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Blog Galeries des artistes » Simple visite
24.03.2008 17:53:03
Simple visite

        
                
  Le diable frappe à ma porte. Je vais le laisser entrer. Une plaque de bois sombre nous sépare. Mon regard inquiet interroge ce mari impressionnant qui est assis dans le sofa. Placide, dégingandé, presque négligé dans son short blanc et son tee-shirt d'un maïs commun, il a l'air si détendu ...

 

  Mes mains défroissent, geste machinal, la petite robe malachite qui serre mes hanches et dessine mes seins lourds. Il est 23h50. L'heure du crime ?

 

  Mes doigts malhabiles font tourner la clef dans la serrure, appuient ensuite sur la clenche froide en fer. Par la porte entrebâillée j'observe une femme inconnue. Sa haute silhouette comme un rideau entre dehors et l'entrée attend mon invitation à pénétrer dans l'antre de ce couple dont elle connaît l'homme puisqu'elle a travaillé avec lui.

 

L'artiste peintre en moi note ses yeux en oblique, étirés, les pupilles tabac, ce je-ne-sais-quoi de presque oriental dans l'expression. Le visage s'inscrit dans un carré sous les pans de cheveux auburn et le nez un peu cassé est relativement petit.

 

  D'un sourire que je voudrais amène je l'invite à franchir le seuil. Elle ne me rend pas le sourire mais accepte la bise de bienvenue. Sans doute se demande-t-elle si ce baiser est de poison.

Normal qu'elle soit crispée, ou angoissée.                                                                                         

 

  Lorsque au-dessus de ma modeste stature elle penche ses épaules, je goûte son délicieux parfum avec une arrière pensée :

cet effluve fleuri s'est-il déposé sur lui quelquefois ?                                                                                               

 

  Il s'est levé. Il l'accueille, nonchalant, appose deux baisers sympathiques sur les joues de Lise, elle s'appelle Lise, et s'enfonce à nouveau dans le canapé d'angle. Orange, avec des ocres déclinés, le canapé.

 

Je l'invite à s'installer entre nous. Juste avant, j'ai observé ses fesses pleines, les hanches larges, le ventre plat, le piercing turquoise de son nombril. Et les seins en absence. Elle porte des jeans près du corps et un gilet kaki, zippé en son milieu. Dessous, un caraco noir mis en valeur par le zip arrêté sous la poitrine.

 

  Il lui parle, c'était bien la pièce de théâtre, ces femmes qui viennent de Vénus tandis que les hommes, eux, sont des martiens, et nos anciens collègues de travail, comment se portent-ils depuis que j'ai changé de service ... ? 

 

  Il détend l'atmosphère et c'est bien. Elle répond gentiment. Je sers les cafés. Peu importe que le café ne favorise pas le sommeil, il est prévu que la soirée soit longue.

 

  Des sentiments étranges, des sensations paradoxales me prennent d'assaut. D'abord cette fragrance qui m'obsède. Parfum de démone. Envoûtement de fleurs obscures, sensuelles. Corolles d'aniline m'entraînent au bord des limbes d'un désir que je sais déjà dangereux.

 

Des fleurs du soir m'appellent et me tentent et m'énervent. Je n'entends pas les mots échappés des lèvres charnues. La bouche à peine rosie par le gloss s'anime en douceur. Le regard, qui me détaille sans le montrer vraiment, est paisible.
                                                                                     

  Se peut-il qu'elle soit mon ennemie, au final ? Sont-ils amants ? Dans ce cas, pourquoi courrait-il autant de risques ? Il manquerait de sagesse à nous mettre en contact ... 

A quel point l'aime-t-elle ?                                                                                                                   

 

  Car, à l'évidence, pour avoir accepté de venir chez nous, livrée sans défense apparente à mon ire ou mes questions ou mes attaques, livrée comme un cadeau vivant à ce joug éventuel, livrée à ma main qui bientôt caressera ou brûlera les pigments clairs d'une peau qui attire et sent bon, qui sent si bon, livrée, offrande sensible, tentation aux mèches rouges, livrée sans condition sinon celle du plaisir, elle l'aime.

 

 D'un amour grand, de ces amours infinies, de celles qui voguent en démesure, s'écrivent, partitions grandioses, se gravent dans des chairs qui ont baissé les armes, vaincues de passions, obscènes ou retenues.

 

 Pour l'aimer ainsi, c'est que vers les faîtes de la jouissance, vers les orgasmes les plus fous il l'a conduite, non ?

 

  Rien n'est moins acquis, ces idées-là que je me fais, ces images que j'invente, des images qui me rendent folle quand dans ma tête je les vois, me conduisent sur les terrains vertigineux de la jalousie, de la douleur, si injustifiée, si irrationnelle soit-elle, ce bouillon d'incertitude auquel je me fie malgré moi, tout cela ne m'autorise pas à me dire clairvoyante. Cela me l'interdit.

 

  Oui, de cet amour que je connais, ressens, respire en continu, seconde après seconde, un amour si fort que je me souviens de chaque orgasme vaginal que les mots qu'il murmurait à mon oreille m'ont inspiré. Je m'en souviens, des orgasmes intenses qui grimpaient lentement au départ, se suspendaient par palier d'ivresse, explosaient dans mon ventre et ma cervelle, inondant ce bas ventre immaîtrisable, libérant des hordes de fourmis grouillantes, déstabilisantes, sous mes cheveux. Qui lâchaient les fourmis sous l'épiderme de mon visage. Les fourmis allaient et venaient au bout de mes doigts, engourdissaient mes cuisses détendues. 

 

                                                                                       
  Les fourmis circulaient, libres, dans chaque particule de mon corps quand dans le secret de mes cuisses tièdes coulait un liquide magique, une eau claire mais épaisse, une eau d'amour, comme une essence légère, une huile fluide. Pas une éjaculation féminine, pas de cette mystérieuse fontaine qui jaillit de certaines femmes, non, une coulée suave qui enchantait mes papilles si à ma bouche je la portais, autour d'un doigt.

 

  Je m'en souviens. Il ne murmure plus à ma peau, écarte les mots. Il n'écoute plus les vibrations de mes muscles qui appellent au plaisir, les contractions de mon nid intime qui toutes lèvres ouvertes s'apprête à libérer un rire éclatant. Il fait l'amour en dilettante et je n'apprécie pas. Il fait l'amour en dilettante, je le lui ai dit. Il a répondu non, je ne vois pas, je fais comme avant. Tu racontes n'importe quoi. J'ai ajouté je le prouve, tu ne m'embrasses plus, plus du tout avec la langue, avec envie, désir. Tu ne m'embrasses plus ainsi, ni quand on fait l'amour, ni juste pour embrasser. Voilà, c'est une preuve. Il a conclut décidemment tu affirmes n'importe quoi.

 


  Ca a duré longtemps ainsi, plusieurs mois. De dispute en dispute et en discussions  stériles, des monologues absurdes qui m'épuisaient, m'attristaient, j'ai capitulé, résignée.

 

  Le temps a passé et je l'ai regardé vivre, appeler Lise au téléphone le dimanche pour échanger tout et rien, entendu dire que Lise était gentille. Sous-entendu que je ne l'étais pas ? C'est là que j'ai commencé à douter de cette amitié qu'il entretenait avec Lise.                                                                                         
                                                                                                                     

  N'empêche, l'été dernier, mais l'été est propice aux ébats j'en conviens, il m'a réveillée une nuit pour une singulière orgie. Bien sûr nous avions parlé, et rit, et parlé et rit, comme parlent et rient les amoureux nouveaux. C'est étrange après dix ans de mariage et de fraîches disettes. 

 

  N'empêche.

 

  Entre les draps humides de sueur du vieux lit, il m'a prise. Sa bouche a ouvert la mienne. Langues emmêlées, complices, débordantes de salive, langues qui voulaient du sexe.

 

 

 Surprise, les jambes très écartées,  j'accueillais sa bite dure et large et longue, bienveillance inattendue, et les secousses régulières dues à ses coups de reins précis. Il mordait fort mes gros seins, les pétrissait, les malaxait.  Mordait le tendre de mon cou, mordait et aspirait par morceaux choisis mes cuisses ruisselantes.

 

  N'empêche. Il m'a ordonné d'aller avec lui dans la salle de bain. Assieds-toi sur les toilettes, écarte, pisse, je viens, ahan, et encore et encore. Deux minutes je vais boire, surtout ne bouge pas. Non, je ne bouge pas, aucun risque que je bouge de là.

 

 N'empêche.  Il a incliné mes hanches vers lui,  à peine de travers, délicatement il a ouvert mes fesses, avec fermeté les a séparées. Sa verge a visité mon anus qui,  furieux, suait aussi.

J'ai joui intensément. Depuis, malgré le monotone répété du quotidien, nous nous entendons mieux, il est vrai.                                                                                           

 

  Alors n'empêche, puisqu'une telle nuit, constellée d'étoiles scintillantes, merveilleuses, au firmament de ces plaisirs qu'on dit charnels, échos amis de mes activités intellectuelles, de mon amour de lui, s'est distinguée, il pourra bien en surgir d'autres dans le volcan de nos pulsions sexuelles.

 

  C'est un peu pour ça que je lui ai suggéré de la faire venir chez nous.

Pour ça et pour combattre ma jalousie.                                                                                                          

 

  Maintenant elle se tient là, assise dans nos velours. Elle trouve le café savoureux, m'avoue apprécier les personnes cultivées. Alors nous échangeons quelques banalités sur les livres. Mais elle lit si peu. La conversation dévie sur leurs relations communes. C'est normal, pour l'heure elle et moi ne possédons rien en partage. Elle parle de cette femme au bureau que les hommes trouvent belle parce qu'elle a des reposoirs avantageux. Je la rassure sur  ma propension : je préfère les fruits petits et fermes. 

 

  Elle me pose une question.


  - Tu échangerais tes gros seins contre des petits ?    
 
  A cela je réponds non.

 

  Parce que je suis pulpeuse, c'est mon physique depuis longtemps, une croupe arrondie, ferme, et un balcon qui pousse au phantasme. Bien sûr je ne dis  pas  ça, je dis juste non, mais le reste, elle le voit.

 

Il nous sert une liqueur crémeuse, très sucrée. Je remarque que ses yeux sont rivés sur l'arrière-train de Lise. Comme moi, il a vu le haut du string qui dépasse du pantalon. Il est à fond, ses yeux transpirent d'une faim qui m'agace.  Que faire ? Il est trop tard pour renoncer.

Deux heures du matin. Elle ne partira plus, même si elle se décroche la mâchoire d'un soi-disant sommeil devant lequel personne n'est dupe.

Sa voix assure il est tard, son cul reste fixé sur mes coussins.                                                                                       

 

  Il sourit. Il est beau aussi quand il sourit. Il est beau au point de me faire douter de mon envie de ce partage. Bien plus grand qu'elle, tout en longueur, tout en sombre.

 

 Un torero dans l'arène. Vais-je bientôt avoir droit à une mise à mort ? Il se lève, invite à ce qu'on le suive. Elle hésite, demande s'il est possible d'avoir uniquement des prémices. Je sais que c'est non.                                                                                                             
                                                                            

  Dans la chambre il nous entraîne. ?te son gilet kaki, élimine le caraco. Reste un petit soutien-gorge fleuri qu'il saisi à pleines mains. Il est dans son dos. Je ne voudrais pas l'effaroucher, la blesser. J'effleure cette poitrine rare, du bout des ongles, du bout des doigts. Nous nous déshabillons pour mieux nous étendre sur le lit conjugal. Il l'embrasse à pleine bouche, fort, volontiers. J'ai du mal à soutenir les images. Je ferme les yeux et mes doigts se promènent sur la peau de Lise comme on  aborde un clavier. Elle cherche ma bouche, je ne m'y attendais pas. Elle trouve mes lèvres, ma langue, oui, elle embrasse bien. Rassuré par cette attirance, il prépare sa verge dure, sa verge si belle. Depuis quand ne l'avais-je vue aussi fièrement érigée ?

 

Il enfourne dans le con de Lise ce glaive guerrier. Commence  la danse, la sarabande.  Lascives vagues tandis qu'elle m'embrasse, goûte à mes seins, gourmande, laisse oeuvrer ses doigts avec dextérité. Je crois qu'il m'oublie. Il a ses mains qui appuient en bas du ventre de la belle, appuient, appuient, font jaillir  beaucoup de liquide du vagin.

 

Ejaculation je le sais, comme je saisis qu'il n'y a pas d'orgasme en parallèle. Je n'en peux plus de regarder mon mari faire l'amour à une autre qui gémit sous son poids. Pourtant elle reste soudée à moi, tendre et douce. Il vient un peu en moi mais il réserve ses forces. Retourne à la charge en passant par cette petite porte intime qu'il ouvre sans qu'elle émette de protestation. Est-ce qu'on sodomise la première fois ?
C’est en elle qu'il finira, répandra son foutre dans un coup de reins coup de grâce.

 

  Je n'ai jamais été vaincue aussi facilement. Car il s’agit de ma défaite, sur moi-même, sur le désir de Vincent, ce mari dont je redoutais les réactions, et à juste titre, avant d’ouvrir ma porte à Lise, sur Lise, qui, à cet instant précis, redevient ce qu’elle n’a pas cessé d’être : mon ennemie. 

 

  Nous dormons quelques heures. Elle, attentionnée, s’assoupit avec une main sur ma taille.  A sept heures sonne le réveil pour tout le monde, le glas pour ce qui me concerne. Elle se prépare rapidement, déjeune, donne des baisers pour dire au revoir. Il me regarde alors, mais c'est déjà tard dans ma tête. Les larmes sillonnent mes joues. J'échappe à ses bras qui voudraient me retenir, me dire ...

 

Dans l'habitacle de ma vieille voiture ma colère n'explose pas, devient ma peau, devient mon sens et mon non-sens. Il y a du givre sur le pare-brise, il y a du givre sur ma raison, il y a du givre dans ma maison, entre la porte de la cuisine et celle du garage, là où je l'ai laissé Vincent, tout désemparé. Je m'en fous  de le savoir angoissé. Je les déteste et je me déteste plus encore. Je me trouve irrespectable. Je suis quoi ?

 

Une sale garce capricieuse ? Un bloc de douleur et c'est déjà trop. Un bloc de couleurs et c'est toujours ça.
On m'attend à l'atelier, mes modèles, mes toiles, mes disques, ma gouache, ma palette. Mes mains immorales ne seront pas sereines pour croquer les images, les transformer, les étaler. J'y vais quand même.

 

Mon art c'est ma vie. C'est mon métier de peindre, c'est mon refuge.

 

Je coupe le téléphone portable. Le givre du pare-brise a fondu, pas celui de mes pensées.
Rester je ne peux pas, je n'ai tellement plus rien à ajouter ...

 

Pour respirer, avant que ça pète et que j'estime que, il me faut y aller ...

Respirer,
Respirer,
Contact.

 


Proposé par Natacha Torride