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Blog Galeries des artistes » Dam3
24.03.2008 16:36:27
Dam3

 

Ce lundi-là, nous marchions dans du coton. Nos classes nous étaient douces. Nous n'avions dormi que quelques heures mais nous flottons dans une nuée de tendre fatigue. Au matin, j'ai accompagné Anne à Valrouge car sa voiture n'avait pas voulu démarrer. Je chantais la chanson si belle de Mouloudji.

 

"Un jour, tu verras,
On se rencontrera
Et la main dans la main, par les rues nous irons..."

 

- Nous sommes rencontrés, Anne et c'est le paradis. Quelque chose me dit que je t'attendais depuis longtemps. Je ne crois en rien. Mais j'aimerais que quelque part, notre bonheur soit écrit, inscrit, comme une nécessité. Ne crois-tu pas que nous vivons l'Utopie ?
- Je ne sais pas. Je ne contente d'être heureuse ici et maintenant.

 

Je lui prenais la main et la baisais. Je savais pourtant que déjà la notion de futur me tenaillait le coeur. Que serait demain ? Et les jours suivants ? Je chantais, comme si nous devions nous rencontrer encore. J'aurais voulu figer le temps et ma bouche sur cette main si douce.

 

"Nous nous arrêterons sur une place grise
Et les pavés seront doux à nos âmes grises..."

 

J'avais l'âme qui grisaillait. J'avais peur du temps implacable qui nous entraîne dans l'entropie. Anne m'embrassait la barbe et soudain l'ombre se dissipait. Ce matin de novembre était exempt de brouillard. La gelée blanche couvrait les champs endormis.

 

- Daria, ta femme, quelle amoureuse !
- N'est-ce pas...
- C'est elle qui mène la danse érotique, tu ne crois pas ?
- C'est une amante merveilleuse, Anne.
- J'ai été subjuguée par son sexe. Il vit, il respire, il se gonfle comme une outre. Elle est très belle lorsqu'elle fait l'amour.
- Tu as aimé?
- J'ai aimé son sexe et notre folie. Mais votre connivence de vieux amants m'a parfois déroutée. Il est arrivé cette nuit  de ne pas savoir où m'insérer dans vos caresses.
- Je t'ai comblée pourtant.
- Oui. Tu as été prévenant, attentif à notre plaisir. Mais tu ne peux nier qu'il existe entre Daria et toi ne complicité sensuelle.
- Sais-tu que, face à vos caresses femelles, je me suis sentis parfois étranger. Je me contentais d'admirer...
- Tu as vécu cela?
- Oui. Je me suis trouvé parfois en marge. Vous étiez si parfaites...
- Mais vous étiez si beaux, si sauvages...
- Il me semble que Daria soit le pivot de notre première nuit. Elle a sans doute été la vraie meneuse de jeu de notre fête.
- Je le crois. Tu sais, elle m'apparaît maintenant beaucoup plus troublante. Je la voyais comme une mère, une ménagère exemplaire. Sans histoire. Et je découvre une amante passionnée. Elle me fascine. As-tu vraiment besoin de moi ? Tu devrais être comblé par elle...
- Est-on jamais comblé ? Oui, Anne, j'ai besoin de toi. De ton rire, de tes yeux, de ton corps, de ta voix, de tout ce que tu es, toi, et qu'elle n'est pas.
- Vous m'effrayez un peu tous les deux...
- Et si c'était cela, vivre en communauté ?
- Tu crois, Mikaël ?
- Je cherche. Il faut pourtant bien un commencement. Il s'agit de savoir si les poètes, les utopistes, les fous ont raison OU pas..
- Et s'ils se trompaient...?
- Alors, tout serait foutu. Il faut y croire, Anne. Il faut croire en nous, en nos caresses, en notre joie. Il faut croire.
- Je voudrais bien...
- Il le faut, mon tel amour tout neuf.
 

Comme c'était doux de travailler avec de l'amour jusqu'à l'extrémité des doigts et des sourires dans chaque paume. Et ce sexe qui s'éveillait par intervalles réguliers, comme s'il était agité des contractions d'avant la mise bas. Sitôt bu le rituel café de la récréation matinale, j'étreignais Daria. Je soulevais sa jupe et lui faisais l'amour contre l'évier. Au loin, nous parvenaient les cris des enfants qui jouaient. Nous étouffions nos gémissements dans un baiser d'ultime souffle. Si les poètes avaient raison... Et tous les fous d'amour et d'humanité pleine. Si Van Gogh ne s'était pas tranché l'oreille pour rien... Cette chaise et cette pipe, toutes seules, dans le jaune de chrome de la pauvre chambre arlésienne. Il y a de quoi pleurer sans honte. Nous ne pleurons pas assez. De chagrin ou de joie. Il nous faudrait laisser couler plus souvent nos larmes d'émotion contenue. Nous sommes, trop rigides, trop sanglés dans le cuir durci de notre morgue arrogante.

 

Qui essayons-nous de tromper ? Si les poètes avaient raison, il y aurait des regards dans les yeux des gens et non cette somme épouvantable de fausse indifférence ; on meurt à cinquante ans d'un cancer au sein, à l'utérus ou au poumon de n'avoir pas assez aimer. J'en ai l'intime conviction. A quoi bon se perpétuer dans le médiocre ralenti d'une vie végétative où le travail morne et le tiercé tiennent lieu d'aventure ? Nous avons tous un champ de blé aux corbeaux dans la tête. Il suffit de savoir le regarder en face.

 

Il s'agit de vivre nos passions, nos pulsions, nos pulsations jusqu'aux plus profond de nos fibres, là où se joue d'instant en instant la partie de poker cybernétique de la vie ou de la mort. Que nos cellules les plus viles, celles de notre cul, de nos doigts de pied hurlent à la vie comme les chiens à la nuit. Car les corbeaux sont là, sur le ciel bleu noir, prêts à nous becqueter. Les oiseaux maléfiques sont dans nos têtes comme des chauves-souris dans un clocher. Nous devons à tout instant faire sonner les cloches de la vie dans un incessant carillon d'amour et regarder le vent courber les blés trop lourds de nos moissons futures et présentes.

 

Je  savais que c'est un enfant faible et fragile qui avait fabriqué ma grosse tête d'intellectuel barbue et patriarcale. J'étais un adorateur de vulves et de ventres aux foetus galopants parce que j'étais d'une maladive timidité avec les filles de mon adolescence. J'étais un juif allemand qui, sortant tout droit de son ghetto et de mille pogroms, réinventais la relativité, l'inconscient et la lutte des classes. La marginalité engendre l'intelligence. Je suis un nègre révolté qui, malgré sa blondeur viking déclare que "Black is bautiful !".

 

Noir... couleur de la négritude, de l'anarchie et de la nuit. Nous ne savons pas être à la hauteur des rêves de nos nuits. Insidieusement, la clarté du jour effaçait notre folie nocturne et nous laminait de sa meule de blanche farine. J'étais un éternel persécuté qui se vengeait en s'inventant un monde où il serait interdit d'interdire et où l'étalon-fric céderait le pas au flot sacré de la jouissance.

 

Anne me téléphonait à midi pour m'annoncer que son sexe palpitait et que notre odeur de mer et de sous-bois la suivait jusque dans son eau de toilette.

- Anne, j'avais raison. Il est possible d'aimer plusieurs êtres à la fois. Je retrouve aujourd'hui ma joie de Mai. Soixante-huit était plein d'un air chargé d'amour et de liberté. Nous sommes les vrais enfants du mois des camarades. Tu sais ce que signifie camarade ?
- Non.
- Le mot vient de "camara" : la chambre. Comme les compagnons sont ceux qui échangent le pain, les camarades partagent la chambre.
- Je t'aime, camarade.

 

Ainsi nous étions en vie, et pour de bon. Les enfants de nos classes souriaient à notre béatitude. Les poètes ont raison et les rêveurs aussi qui réinventent jour après jour un monde fraternel. Il est essentiel que les poètes aient raison. C'est pour moi, c'est pour nous, c'est pour l'espèce toute entière une question de vie ou de mort.

 

Ainsi les nuits succédaient aux nuits et aucune nuit ne ressemblai à la précédente. Il y avait eu celle où Daria avait tant et tant joui qu'elle tombait du lit et nous faisait éclater de rire. Il y avait eu celle où je leur criais : "Je vous aime !' d'une voix si grondante qu'elles en étaient imprégnées jusqu'aux tréfonds de leurs chattes aquatiques. Il y avait eu celle où Daria nous hurlait : "Je vous aime!' en faisant tournoyer son cul derviche sur me pine de cocagne et en fouillant le sexe d'Anne avec une virtuosité de dactylographe. Il y avait eu celle où, empalée sur ma queue, offrant se cliquette minuscule à la langue de me compagne, Anne chantait : "Je vous aime !"  dans un refrain de gémissements.

 

Il y avait eu des nuits de douces caresses et des nuits où nous avons tout osé. Des nuits de finitude et des nuits de recommencement, des nuits d'aurore boréale et des nuits de traversée du désert, des nuits de saturnales et des nuits bacchanales. Des nuits où le lit roulait sous la houle de nos corps en moiteur et des nuits où notre couche flottait sur les nuages de nos têtes. Ma verge ressemblait tantôt à une agressive matraque, à une aubergine violacée, à un macaroni cuit, à un bout de réglisse en rouleau, à un berlingot mordoré, à un morceau de boudin blanc, à une moelle épinière de lapin...

 

Anne me la garrotait, à l'espagnole. Daria en flattait le gland douloureusement congestionné. Anne me griffait la peau des burnes. Daria me faisait rouler les testicules dans leur mince sachet de membrane grenue.

 

Après l'amour, après qu'elles m'eussent bien pompé, après qu'elles se fussent caressées jusqu'à l'aridité de leur vulve, nous dévorions des plats entiers de semoule de blé au caramel. Je dois à la vérité de dire que cette friandise, d'ordinaire, me flanque des brûlures d'estomac. Je dois avouer que, la bouche encore pleine de leurs sécrétions vaginales, j'engloutissais des monceaux de semoule sans que cela me causât le moindre trouble. Un rituel s'était imposé.

 

Daria ou Anne enfilait un peignoir et allait jusqu'au frigo quérir des fruits et un plat de semoule. Nous nous installions ensuite sur des oreillers, dans le plumard dont j'occupais le centre. Je posais le plat sur mes genoux et, de la cuillère ou bien des doigts, nous puisions en riant la pâte granuleuse et sucrée. Après quoi, comme des singes, nous pelions des oranges  et des pamplemousses. Le jus coulait dans me barbe et elles le récupéraient en me léchant. Elles avaient les seins poisseux de jus d'orange et je m'empressais de les nettoyer de la langue.

 

Le rire accompagnait ces agapes païennes et nous nous imaginions avec des bites plein les mains, éjaculatrices de fluide sperme multicolore. Cinq pénis par main : de quoi pénétrer tous les multiples orifices que nous nous inventions. Au bout du compte, nous devenions des monstres de dessins animés, couverts de vulves et de pines, martiens érotiques aux innombrables tentacules, toujours prêts à éjaculer, à gicler ou à baver des sucs glandulaires.

 

Anne riait de son rire clair. Daria se roulait dans les draps défaits et je pouffais, dans ma moitié d'orange. Elles mangeaient des quartiers de pomelos sur mon ventre et posaient le demi-fruit évidé sur la pointe de mon sexe bandant, inventant ainsi un joyeux champignon palpitant Leur toison sentait le sel, la pulpe d'agrume et le caramel. Je me repaissais de ces saveurs innombrables dont nous inondions nos corps. Et le rire était roi.

 

Comme nous risquions par nos bruits de réveiller les enfants qui dormaient près de nous, nous décidions d'installer un matelas dans la salle de séjour. Là, nous pourrions profiter de la musique, de la proximité du réfrigérateur, de la coupe à fruits et des alcools.

 

J'avais décidé de les peindre toutes les deux et pour cela, je brouillonnais au Polaroïd. Entre plusieurs pintes de fou rire, j'exécute une série de clichés aussi détestables les uns et les autres. Certains sont trop sombres, d'autres trop clairs, d'autres encore tremblés et, qui plus est, toutes les photos sont mutilées d'un trait blanc baveux et transversal qui défigurait les corps de mes belles compagnes.

 

J'aurais aimé me mettre à peindre sur le champ mais l'opération Polaroïd m'avait transformé en cafetière. Regarde, voyeur mon frère, regarde des corps nus de femmes impudiques! Tu banderas de la queue ou de la tête, se sera selon. Mais tu banderas irrésistiblement des deux organes si tu colles ton oeil derrière l'objectif d'une caméra ou d'un appareil photo. Le cadre noir du viseur change tout. Il devient trou da serrure. Un cul devient plus qu'un cul lorsqu'il est enchâssé dans le rectangle noir de l'image. Une vulve devient pierre précieuse dans son écrin de velours noir.

 

Je me déshabillais. Elles prenaient conscience - comme on dit - de mon émoi. Et moi je savais que je ne pourrais pas encore peindre ce soir. Je plaçais une bande des Pink Floyd - Noblesse oblige ! - sur mon magnétophone et je me ruais, pine en figure de proue, sur le premier vagin qui m'était offert. C'était celui de ma compagne. Je la besognais à la missionnaire tandis qu'Anne lui caressait les seins et l'embrassait. Mais mon excitation était trop grande et ma roideur ne tenait pas ses promesses. Je me retirais sur la pointe du gland et les laissais s'enlacer sur le matelas cru. Je m'agenouillais entre leurs mollets de pouliches et incrustais  trois doigts de chaque main dans chacun des deux conins qui s'ouvraient sous mes yeux. Je me retrouvais ainsi ganté de femelles. Mes bras se prolongaient, à travers leur fournaise juteuse, jusqu 'à leurs bouches qui se taisaient.

 

Des liqueurs dissemblables coulaient contre mes paumes. Daria jutait à pleins tuyaux. Anne laissait dégouliner sa colle à papier peint. C'était chouette! Je portais des mitaines en muqueuse de con et je battais en neige leur dansant petit créziou. J'étais tellement impressionné par cet acte de double et profond farfouillis que j'en oubliais de triquer. Elles s'en apercevaient et m'installaient entre leur corps humecté de sueur. Cette fois, je ne résistais pas à leurs conjointes caresses. Je bandais comme un âne et enconnais somptueusement Daria qui, à cheval sur mon ventre, se mettait au triple galop et venait cogner son col utérin contre ma balane goguenarde.

 

Elle laissait soudain la place à Anne qui venait s'emboîter à moi d'une seule poussée. Pour une fois, les nymphes barricades s'étaient écartées d'elles-mêmes. Son vagin se sphérisait et son vestibule annelé m'enserrait fortement la base du pénis. AAAAARRRRRGGGGGLLLLL ! YEAHHH ! Sublime! Vous m'en remettrez ! Mais elle défournait à son tour et penchait son visage vers mon cornet à piston. SPLATCH ! Trop tard ! Je lui giclais dans l'oeil et Daria récupérait les morceaux du bout de la langue.

 

La diversité des sexes m'a toujours étonné. Daria était pourvue d'une longue fente qui permettait l'enconnage avant autant que l'enconnage arrière, sans bavure, d'un seul coup de reins. Il me suffisait de lui glisser une main dans le slip pour atteindre illico son petit noyau de mirabelle. Anne présentait antérieurement une barrière iliaque qui obligeait le doigt à se recourber vers la voûte plissée de son mignon conduit. Lorsqu'elle me chevauchait, Anne me râpait la quignolle de son pubis bizarrement infléchi.

 

Une nuit, alors que, coïncidence, elles étaient en morne temps indisposées, j'arrachai leurs tampons périodiques et je fis un cocktail noir de leurs caillots de sang ovarien sur mon gland d'heureuse insouciance.

 

Que ceux qui n' ont jamais pêché pendant les menstrues me jettent le premier Tampax !

 


Proposé par Michel Debray