, lequel  aurait pu être son grand père, elle vient de m’hériter après une rude bataille l’ayant violemment opposée aux enfants d’un premier lit de feu son époux. D’après les conversations intimes qu’elle partage chaque jour à dix-sept heures, autour d’un thé anglais, avec sa meilleure amie, son défunt mari lui a tout apprit des perversions des hommes et des femmes.
Elle accède à l’orgasme exclusivement par la sodomie. Elle a d’ailleurs fait installer, très récemment, un miroir amovible sur pied aux armatures en fer forgée, dans un de mes recoins. Elle reste face à lui des heures entières à contempler son cul, à jouer avec lui en lui introduisant toutes sortes d’objets tels que petits vases en cristal, encriers ou coupes à champagne. Elle demande parfois à sa cuisinière de lui amener un plateau de fruits, qu’elle s’amuse à introduire, un  à un, avec dextérité au fin fond de son anus, vingt minutes avant l’arrivée d’un de ses amants réguliers qu’elle prie alors de l’enculer sans attendre.
Veuve joyeuse, oisive à longueur de journée, peu encline aux sorties mondaines, aimant, en revanche, recevoir à domicile ses nombreux amants, elle me fait profiter chaque jour de sa vie de courtisane du 19ème  siècle. Nous sommes mardi. C’est le jour où Charles, le banquier, un très bel homme d’une cinquantaine d’années lui rend visite. Il sonne le carillon de « la Villa Maïna », à 11h30 précise, comme chaque semaine. Joséphine est « sa détente extatique » de l’après conseil d’administration hebdomadaire. Le maître d’hôtel, parfaitement habitué à la régularité de cette entrevue, vérifie à peine l’identité de notre visiteur par le judas de la lourde porte cochère.
Ce jour- là, je suis toujours fleurie, selon les saisons, par des bouquets merveilleux aux mille senteurs. Quinze minutes avant la venue de Charles, tous les acteurs de la « Villa Maïna » sont en scène, du personnel à qui il ne manque jamais de laisser une pièce à la maîtresse de maison à qui il offre chaque fois une eau de parfum.
Comme un homme pressé, il monte l’escalier central de la maison quatre à quatre. Joséphine l’attend avec l’impatience d’une femme-cul, c’est à dire une femme en manque de cul. Elle l’attend, sans robe, sans corset, pieds nus et sans artifice. Elle a relevé ses lourds et longs cheveux bruns en chignon.  Son élégance naturelle est son unique vêtement. Elle pourrait être la mère de la future Isadora Duncan ou de Mata Hari.
A moitié allongée sur le canapé en velours de mon petit salon, la tête penchée légèrement en arrière, dès son apparition dans l’encadrure dorée de ma porte, elle lui chantonne d’une voix cristalline : « Bonjour, mon chéri, ton conseil d’administration s’est-il bien passé ? Viens me faire ton rapport précis !»
A ses mots, toujours les même, il me pénètre, dépose son haut de forme et ses gants de cuir sur la commode en marqueterie Louis 16 prévue à cet effet.
Joséphine écarte un peu ses jambes élancées de façon à laisser entrevoir l’entrebâillement de son sexe déjà bien éclot par les caresses qu’elle a prodigué à son anus à l’aide d’un godemiché de style empire. Je suis fascinée par la complicité existant entre la chatte et le cul de cette femme. En effet, alors que Joséphine délaisse parfaitement sa foufounette, celle-ci réagit, tel un tournesol au soleil, aux moindres effleurements que les doigts de sa propriétaire offre à son sphincter, habilement dressé depuis des années à l’orgasme. Automatiquement, sa chatte  mouille abondamment. 
Charles, porte toujours le même costume.  A peine entré, empressé comme un homme en manque de sexe, il jette sa veste droite de tweed au col de velours noir, aux larges revers arrondis, aux boutons parés de tissu et aux manches sans revers, sur mon lit à baldaquin rose thyrien. Il rejoint alors, dans un élan passionnel sa belle, les bras largement ouverts.
Comme chaque semaine, elle lui dit :
« N’avez vous rien oublié, mon bon ami ?»
« Suis- je bête !», lui répond- t- il d’un air ennuyé.
Comme d’habitude, il tourne maladroitement les talons, se dirige à nouveau vers mon lit à baldaquin, fouille dans les poches à rabats de sa veste en tweed et en tire le parfum hebdomadaire de sa maîtresse. Il profite de cette occasion pour se dévêtir de son gilet croisé jaune, de sa chemise blanche, au col rabattu, de  sa cravate noire, de ses bottines noires, de son pantalon de drap bun clair à carreaux et enfin de son caleçon assorti à celui-ci.
Je me suis souvent demandée si ce rituel parfaitement chronométré -trois minutes- est ou non volontairement orchestré par les deux personnages ou si  Charles est un homme de type « tête en l’air ». Quel que soit la réponse que je n’ai pas, c’est dans le plus simple appareille, la queue en rut, qu’il se dépêche de tendre à Joséphine son cadeau. Pendant qu’elle ouvre délicatement le papier de soie et défait le ruban de l’emballage, il se branle énergiquement.
« Excellent choix, chéri !», susurre- t- elle en souriant. Elle frotte immédiatement, comme à l’accoutumée, ses seins, ses mains, sa chatte et l’intérieur de ses cuisses de quelques gouttes du parfum choisi, toujours différents. C’est d’ailleurs le seul élément de leur entrevue qui soit chaque semaine différent.  Il lui déclame sa phrase habituelle : « Je suis pressé aujourd’hui. Tourne- toi ! J’ai envie de ton cul »
Joséphine se met à quatre patte sur le canapé, la pointe de ses mamelons caressant le dossier de canapé. Charles, derrière elle, lui  écarte un peu les fesses avant de l’enculer.  Joséphine semble tendue, mais ce n’est qu’une comédie dont le but est d’exciter un peu plus « son homme du mardi ». Elle adore la manière cavalière dont il l’enfile, sans aucun préliminaire, d’un coup sec de reins. Ses seins lourds, sous les pressions de son amant contre le canapé en velours se durcissent. Il mate le cul de sa maîtresse  avec une telle envie qu’il en salive. L’excitation de Joséphine grimpe en flèche à mesure que le pénis de son amant creuse son sillon.
Le godemiché, posé négligemment sur le bord du petit guéridon, n’échappe pas au regard de ce dernier. Tout en continuant à lui labourer son arrière Charles saisit à pleine main l’objet de plaisir sur la table et l’enfourne dans la bouche de sa compagne.
« Lèche le, salope ! »
Joséphine lape le gros gland du jouet en poussant des petits cris de hyène affamée. Peu à peu,  tous les muscles de Charles, à mesure de ses va et vient dans l’anus de Joséphine, se tendent. Tel un animal blessé, son buste bascule sur le dos de son amante, ses jambes flagellent. Il jouit. Elle enfonce ses ongles peints dans le rebord du canapé en poussant un long gémissement de satisfaction. Joséphine s’envole dans les limbes de l’extase. Elle semble transportée hors d’elle-même,  du monde sensible. La tension extrême des traits de son visage donne le sentiment qu’elle s’unit à un objet transcendant, qu’elle semble voir,  toucher,  posséder.  Elle est en lui, elle est lui.
Il est 13H Charles se rhabille en regardant avec la fierté du vainqueur heureux Joséphine allongée, inerte, enfermée dans son extase, sur le canapé en velours rouge. Il s’approche d’elle, l’embrasse sur le front et lui dit : « A mardi prochain !»


 
Paris, 1930 : extase en quatuor

 

Une musique flotte à travers toute les pièces de « la Villa Maïna », décorées de meubles Art déco en chrome et en verre, de miroirs aux formes géométriques inspirées du cubisme.  « J’ai deux Amour… » La voix de Joséphine Baker m’envoûte par sa chaleur érotique des îles tropicales.
Mes nouveaux occupants, Janet et John, « The J and J family », comme ils se prénomment eux-mêmes, sont des américains qui travaillent dans le Music Hall. Ils se sont installés en France  cinq ans auparavant, précisément l’année où Joséphine Baker a remporté, à Paris, un triomphe au parfum de scandale avec « La Revue Nègre », ses tenues dénudées et ses chorégraphies trépidantes,  séduisant les avant-gardistes et choquant le public bourgeois du Théâtre des Champs Elysées. Je vis au rythme des fêtes les plus folles de la capitale, du fox trot et de la rumba dans une surenchère de plumes et de paillettes.
De mémoire de chambrette, le champagne et l’amour n’ont jamais reçu, depuis ma naissance, en 1750, de plus beaux hommages de la part de mes différents propriétaires. John est magicien au Moulin Rouge. Hypnotiseur professionnel, il se sert de son talent pour assouvir ses fantasmes en dehors de ses heures de « bureau ». Il demande à sa femme, contorsionniste aux Folies Bergères, de lui « rabattre » des jeunes filles en fleur, qu’elle invite à visiter « la Villa Maïna » devenue depuis 1925, un des lieux privés de débauche très prisés par les artistes les plus convoités de l’époque. Janet a embauché avant hier une jeune lingère, Nina, pour remplacer la précédente, engrossée par Georges, le chauffeur de John.
La toute première fois que Nina m’a pénétrée, visiblement très impressionnée par ma grandeur, j’ai été immédiatement saisie par la longueur de ces jolis cheveux blonds et la finesse de sa silhouette. Elle déambulait au milieu de mes 69 mètres carrés comme une libellule dansant dans les airs. Ses yeux se sont posés sur les premiers numéros  de la revue sexy Esquire, l’ancêtre de Play-Boy, dans laquelle une Pretty girl s’exhibe, cette année là, encore entièrement vêtue, un peu comme la « Gibson girl, que Charles Dana Gibson avait dessiné sous l’allure d’une  bourgeoise, chic et habillée pour le magazine Life en 1887.
Il est 20 heures. « Les J and J » préparent leurs tenus d’apparats, l’un dans mon coin canapé, l’autre dans mon coin reposoir que Janet a rebaptisé « le coin câlin ». Contrairement à  beaucoup d’êtres humains, les chambres à coucher parlent toutes les langues de la planète, ce qui me permet de suivre les multiples conversations de mes propriétaires en anglais sans en perdre un mot. Janet hèle, dans un français très approximatif, la jeune lingère du haut de l’escalier central. Elle lui demande de monter à l’étage des serviettes de bain à « Monsieur », ce qui est parfaitement inutile dans la mesure où John a terminé depuis plus d’une demi heure ses ablutions.
La jeune fille exécute immédiatement l’ordre de sa maîtresse. Elle ne peut cacher sa surprise  de voir John habillé d’une tenue d’opéra, de drap de laine noir, sans manches, au revers croisé de soie,  assortie d’une pèlerine  arrivant aux poignets doublée de soie rouge et d’une chemise blanche au col cassé. Il tient dans la main gauche un nœud papillon blanc, un haut de forme de soie noire, des gants blanc et une canne. 
« Pouvez –vous m’aider, chère mademoiselle, à  faire mon nœud papillon ? »
Troublée, Nina dépose délicatement les serviettes de bain bleues de Prusse de « Monsieur » sur mon lit « king size ».
« Bien sur, Monsieur, mais je ne suis pas très experte en matière de nœud papillon »
« Ce n’est pas grave.  Laissez vous guider par votre instinct »
Janet suit du regard l’évolution de la conversation dans l’entre baillement de la porte de la salle de bain, où elle s’est cachée à l’arrivée de la jeune demoiselle. Elle est habillée d’une longue robe blanche hollywoodienne - aussi célèbre à cette époque là, que la petite robe noire de Chanel - en drapée de soie luisant, soulignant les formes  de sa poitrine, ses hanches, sa taille tout en les voilant, tombant ensuite en plis naturels jusqu’à l’ourlet.
« La beauté n’est pas un don, mais une habitude » se plait-elle souvent à dire aux jeunes créatures qu’elle invite. A la fréquenter chaque jour en tant que chambre à coucher, je commence à croire qu’elle a raison. Elle a redessiné en demi cercle ses sourcils parfaitement épilés, peint ses paupières d’une poudre argentée, mis des faux cils bruns et souligné d’un crayon à lèvres rouge sa bouche. Son teint est irréprochable et transparent comme celui des stars du grand écran
A peine au contact de John, la jeune fille paraît envoûtée. Celui-ci entame un monologue en langue grecque auquel elle ne comprend pas un traître mot.
En quelques minutes, alors que la ravissante libellule s’affaire à nouer, dénouer et renouer, sans succès, l’élégant nœud papillon, elle se transforme en une véritable petite chienne en chaleur.
Elle déboutonne la chemise et le pantalon de son patron, s’accroupit et entame une fellation avec une gourmandise de petite fille tandis qu’elle se déshabille avec frénésie.
Le sexe en érection, John observe la jeune fille, les yeux mi-clos, s’abreuver des premières gouttes de son sperme.
Janet, sans un bruit, s’approche de la porte d’entrée, permettant ainsi à son mari de reluquer les généreuses échancrures de sa robe et son décolleté dos plongeant, souligné par un rang de perles unique, simple mais du meilleur effet. Elle descend l’escalier en faisant froufrouter les pans de sa traîne, coupé de biais donnant ainsi l’élasticité à la matière. Elle  remonte quelques minutes plus tard suivi de Georges, le chauffeur de John, complice depuis cinq ans des ébats du couple « J and J ».
Dans l’encadrure de ma porte d’entrée, Janet lui ouvre la braguette, glisse sa main droite sur ses couilles. Il  pourrait marcher sur trois pattes tant sa queue est longue et charnue. John relève la jeune fille hagarde, et l’emmène sur le lit. Il s’allonge sur le dos et l’attire vers lui.
Hypnotisée par les propos grecs ininterrompus de John, elle se hisse sur lui, en lui faisant face. D’elle-même, elle dirige le pénis de John vers son vagin et frotte son clitoris avec son index comme il lui ordonne de le faire. Plus les caresses s’accentuent, plus de longs gémissements de jouissance s’échappent de sa petite bouche. John poursuit son monologue, tantôt exigeant qu’elle ralentisse le rythme de ses caresses, tantôt exigeant qu’elle  l’accélère. Janet et le chauffeur s’approchent du « king size ».
« Assis-toi Georges !» lui murmure t elle.  Georges  s’assoit au bord du lit. Janet se positionne face à lui.
« Dégrafe  ma  robe, Georges !» Il s’exécute
« Caresse mes seins, Georges !»  Il s’exécute
« Allonge-toi sur le lit, Georges, près de Nina» Il s’exécute en poussant des souffles rauques de plaisir
« Embrasse là, Georges ! »  Il se penche vers elle, et lui fait un langoureux baiser dans le cou
Pendant ce temps, Janet s’accroupit face au chauffeur, qui a retiré son  pantalon et gobe goulûment son zob.
A la demande de John,  la jeune fille se retourne, s’empale à nouveau sur la bite de son patron, lui offrant ainsi la vue de la cambrure de ses fesses rebondies et se penche en avant de manière à embrasser à pleine bouche les lèvres du chauffeur.
Janet se relève, écarte les pans de sa longue robe de soirée blanche et s’empale à son tour sur le braquemart  du chauffeur. John, toujours allongé sur le dos, son phallus limé par la jeune lingère, tend la main gauche vers la table de chevet et saisit un fume cigarette. Il en tire un long porte cigarette en argent, dans lequel il ajuste une cigarette, puis fait craquer une allumette, tire une bouffée de cigarette et approche froidement le porte cigarette allumé de l’anus de sa conquête. La texture glacée de l’ustensile fait frissonner la demoiselle mais les talents d’hypnose de John l’emportent sur la conscience de celle-ci.  
Janet pompe avec ténacité la queue du chauffeur mais retire sa bouche juste avant qu’il n’éjacule ce qui  déclenche un râle d’énervement de Georges. A la demande de John, Nina happe, à son tour, le pénis du chauffeur et en aspire toute la longueur tout en continuant à limer la bite de son patron. Janet approche ses mains de la poitrine de la donzelle et lui malaxe les seins tendus d’excitation.
Georges sort le porte cigarette du cul de sa recrue, le porte à sa bouche, et le suce longuement en regardant fixement sa femme toujours affairée à pincer, mordiller et embrasser tendrement les mamelons de la jeune fille. John l’enfonce à nouveau dans le sphincter de sa belle puis le ressort et le suce encore et encore.   
La langue et la salive de la jeune fille pousse à bout l’excitation du chauffeur qui éjacule lentement au fond du palais de celle-ci.
John ordonne alors à la jeune fille de se mettre sur le ventre. Il confie le porte cigarette à sa femme, et pénètre brutalement la chatte trempée de sa conquête par derrière. Janet  repose délicatement le porte cigarette sur la table de chevet et ordonne à Georges de se mettre à quatre pattes. Groggy, celui-ci s’exécute. Janet fait tomber sa robe à terre, saisit  un godemiché long de 26 centimètres caché sous un des multiples oreillers du king size et le sangle à sa taille. Pendant que John laboure avec précision les entrailles de la lingère, Janet se positionne derrière Georges et l’encule  violemment sous l’œil attentif de son mari. Georges pousse un cri de déchirement. La jeune fille, sous les assauts de plus en plus rapides et profonds de John enfonce ses doigts dans l’édredon  et pousse un cri de libération.
John se relève immédiatement, saisit un martinet caché sous un des coussins du lit et frappe d’un coup sec les fesses de la demoiselle laquelle hurle de douleur.
« Lève toi Nina! Va sucer ce chien de Georges ». En pleurs, elle s’exécute. John s’approche de son épouse affairée à enculer le chauffeur, et la sodomise à son tour. Janet hurle de joie, augmente ses va et viens dans le sphincter de son amant.
A mesure que son mari pénètre de plus en plus profondément ses entrailles, « Encore, encore, encore » sont les seuls mots que Janet puisse émettre  pendant dix minutes. Les cris de douleur et de plaisir à la fois qui émanent de la bouche du chauffeur l’excite autant que les coups de reins de son mari dans son anus dilaté de plaisir. La vue des seins lacérés de la jeune lingère, suçant avec hargne le braquemart de Georges augmente son taux d’adrénaline. Sa chatte, excitée par les frottements du gode s’humidifie de foutre. Elle explose, se retire de l’anus de Georges et se libère de l’étreinte de son époux bien attentionné. 
 
Sa sensibilité émotionnelle et sa motricité corporelle semblent inhibées dans l'extase hypnotique qui transporte l’ensemble des pores de sa peau. Elle est parfaitement immobile. Les battements de son cœur semblent suspendus et ses oscillations respiratoires de son thorax arrêtées. Elle est dans un état léthargique voisin de la mort.
John ordonne à la jeune lingère et au chauffeur de se retirer et embrasse langoureusement son épouse, écroulée au milieu des coussins du king size.


 
Paris, 1950 : extases adolescentes

 

Paris a pansé ses blessures. Après avoir moi aussi été occupée me voici libérée. Ses dix dernières années n’ont pas été de tout repos mais j’ai pu faire une étude comparative  sur le sexe à travers les nationalités qui m’ont colonisées  entre 1941 et 1945  tels que des français résistants,  des allemands occupants et  des américains libérateurs.
Samedi après midi. Frédéric vient d’avoir 21 ans. Il est l’aîné d’une famille de quatre enfants et partage mes 69 mètres carrés avec sa sœur, France, de deux ans sa cadette. Tous deux m’ont tapissée de posters jazzy que les G.I. nous ont léguées avant de s’envoler vers d’autres cieux. France comme Frédéric sont bien décidés d’ignorer la révolte, avoir la vie facile et profiter de la grande nouveauté de l’époque : Les grands magasins. Qu’il est beau ce monde nouveau de la consommation  où  le design  se place au service de la séduction ! Ils m’ont décorés de tables en forme de haricots, de fauteuils en forme de coque, de verres tulipe, de lampes en cornet, de vases taillés et  de cendriers de verre aux formes arquées.
Comme tout les jeunes, Frédéric adore les caves de St Germain, fréquentées par les « Lorientais » du clarinettiste Claude Luter. Il s’y délecte des swings de  Sidney Bechet et de la « trompinette » de Boris Vian jusqu'à point d’heure. Il est également un fervent partisan du mouvement « New Orléans Revival », lequel accorde une nouvelle vie aux vétérans du jazz de la Nouvelle Orléans. Par ailleurs, dans le plus grand secret familial, il a créé une association selon la loi de 1901, de soutien aux jazzmen blancs be-bop dont il garde jalousement les statuts sous un large et long affreux tapis en laine poussiéreux qui recouvre mon parquet non astiqué depuis dix ans. Seules France et sa meilleure amie, Isabelle, toutes deux amatrices de gospel, partagent ce lourd secret avec lui.
Elles ont d’ailleurs obtenu depuis  quelques semaines l’autorisation parentale d’accompagner Frédéric, un dimanche après midi par mois, dans une église du quartier Latin, afin d’écouter des musiciens interpréter les tubes de la célèbre chanteuse de négro spiritual, Mahalia Jackson, ayant convaincu leurs pères et mères respectifs « qu’il s’agissait de chants religieux de recueillement, profonds et chaleureux ». En plaisantant, ils nomment cette sortie dominicale « la sortie des F.F.I », (celles de Frédéric, France et Isabelle), en hommage à l’armée clandestine française luttant contre l’occupation française à partir de décembre 1943.  
Cet après-midi, Frédéric, par l’intermédiaire de France, a invité Isabelle à la « Villa Maïna » écouter un disque de chants extatiques accompagnés de pianos, orgues, tambourins et guitares, qu’il passe sans interruption depuis ce matin sur le phonographe que ses parents lui ont offert pour son anniversaire deux jours auparavant .
A 16 heures, la porte d’entrée de la villa Maïna claque. Deux voix dans l’escalier hurlent en coeur 
« Frédéric, nous sommes revenues de la faculté !  »
France et Isabelle malgré le fait qu’elles soient plus jeune que Frédéric, sont un peu plus en avance que lui question bagatelle, d’après les confidences d’alcôves que les deux jeunes filles en fleur se sont échangées à maintes reprises, dans ma partie boudoir. Elles montent en courant l’escalier en chantonnant un des tubes de leur star Mahalia Jackson : « Move On up a little Higher ». A peine les deux jeunes filles me pénètrent-elles que Frédéric se précipite vers le phonographe  pour mettre une énième fois son fameux disque.
Elles sont  habillées à l’identique. Toutes deux portent un ample jupon blanc bouffant jusqu’au mollet, un corselet assorti, un petit chapeau blanc, des gants blancs, un sac à main blanc et des ballerines blanches. Elles semblent ainsi vêtues, déguisées en petites dames, presque clonées au modèle de leurs mères. Pourtant les deux jouvencelles rêvent, l’une comme l’autre du chewing-gum, des jeans et des tee-shirts « made in America ».
«Vous allez voir les filles, c’est un disque qui réchauffe les corps !». Leur dit fièrement le jeune puceau du haut de ses 21 ans.
Dès les premières notes de musique, France entraîne son amie vers son frère et  passe ses bras autour du cou de celui-ci, un peu surpris par cette double vivacité féminine. Isabelle, telle une gogo danseuse, fait immédiatement onduler ses formes contre lui. Frédéric ne peut nous cacher son émotion. France  lui ôte sa veste décontractée de tweed, style cardigan sans col, fermée par trois boutons,  son foulard-cravate de soie bleue à pois rouges et sa chemise blanche.
La musique est douce et évocatrice. France se rapproche d’Isabelle et l’incite à s’agenouiller. Elle dirige la tête de celle-ci à la hauteur du sexe de son frère .Après une légère hésitation, Isabelle déboutonne le pantalon étroit du jeune homme et absorbe goulûment son membre en érection. Alors que sa main gauche joue le rôle de tuteur, l’autre lui caresse les bourses .France se positionne derrière son amie, lui enlève son petit chapeau blanc et frotte son ventre contre sa chevelure.
Elle l’embrasse sur la nuque et défait un à un chacun des boutons de son corset et fait glisser ses jupons à terre pour la libérer de toute entrave vestimentaire. Isabelle est mince mais dotée de formes généreuses. Ses gestes sont à la fois naïfs et raffinés. Elle fera sans doute partie, dans quelques années, de ses femmes désirables qui sont dames au salon et putains dans la chambre à coucher. 
Frédéric glisse sa main dans les longs cheveux d’Isabelle, tout en faisant jouer dans un mouvement de balancier, sa queue jusqu’au fond de sa gorge. Je n’imaginais pas la petite Isabelle  aussi gourmande, dis-je affamée !
A égalité vestimentaire, en tenue d’Eve et d’Adam, Frédéric et Isabelle nous recomposent le jardin d’Eden façon «Rithm’s and Blues ».  Enchevêtrés, ces deux corps à peine sortis de l’adolescence, font  fit de toutes pudeurs.
France s’agenouille à son tour devant le phallus de son frangin, colle sa joue droite à  la joue gauche de son amie. Par de petits coups de langue sur les couilles de son frère, elle accompagne alors son intarissable amie dans le butinage de la bite de Frédéric. Les deux coquines semblent s’en donner à coeur joie. Le disque prend fin. France se relève et le remplace par celui du récent concert de Duke Ellington enregistré à Paris : « Live in Paris ». Elle rejoint les deux jeunes gens et murmure, d’une voix polissonne et aguichante, dans le creux de l’oreille de Frédéric :
« Veux tu que nous t’initions à l’amour entre filles ? »
Avant même qu’il ne réponde, France et Isabelle se relèvent, saisissent chacune une des mains de Frédéric et le font asseoir dans un petit fauteuil. Les deux donzelles s’allongent sur le petit lit de France jonché de livres achetés sous le manteau sur les rapports psychologiques filles-garçons de façon à faire face à Frédéric.
France choisi un chapitre au hasard et le tend à Isabelle.
« Lis- nous quelques phrases, ma belle!»
Au son de la musique de Duke, Isabelle débute son récital : « En 1930, l’actrice  Norma Shearer a déclaré sans vergogne, dans le film la Divorcée : Heureusement que j’ai découvert qu’il n’y avait pas qu’un homme au monde alors que j’étais encore assez jeune  pour qu’on veuille de moi. Aujourd’hui je ne veux plus rien ratée. »
Toute excitée par la lecture à haute voix d’Isabelle, France relève sa jupe jusqu’ à ses fesses et  enlève sa culotte en coton blanc. Elle s’allonge sur le dos, branle à l’aide de son index son clitoris, gonflé de désir puis frotte énergiquement avec sa paume toute la surface de sa chatte. Les grandes lèvres sont trop courtes pour recouvrir la totalité de l’abricot. Isabelle lui prend doucement la main :
« A toi de lire maintenant » lui ordonne t elle en lui tendant le livre coquin.
France se relève à moitié, le saisit, un peu hagarde, choisit une page au hasard et débute sa lecture : « Certains scientifiques assurent que le clitoris est la partie la plus innervée du corps féminin. Son gland arbitrerai à lui seul plus de 8 000 fibres nerveuses, soit deux fois plus que le pénis ».
Isabelle dégrafe la robe de son amie et en extrait deux petits seins en forme de pomme pointant d’excitation. France s’allonge à nouveau sur le dos, la tête sur l’oreiller. Elle a tous les avantages physiques pour jouer les vamps auprès des soldats mais son visage, d’une beauté exceptionnelle, exprime une authentique passion, bien trop intimidante pour qu’un homme ose la faire basculer dans son lit.
Isabelle écarte avec autorité les cuisses de France. On ne distingue pas seulement la fente mais aussi le clitoris pointant entre les petites lèvres et même le premier centimètre d’un vagin juteux et disponible. Isabelle embrasse ses poils pubiens, caresse ses hanches, suce sa vulve, enfonce son index dans le vagin de sa bonne copine. Tandis qu’elle tient le livre d’une main, France plonge la seconde dans les cheveux d’Isabelle. Très rapidement, France,  envahie par le plaisir, pose le livre de côté.
Elle exécute un demi tour afin de plaquer sa bouche sur la foufounette d’Isabelle, de façon à goûter aux phéromones qui embaument progressivement toute la chambre.  A cette image d’un 69 féminin, Frédéric attrape sa queue et se branle au rythme des petits clapotis des deux filles enlacées.  Quelques minutes plus tard, c’est au son de « Bluetopia » que les trois jeunes gens se rejoignent dans des cris langoureux de jouissance.  Ceux-ci ressemblent à une sorte d’extase mystique !
C'est une union parfaite de leurs trois âmes, dans laquelle celles-ci se sentent exister pleinement. Sans tout à fait se donner les uns aux autres, ils se sont donnés à  la vie elle-même. 

 

Paris, 1970 : extase psychédélique

 

Le quartier est  calme, les barricades de 68 ne sont plus qu’un souvenir. Un nouveau vent souffle sur Paris, qui me rappelle l’après 1936 et ses avancées sociales, une époque où les gens se plaisaient à rêver d’un idéal de liberté, d’égalité et de fraternité. Pour autant la jeunesse montante des années soixante dix n’est pas gâtée, souffrant du chômage, de l’inflation et de l’ennui.
Je suis dans le vent ! La communauté « des Enfants de l’Amour » a emménagé il y a quelques mois et m’a parée d’un mobilier multicolore et d’une dizaine de lit en ferraille recouverts en jean, matière réunissant toutes les classes sociales,  permettant soi-disant à tous de s’exprimer, qu’il s’agisse de mode, de philosophie ou de politique. Une odeur de hasch parfume l’air ambiant. Tous les titres que l’on a pu entendre à Woodstock servent de musique de fond. Je vis dans un univers psychédélique.
Richard et Mary sont les gardiens des lieux. Ils squattent avec les membres de leur communauté, « la villa Maïna », achetée l’an dernier par un des oncles paternels richissime de la jeune femme, comme placement financier. Les membres de cette communauté ont l’ambition de redéfinir « le beau et le sex appeal » sous la forme d’une thèse qu’ils envisagent de publier dans six mois. Pour certains, le beau c’est l’idéal de naturel des hippies, pour d’autres, c’est l’artifice scintillant des stars du disco et pour d’autres encore, c’est l’attitude agressive des marginaux belliqueux, révolutionnaire et sociaux. 
Ce jeune couple d’une vingtaine d’année a le don de prendre n’importe quel prétexte pour faire l’amour. Tous deux sont des militants actifs du mouvement ‘ Peace and Love’ et vivent des revenus de leurs parents, ceux-ci ayant épousés leurs convictions de peur de se fâcher avec leurs enfants chéris. Je suis devenue un vrai palais des courants d’air, de réunions organisées, de manifestations théâtrales version hippies,  de soirées où tout et tous se partagent.
Richard possède une garde robe d’une originalité surprenante. Il est aujourd’hui habillé d’une sorte de veste sans col, brodée tombant à mi cuisses, boutonnée bord à bord, les manches rapportées étant évasées aux poignets, et d’un  jean serré bleus à patte d’éléphant.  Il adore emprunter les accessoires de Mary et porte  aujourd’hui un collier de lacet de cuir en fausses perles fluorescentes et des bottes de cuir aux bouts pointus et talons hauts.
Assis sur un tabouret en bambou, ramené d’Asie par l’oncle de Mary, peint en rose bonbon, Richard entretient une conversation animée sur la guerre du Vietnam avec un de ses « potes » italien  de passage, lui même vêtu de façon assez excentrique.
Il porte une sorte de veste droite en peau de mouton, à grand col, agrémentée de pattes boutonnées, de poches plaquées et de coutures exposées. Sa tenue se compose aussi d’une salopette de jean bleue, jambes serrées jusqu’à mi mollet et évasées aux chevilles ainsi qu’un  Pull-over jaune, d’une écharpe à raies  bleues et jaunes, de sabots de cuir rouge aux semelles de bois et de socquettes blanches. Malgré le fait que nous sommes mi-janvier, je me demande comment il peut supporter autant de couches de tissus. Lui même est assis sur un tabouret en bambou peint en vert fluo.
Mary me pénètre, les bras chargé de cigarettes, d’encens et de plantes aphrodisiaques. Elle possède un rayonnement mystérieux et érotique.  Sa réserve naturelle semble masquer une grande force dynamique. Sa bouche sensible et le regard intense de  ses yeux verts aux paupières souvent mi-closes lui donnent  un éclat dangereux et captivant, exacerbant les obsessions sexuelles les plus extravagantes.  Elle pourrait être une des idoles de la séduction désespérée ou du désespoir séduisant de la génération  « no future »  à venir  des punks.  Elle est de celles que l’on a envie de voir se prostituer dans un bordel le jour et cajoler un mari la nuit. Elle est habillée d’un pantalon et d‘un pull de velours noir, d’un grand châle de grand-mère orange en crochet, d’une ceinture folklorique faite à la main et de bijoux simples bigarrés de pays lointains. Ses vêtements stricts lui donne un look hippie soigné. 
Elle pose « son panier de ménagère » sur une table en plastique de jardin à l’origine blanche mais devenue violette grâce à la généreuse contribution d’un des membres de la communauté de l’amour, se tourne vers Richard, le renverse sur un matelas,  s’affale sur lui  et l’assigne d’un « Tu dis n’importe quoi !»  tout en l’embrassant fougueusement.
Pas en reste,  John lui retourne son baiser tout en la faisant basculer sur le dos en passant la main sous son pull noir afin d’atteindre ses petits seins parfaitement cylindriques comme deux oranges.
Le « pote » italien se lève calmement, allume un pétard et se blotti contre un de mes murs, les jambes en tailleur et murmure un poème hindou. 
Richard  ôte d’une main experte le pantalon de Mary. Descend le long du corps de sa princesse,  la couvre de baiser jusqu’à la lisière de sa forêt vierge. Elle ne porte pas de culotte comme d’habitude. Sa langue se fraye un chemin à travers sa toison pour atteindre son clitoris. Mary s’abandonne, sous les petits coups de langue de son compagnon, les mains dans les cheveux bouclés de ce dernier. Elle ondule des reins à chaque pointe de jouissance. Ses gémissements en viennent à couvrir la musique de ‘John Bese’ et fait trembler les armatures de ce pauvre lit en ferraille, lequel vit depuis leur arrivée à une cadence infernale.
L’explosion orgasmique de Mary retentie dans toute la maison.
« Baise- moi ! Maintenant j’ai envie de jouir par l’intérieur »
Richard s’exécute, gavé de la potion magique de la chatte de sa compagne. Il déboutonne sa veste et défait son pantalon.  Son sexe en érection est très imposant. Il pénètre Mary avec un mélange de violence et de douceur, face à lui les deux petits seins de son amie dressés comme des I, dansent sous ses coups de reins répétés de plus en plus fort.
Leur communion est émouvante. Mary enlace les fesses de son amant  de ses longues et fines jambes. Ils ne font plus qu’un dans leur balancement.
Dans mon indiscrétion j’entends Mary susurrer à Richard
« Prend- moi par derrière, j’ai envie !» Il  hésite, son énorme sexe n’ayant pas dégonflé, il craint de lui déchirer les chairs. Mary se retourne et prend sa queue jusqu'à la diriger à l’entrer de son cul. Devant le fait accomplit, il introduit doucement son phallus,  force un peu le passage.
Mary à un petit geste de recul mais elle est maintenue fermement par les mains de son amant posées sur ses hanches .Tandis qu’il la lime en faisant attention de ne pas la blesser, Mary, à quatre pattes, ondule de plus belle comme si elle voulait dévorer ce membre qui la défonce de plus en plus profondément.
Elle pousse un grand soupir de jouissance, ce qui déclenche immédiatement l’éjaculation de Richard. Celle- ci est tellement forte que le petit cul de la jeune femme déborde de sperme. J’ai l’impression de vivre une extase hystérique, une espèce de catalepsie. Son visage exprime une joie sublime. Son extase se mêle à des accès d'exaltation, d'excitation lubrique répondant à son insatisfaction instinctuelle ou affective permanente.
Épuisée et repue, elle lance à Richard : « Tu vois c’est nous qui avons raison. Faites l’Amour pas la guerre !».
« Mon romantisme » de chambre à coucher  est comblé. Je  trouve cette époque enivrante


 
Paris, 1980 : extase en devenir

 

Mes murs vivent au son de “Hou, hou, hou staining a leave” et de « Sex Machine » ! Depuis deux ans, le jour où Aurélia m’a réaménagée, j’ai la fièvre du samedi soir comme la plupart des jeunes de cette époque.
Plus les années passent, plus je rajeunie ! En effet ma propriétaire, Aurélia, est âgée d’à peine 18 ans. Elle et moi sommes de bonnes copines (même si elle ne connaît pas ma capacité d’écoute de chambre à coucher) car elle me tient au courant, par l’intermédiaire de son journal intime qu’elle lit à haute voix, de toutes les évolutions de sa vie.
Elle fait partie de ces jeunes filles nées dans les années soixante. Sa différence d’âge avec ses parents est à peine de 20 ans. Ses  rapports avec eux font penser à ceux d’une bande de copains, les uns ne voulant pas vieillir et les autres ne voulant pas grandir.
Fille unique et gâtée, elle m’a choisie pour chambre et relégué ses parents dans une pièce plus petite à l’autre bout de l’hôtel particulier. Elle m’a transformée en un cloître où personne n’a le droit d’entrer sans sa permission. Je suis devenue un  appartement à moi toute seule, Aurélia ayant ajouté à « mes coins » reposoirs, salon et bureaux, une cuisine construite sous la forme d’un bar américain et une mini salle à manger dans son prolongement. Cela lui permet de vivre au sein du cocon familial, « la villa Maïna », comme si ses parents lui louaient un grand studio.
La musique et la télévision fonctionnent en alternance à tu tête. Passionnée par les Arts, elle  fréquente exclusivement des personnes de l’âge de ses parents, écrivains, peintres ou cinéastes, ce qui lui donne une maturité d’esprit étonnante.  Elle tient des propos d’une femme de quarante ans. En revanche, elle a une naïveté de corps stupéfiante. Elle ressemble à une femme enfant, celles capable de brouiller la frontière entre la vierge et la vamp, celles possédant un double attrait. La pureté de l’innocence alliée à l’envie de dévergonder, celles permettant aux adultes de revivre la fraîcheur de leurs premiers émois. Elle n’est pas seulement jolie. Elle possède ce que Monsieur Lagerfeld appelle le « facteur X » : Elle est capable de mille expressions et entretient une sorte d’histoire d’amour avec les appareils photos qui font d’elle une fille photogénique.
« Aurélia, es- tu là ? »
« Monte, Jean Philippe ! Je termine une conversation téléphonique. »
Jean Philippe, sculpteur, est âgé d’une cinquantaine d’années, divorcé trois fois. Il est habillé d’une tenue de plage, composée d’une salopette short en coton à rayures agrémentée de bretelles réglables et d’une large ceinture à carreaux. Dès qu’il me pénètre, elle le dévisage, étonnée par cet accoutrement inhabituel.
« Pardonne moi ma tenue, mais sculpter nécessite d’être à l’aise dans ses vêtements !»  s’excuse-t- il, en lui faisant un baise main digne de 1920.
Il se dirige vers la cuisine muni d’un grand sac plastique duquel il extrait un fatras d’ustensiles, tels que pinceaux, bassines, argile, colle, ect…
Il prépare sans attendre une pâte gluante en argile dans un de ses seaux en plastique sur le sol de la cuisine. Aurélia se blottit au fond de notre grand canapé rouge faisant face au coin cuisine et observe Jean Philippe démarrer son œuvre.
« Pour gagner du temps, j’ai ébauché le modèle hier soir dans mon atelier. Le voilà ! Lui dit il en découvrant d’un drap blanc un corps sur pied sans tête qu’il pose sur le bar américain de la cuisine. »
« Qui c’est ? »
« Toi ! Telle que je t’imagine nue !»
Aurélia sourit,  ses joues rougissent. Jean-Philippe plonge ses deux mains dans le seau, les ressort pleines d’argile et les fait glisser sur les seins du buste, sur  les fesses, s’arrête un temps à l’emplacement du sexe encore non dessiné. Il enfonce alors tout doucement son index dans l’argile molle afin de sculpter l’entrée du vagin de cette  nymphe en chantier.
Aurélia, une main posée sur le bord du canapé et l’autre entre ses jambes croisées et serrées, contemple avec admiration les gestes de cet homme, caressant ce joli corps d’argile. Habillée d’une petite robe fleurie d’un jeune créateur japonais, elle incarne à elle toute seule « la génération d’enfants fleurs » qui commence à pulluler dans les rues parisiennes. Cette fille pourrait être n’importe quelle fille, aussi pute que sainte, jeune call-girl ou diva, fille des rues ou princesse. Peut-être pour rompre un trouble émotionnel, elle se lève et s’approche de lui. Je constate qu’une petite auréole marque l’emplacement où elle était assise. 
« Je peux la toucher ? » lui demande t elle
Il acquiesce d’un hochement de tête.
Aurélia  pose timidement ses mains sur la statue, d’abord sur le torse musclé de la jeune femme,  puis le long de ses cotes, de ses hanches, de ses fesses. Jean Philippe glisse sa main affairée à  construire la forme du clitoris vers celle d’Aurélia et l’entraîne vers l’arête des fesses que leurs doigts parcourent, leurs mains s’entremêlées dans l’argile humide de la statue. Charmée mais apeurée par la proximité de leurs corps, elle retire sa main de celle de Jean-Philippe.
« Il est 13 heures. Je propose de nous concocter un petit plateau repas. » lui propose-t-elle afin d’alléger la lourde atmosphère de sensualité qui remplit dans mes 69 mètres carrées.
Elle contourne le bar américain, ouvre le réfrigérateur sous les yeux amusés de Jean Philippe qui poursuit  les finitions du  relief de sa « dulcinée  en argile ».
« Avec plaisir, Aurélia ! Voix-tu, la seule chose qui me frustre en sculpture, c’est que mes statues ne puissent ressentir des émotions physiques ni s’exprimer même si je leur attribue une langue, des oreilles et une bouche. Par exemple, j’aimerais bien enfoncer, après lui avoir sculpté la tête, un micro au fond de la gorge de celle-ci pendant que je lui titillerais le clitoris. Je suis certain que son cri de jouissance amplifié par le micro réveillerait tout le quartier.»
« Tu aurais du être cinéaste ! » lui dit elle en sortant un poulet froid de son frigidaire.
« J’aurais bien voulu pour influencer des filles comme toi ! Comme l’a dit un certain Turner, il a été prouvé à plusieurs reprises que c’est le cinéma qui a appris aux filles à fermer les yeux quand on les embrasse, ce qu’on croyait être un instinct naturel chez les femmes. Il les a également encouragées à lever un talon (voire les deux)  quand on les enlace, et leur a appris a quand et comment donner des gifles ! »
Aurélia fait le tour du bar américain, s’approche de lui, le poulet  et un grand couteau de boucher à la main. Elle lui dit, en imitant Grace Kelly s’adressant à Cary Grant lors d’un pique nique, dans le film « la main au collet » :
« La poitrine ou la cuisse ? »
« Tu ne manques pas d’humour ni de culture, Aurélia!»
Se fichant de l’accord ou du désaccord de celle-ci, il colle sa bouche à la sienne, et enfonce sa langue tout au fond du palais de la jeune fille, les mains en l’air de façon à ne pas la salir. Tenant le poulet d’une main, le couteau de l’autre, elle n ‘est pas en mesure de le repousser « manu militari » et semble ne pas en avoir l’envie.
Leurs lèvres s’écartent une minute plus tard.
« Ton baiser a failli me faire défaillir, Jean Philippe »
« J’espère bien. C’était à cela que tu étais destinée, à défaillir… contrairement à a statue d’argile dont je ferai la tête une autre fois. Déjeunons ! Le travail est fini pour aujourd’hui. »
Il contourne à son tour le bar américain, se dirige vers l’évier en fonte et se frotte énergiquement les mains sous le robinet d’eau chaude.
Aurélia lui emboîte le pas et sort du frigo, sans un mot, une multitude de petits plats variés et de glaçons, une bouteille d’eau de vie et de champagne.  Elle contourne à nouveau le bar dans l’autre sens les mains chargées de victuaille et les dispose sans un mot sur la table basse en verre poli faisant face au grand canapé rouge auréolé de sa cyprine.
Seul le bruit de l’eau coulant dans la cuve de l’évier en fonte et celui des assiettes sur le verre poli brise le silence.
Il la rejoint, l’enlace et l’embrase à nouveau. Elle passe ses mains sur tout le corps de Jean Philippe comme s’il était une statue vivante. Il défait sa large ceinture à carreaux tenant sa salopette short de plage et lui bande les yeux. Il l’entraîne sur le canapé rouge auréolé et dégage ses seins de la petite robe en voile transparente. Il attrape un verre, en sort les glaçons et les fait fondre un à un sur ses mamelons hérissés d’excitation.
« Aujourd’hui, c’est moi qui vais te nourrir »
Tour à tour, il lui fait goûter  une olive, des cerises à l’eau de vie, une tomate, des fraises, du champagne, des pâtes, du blanc de poulet, des piments, à nouveau de l’eau de vie, du melon, de la menthe et à nouveau du champagne.
Il  soulève les pans de la robe d’Aurélia, repousse son string sur le côté,  prend une gorgée de cerise à l’eau de vie, la recrache sur le clitoris de la demoiselle, et dispose une cerise bien rouge et mure sur l’hymen de la jeune fille et lui dit :
« A demain. Je te laisse en compagnie de ton double statufié jusqu’à demain. Ne bouge pas. Je connais le chemin ! »
Malgré le fait que ses yeux soient bandés, tout l’être de la très jeune femme dégage une  admiration, absorbant tout autre sentiment pour lui. Elle semble émerveillée, enivrée, dans un état de félicité et de ravissement des sens.
Il se lève et claque la porte de mon entrée principale.


 
Paris, L’an 2000 : extase équivoque

 

Patrick, 42 ans, et Alfredo, 53 ans sont coiffeurs dans le show bizz. Ils se sont rencontrés en1997,  à Miami,  chez des amis communs, transsexuels. 
Patrick est l’archétype du Gay friendly très complexé, faisant tout dans l’excès et la démesure comme pour assumer son homosexualité. Alfredo, d’origine chilienne, est exactement son opposé, mesuré, bien dans son corps et sa tête. Il estime que la disparition des frontières politiques et économiques doit s’accompagner de l’abolition des frontières masculines- féminines. 
Je n’ai pas à me plaindre. Jamais personne ne s’est occupée de moi à ce point. Je suis bichonnée comme une princesse. Décorateur à ses heures, Patrick m’a transformée en salon de coiffure.
Après cinq semaines de liftings (peintures, tapisseries, mobiliers, luminaires), je suis devenue l’antre préférée d’une clientèle parisienne bigarrée, argentée, et dégantées en même temps.
Ainsi relookée, je me trouve très désirable et mes nouveaux propriétaires semblent de mon avis. L’ambiance est d’un style techno parade. Trois fois par semaine, Patrick et Alfredo organisent des soirées à thèmes dans mes 69 mètres carrés. J’adore cette nouvelle vie faite de mixages humains et de diversité culturelle.
Il est 22 heures. Un étrange énergumène, que je n’ai pas entendu entrer dans le vaste hall de la « Villa Maïna », transformé en salle d’attente,  me pénètre :
« C’est ici, la soirée mousse ? »
L’énergumène est habillé d’une sorte de combinaison body de nylon extensible noire à l’encolure échancrée et aux emmanchures dégagées par une fermeture éclair partant du plexus qu’il a laissé ouverte. Il  porte également  par dessus la combinaison une sorte de coquille de protection  qui recouvre ses parties génitales, un faux nez phallique et une canne en cristal en forme de godemiché.
« Entre André, lui dit Alfredo. Je te présente Patrick, ma petite copine ou mon petit copain, ça dépend des jours… Ah, Ah, Ah ! »
Patrick, vêtu d’une chemise de coton bleue et d’un pantalon ample crème en lin s’approche de l’énergumène, en fumant une cigarette. Il en tire une bouffée. Avant même qu’il n’ait le temps de cracher la fumée, l’énergumène l’embrasse à pleine bouche. Leurs lèvres se séparent trente secondes plus tard. Un petit nuage de fumée s’échappe de celles-ci. C’est la première fois que j’ai l’impression qu’un baiser peut faire des étincelles !
« Bonjour, André. Que fais tu dans la vie ? » lui dit Patrick, un peu surpris de la spontanéité de leur invité
« Je suis gynécologue » lui répond André en souriant
« André, a toujours été attiré par les trous ! » précise Alfredo en s’esclaffant.
« C’est vrai. C’est d’ailleurs de là d’où vient ma vocation. Depuis l’enfance, je  ne peux voir une crevasse sans m’imaginer une vulve, ni une porte sans m’imaginer une bouche. » leur répond André en souriant
« Ca te fais bander ce métier ? » lui demande Patrick, intrigué par cet aveu
« Je bande presque toujours que je reçoive une adolescente pré réglée, une femme enceinte ou une prostituée atteinte d’une maladie vénérienne. J’aime toutes les fentes, jeunes et élastiques ou boudeuse et molles. Peu m’importe les poils, les petits boutons ou  les lèvres disgracieuses. Toutes les moules ont leur saveur. A mes yeux elles sont toutes belles. »
Alfredo  défait son pantalon et s‘approche de l’énergumène.
« Suce- moi, comme avant, André !»
Celui-ci s’accroupit avec l’élégance d’une danseuse étoile et lape doucement le gland – et uniquement le gland – d’Alfredo. André doit certainement bien connaître les fantasmes de ce dernier pour savoir qu’il déteste que ses amants lui aspirent la queue en entier. D’une main, André lui caresse les poils du sexe, la raie du cul. Il stimule sa prostate comme s’il voulait réveiller un mort ! Puis il introduit  un index dans l’oignon, puis un second doigt. Alfredo se déhanche par petits à coups. Petit à petit, il semble trouver la vitesse de croisière de son plaisir à mesure des va et viens de la langue d’André sur son gland et de sa main dans son cul dilaté, déjà près à recevoir un cornet de glace.
Quelques secondes plus tard, Alfredo déverse un liquide  brûlant sur les joues, le torse, les genoux de son bienfaiteur comme s’il voulait se décharger de sa fureur, ou l’avilir. Celui-ci  frémit comme s’il avait froid. Pour autant il écarte davantage les mâchoires pour avaler l’ensemble de la mixture, de la pisse d’Alfredo.
André se relève avec une dextérité surprenante. Il défait les boutons de sa ceinture de chasteté. Un  minuscule gode attaché par une sangle aux deux cotés de la coquille de protection en jaillit. Il sort d’une poche de la combinaison une petite seringue qu’il pique dans l’objet en plastique. Le gode grossit en quelques secondes comme un sein dans lequel on aurait injecté de la silicone.
André  brandit sa canne.
« Mets- toi à quatre pattes ! » Ordonne-t-il à Alfredo sous les yeux sidérés de Patrick qui allume une autre cigarette.
Alfredo s’exécute immédiatement. André fait claquer dix fois de suite le gland de la canne en cristal sur les fesses de son ami qui ne dit pas un mot. Seuls les sursauts de ses fesses témoignent de la douleur corporelle qu’il doit ressentir. André enduit généreusement le gode en plastique épais et veiné de lubrifiant qu’il sort d’une seconde poche de sa combinaison.
Il est attentif à ce que ses doigts coulissent parfaitement sur l’objet et que rien ne puisse s’accrocher. Il fait alors glisser la monstrueuse matraque de haut en bas dans la raie des fesses d’Alfredo qui  se décontracte peu à peu et qui  va même progressivement  à la rencontre de la bite en plastique. 
Excité, Alfredo commence à tripoter sa queue à nouveau en rut. En quelques secondes, il répand un jet bouillant de pisse sur mon sol dallé. En revanche, aucune goutte de sperme ne jaillit de sa queue. Il réserve, en effet, sa semence à Patrick. C’est sa manière de lui être fidèle, dit-il.
André pousse un hurlement de lionne. Son extase est  bref, intense, éblouissant, sublime. Son esprit se livre à une espèce d’étourdissement qui ressemble à l’accession de l’Eternité, du néant et du plein en même temps.  Il parait être tellement  aux anges qu’il semble en devenir un, lui même. Il semble ainsi, se métamorphoser, en quelques secondes, en un être asexué, ou bisexué masculin et féminin à la fois.
Les deux amants se relèvent. André ôte sa coquille de protection, puis sa combinaison extensible noire. Une plantureuse chatte apparaît, gainée d’un string, confectionné tout autour du clitoris de centaines de petites perles rondes comme des œufs.
Patrick recule de surprise. Alfredo lui prend la main avec tendresse.
« Je te présente Andrée, mon ex-petite copine »
 Le carillon de la porte d’entrée sonne. De mes six baies vitrées, j’aperçois des dizaine d’androgynes, plus rieurs les uns que les autres. La soirée mousse va pouvoir commencer. 


FIN


Maïna Lecherbonnier : http://mainaphrodite.canalblog.com


Proposé par Maïna Lecherbonnier