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Blog Galeries des artistes » Les Baux
10.03.2008 08:53:43
Les Baux

Dring, pile 9 heures, je me lève, aujourd’hui je suis invité à un vernissage.

 

En 2 temps 3 mouvements je suis sous la douche, décrassage rinçage essuyage et me voilà vêtu d’un jean, dune chemise de flanelle, un jus d’orange au passage, accompagné d’un petit gâteau au miel de sa fidèle amie Leila et hop sur la moto direction les Baux de Provence : une certaine Anaïs expose ses peintures et sculptures.

 

Une fois sur place, très amusé de ce brouhaha de gens dit " branchés " je décide de commencer ma visite par le 3éme étage.

 

Au fond de la salle un petit tableau appelle mon regard. Couleur safran, il met en scène une jeune femme semblant danser au-dessus du sol, face à un homme nu. L’intensité des regards, les couleurs chaudes happent mon esprit : je suis fasciné.

 

Soudain une voix féminine m’explique qu’il s’agit là d’un rituel d’amour où la danseuse effleure, caresse, mord, lèche, embrasse cet homme quelle a choisi, pour une nuit d’amour.
Ce dernier ne doit surtout pas bander pour montrer la maîtrise de ses sens, sinon dans cette tradition tribale, il la perdrait, me susurre t-elle dans l’oreille, amusée de mon intérêt pour cette toile.

 

Troublé je m’aperçois qu’Anaïs elle même me regarde,  la main sur mon épaule, son souffle parfumé caressant mon cou. Intimidé par cette troublante rencontre, je décide de quitter à pas de chat la galerie pour reprendre mes esprits, m’abandonnant dans les rues de ce magnifique village du Seigneur des Baux. Je ne sais pourquoi, mais la quiétude des anciennes bâtisses de ce fief a toujours été pour moi source de paix intérieure.. Je ne compte plus le nombre de fois où je suis venu me perdre ici pour me retrouver.

 

Les heures s’égrainent dans la chaleur, ponctuées par un sandwich à 13 heures et un thé vers 16 heures. L’esprit en pleine ébullition, je décide aux 6 battements de la cloche du soir de retourner à la galerie.

 

La douce pénombre de la salle d'exposition contraste avec la luminosité du village nimbé de soleil ; je me retrouve aveugle le temps que mes pupilles s'habituent à cette nouvelle clarté.

 

Quelques visiteurs chuchotent leur émotion devant les toiles exposées au rez-de-chaussée. Les mondains se sont déjà retirés, probablement après avoir écumé les réserves de petits fours. Sans bruit, pour ne pas rompre leur méditation, je file au 3ème étage, vers ce carré de 60 cm de côté dont les couleurs gambadent dans mon esprit depuis plusieurs heures.

 

Je cherche Anaïs du regard.. mais ne la trouve pas. Elle sera certainement partie fêter le succès de son vernissage avec ses amis, dans un des restaurants tout proches pour finir la soirée dans la cave à vin réputée à l'entrée du village. J'irai peut-être à sa rencontre plus tard..

 

Pour l'heure, je contemple le mouvement des corps habillés de lumière. De petits aplats de peinture donnent du relief aux personnages, matérialisent le décor stylisé. Je m'assied sur le banc central , m'imprégnant de l'univers de la pièce et de son silence à peine rompu par un papillon orangé qu'une vitre retient. Il me rappelle un certain papillon bleu, qui sait si malicieusement se poser là où il faut quand il le faut. L’atmosphère sculpturale sen trouve soudain allégée.

 

Me voilà devenu héros de la belle et la bête, face à ces statues et ces portraits aux yeux figés.. Mais pourquoi ai-je fuis devant cette magnifique créature aux yeux émeraude ? Timidité ! Ce nest pas mon style, en tout cas me voilà réduit à danser en pensée avec l’héroïne de ce petit tableau, qui me soulève de son souffle parfumé et fait chavirer mon âme.

 

Les rayons du soleil couchant s’infiltrent par les fenêtres basses, paillettes de lumière en suspension dans l’air. Le papillon s’y baigne un instant, avant de disparaître de mon champ de vision.

 

Je rêve de partager avec la douce Anaïs mes pinceaux en concours " chevaleresque " qui pourrait se terminer par un délicieux patchwork de couleurs et peut-être..

 

Un bruit sourd se fait entendre au rez-de-chaussée, comme une lourde porte venue rejoindre son dormant. Je m’apprête à redescendre quand une ombre attire mon attention dans un coin : une femme. Je ne distingue pas son visage, camouflé par sa chevelure noire, mais la vision qui s’offre à moi m’émeut immédiatement.

 

Elle se tient immobile, vêtue dune unique jupe noire tzigane qui lui descend jusqu’aux pieds, visiblement nus aussi. Ses seins se dressent, insolents, soutenant mon regard. Mon corps répond, dressé de toutes part.

 

Un éclair vert perce les longs cheveux d’ébène.
Le temps s’est arrêté, mon coeur bât à exploser, fantôme ou réalité, envoûtement ou magie du désir ?
Je tends timidement ma main vers la sienne, elle la saisit fermement comme pour m’inciter à danser le flamenco, l’érotisme de nos corps s’invite sur mon âme mise à nue. Je distingue une bouche audacieuse, une ferveur nouvelle s’empare de moi. Je capte son regard et y distingue de tendres sentiments, mêlés de déraison. Je suis face à une reine fantastique, étincelante comme l’aurore, capricieuse et pleines de désir. Elle m’offre l’espoir dune nuit d’ivresse, la folle fusion dune étreinte infinie, le plaisir à l’état pur.

 

Jolie Anaïs, qui tourne faisant virevolter sa robe, coquine Anaïs dont on devine la nudité sous cette étoffe noire, terrible Anaïs dont les yeux verts brillent du festin qui s’annonce.

- Enlève tes vêtements Chuuut, ne dis rien... Je te veux nu. Elève ton esprit vers la spiritualité, abandonne ton corps.. Vole.. Rejoins moi. Maintenant. Viens, je t’aime.

 

Que me demande-t-elle là ? Jamais auparavant ne me serait venue l’idée d’obéir, et pourtant je m’exécute sans broncher. Ma raison s’éloigne de mon corps, laissant les commandes à mes sens enfiévrés.
Hypnotisé par cette beauté intemporelle, je déboutonne un à un les boutons qui ferment les pans de ma chemise. Lentement, très lentement pour ne garder finalement que mon pantalon, dernier rempart de pudeur.

- Nu, je te veux nu, répètent ses yeux.

 

Mon dos prend appui contre la pierre froide, mes mains libèrent le bouton de la ceinture. Je suis nu, sous mon pantalon. Oui, une envie, comme ça, en m’habillant ce matin. Ma virilité s’échappe brusquement, dans un sentiment où se mêle fierté et gêne.

 

Anaïs s’est immobilisée face à moi :

- Enfin, je te retrouve, mon Seigneur..

 

D’un geste précis, Anaïs achève de m’effeuiller. Vaincu, mon pantalon tombe à terre.

 

Tant d’inconnu dans ces corps reconnus, je veux la lécher comme une chatte ferait à ses petits. Elle semble lire dans mes pensées, soulève sa jupe et m’invite comme une éclipse à couvrir de mon visage sa lune délicatement rasée, dont je savoure la forme parfaite. Dans la douceur, j’humidifie ses lèvres jusqu’à son bouton d’or que je perle de rosée. Charmée, elle s’ouvre davantage pour recevoir cette lecture de langue rythmant ses proses haletantes.

 

Mes mains imperceptiblement caressent ses seins tout en massant la pointe de ses tétons, sa respiration se fait à la fois plus rapide et plus ample. Je sens l’ivresse m’envahir, saoul de ses sucs corporels aux goûts divins que son corps m’offre.

 

Comme un papillon posé sur ma langue, son sillon s’ouvre et se referme, vacillant du plaisir reçu. Ses doigts se fraient un passage dans mes cheveux fous, cajolent ma peau assoiffée d’elle, enhardissent mes ardeurs. Elle se tortille, sa jupe retombe sur moi. Privé de vue, isolé dans ce cocon de coton, je suis projeté dans ses parfums, leur flagrance intensifiée par toute l’attention que je leur porte. Je suis nez dans la grâce de l’Eden, je suis cerf bramant son naseau excité, je suis enfin moi, homme dans toutes les fibres de ma chair.

 

Les gémissements qui me parviennent étouffés m’élèvent vers les sommets du désir mais je ne veux rompre son cheminement d’extase. je reste ainsi, accroupi devant elle, isolé dans ses tissus jusqu’à ce qu’un feulement à la voix rauque m’attire à nouveau près delle.

 

Son visage marqué de jouissance se tourne vers moi, je l’admire. Elle est si belle. La courbe de son menton délicat, le lobe d’oreille finement arrondi, ce petit nez légèrement duveteux, les taches de son.. et ces yeux varech emplissent mon être.

 

Je découvre la beauté comme un aveugle recouvrant la vue.
Ses yeux m'ordonnent à nouveau de ne pas frémir... ils me clouent derechef, mieux que ne le feraient des cordes ligotant mes poignets! Frémir.. Je ne peux m'empêcher! mais ne plus bouger me semble un jeu d'enfant , pris dans ces hypnotiques commandements érotiques!

- Je t’ai choisi pour amant, murmure-t-elle. Veux-tu explorer le tourbillon de l’amour avec moi ? Es-tu le digne héritier des saigneurs ?
- Seigneur ? ? Je ne sais pas.. Quelle preuve veux-tu ?

- Il te faut te montrer maître de ta sexualité pour que les portes du plaisir divin te soient ouvertes.

- Je te sais capable de dominer tes pulsions. Le veux tu ?

 

Elle relève un pan de sa jupe quelle accroche à sa taille d'un geste fluide... Danse affriolante....découvrant ainsi une scène théâtrale : 2 longues jambes fuselées.. S’éclipsant, se révélant alternativement, dans un tourbillon rapide ou lent...Cadence effrénée d'un jeu de tissu et de peau ambrée...Strip-tease infernal et angélique!

 

Je sens son énergie, face à moi, sa robe frôlant mon sexe et mes muscles bandés...ses lèvres s'approchant dangereusement des miennes... son corps s'offrant en clair-obscur à mes désirs....D'un coup de rein, elle s'arc-boute, jeu de bras aériens... son ventre rejoint mon épée prête à sabrer la belle! Je me concentre. Je vais le vide en moi, ne voyant d’elle qu’un dessin de vie à la rencontre dune autre esquisse. Traits, vides et pleins occupant l’espace dans une magnificence de la nature, je découvre la quintessence des sens, je débande..

 

Soudain, me voilà figé dans ce tableau. Sortez-moi de là, mais quelle est cette magie ? ! Je la griffe de bas en haut, son dos saigne, son sang devient feu purificateur. Elle me mord la lèvre, je saigne à mon tour, mon sang devient couché de soleil. Elle me fustige du regard, ses yeux se changent forêt. Je hurle, mes cris se transforment oiseaux

 

Dans cette aura insensée, le tableau renaît, me voilà enfermé et exposé dans cette galerie, soumis au regard des badauds, étrangeté et sensualité à fleur de peau.

 

Quel sera le prochain tableau ? Messieurs, prenez garde, évitez d’admirer de trop près les oeuvres d’Anaïs.


Proposé par lhassazen