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Blog Galeries des artistes » Concours d'écriture érotique 2012 » Concours d'écriture érotique 2012 - texte 2 de Yann Sayr
04.03.2012 20:04:48

Deuxième participation au concours d'écriture érotique 2012 de Neoplaisir et de la collection e-ros avec un texte érotique de Yann Sayr.

 

Pour rappel : le règlement du concours

 

 

Le grenier


Entre les poutres de vieux chêne noircies par le temps où le silence pèse, dans le confort affaissé des fauteuils sans âge et abandonnés où tant de membres se sont laissé aller, il est doux d'être curieux.

Ces êtres passés, charmants anonymes, débarrassés il y a fort longtemps de leur conditionnement charnel, s'obstinent à mêler encore aux choses physiques l'essence même du nuage translucide, vierge, de leur vie éternelle. Ils vibrent encore. Ils respirent encore. Si fort!
Tout autour de moi, épars, des vêtements éteints de fêtes dont les odeurs tenaces m'environnent délicieusement, des livres flétris, des photos déformées au dos desquelles flottent encore quelques vifs traits de plumes illisibles; colorés détails témoignant que rien ne peut vraiment disparaître. Non, rien !

Devant moi, caché sous un lot de tissus inertes, un coffre. A qui peut-il bien appartenir ? Chercher un nom ? Non ! Surtout pas ! Le charme s'évaporerait immédiatement. Ne peut rester ici que l'ombre d'une éternelle et belle humanité impossible à considérer autrement que dans sa globalité.

J'ouvre; je plonge un bras aveugle, persuadé de pénétrer un univers qui ne me regarde pas, et fouille dans l'opacité odorante des souvenirs. Un livre. Ou plutôt un carnet d'écrits. Peut être même un journal intime, qui sait ? C'est rédigé d'une main féminine, ronde, déliée, sage. Sage ? Voire ! Il y en a bien une centaine de ces courts textes qui se succèdent rapidement. J'effeuille et lis le premier qui me tombe sous les yeux...


Pour toi, belle inconnue...

A aucun moment tu ne t'es doutée. Tu n'as même pas levé le nez de ton livre. Tu ne m'as pas vue, même. J'étais en face de toi, seule sur la banquette, et pourtant tu sais, pourtant, je t'ai déshabillée, couchée et baisée furieusement. Là, à même le tissus inhospitalier. Tu aurais dû crier de surprise ou d'effroi, toi, la belle, aux formes si bien apprêtées, si charmantes et si sages. J'ai tout arraché, tout volatilisé de ton bel habit de souris endimanchée.


Avec la plus terrible des fureurs. Moi, Anne, je t'ai baisée comme la plus folle, comme la plus amoureuse, comme la plus idiote. Et cette idiotie me va bien, après tout.
De temps en temps. Tu n'as même pas levé le nez de ton livre. Tu ne m'as pas vue, même. Mais moi je sais que quelque part, en toi, une infime parcelle de ton cerveau,
a bien enregistré l'émoi effroyable dont, à ton insu, tu as fait l'objet. Ceci restera à jamais gravé dans la mémoire inaccessible de tes neurones. Et oui, ma jolie ! (14h. Le Paris/Lyon)


Je pleure de joie. Ce court moment d'ivresse d'une femme en proie à de terribles désirs me touche bien au-delà des mots ! Anne... Anne, je crois que je vous aime déjà !
J'ai envie de laisser là le livre mais c'est sans compter sur ma propre exaltation. Je me ravise, tenaillé par le désir de découvrir encore une autre facette de cet être endormi à jamais, tourne la page et lis à nouveau...


Regards étonnés, appuyés, insistants, pénétrants. Tu sembles apprécier. Voudrait-t-elle vraiment, celle-là, que je te prête ? Pourrait-elle utiliser ton corps, tes cris pour quelques instants ? Peut-être. Pourquoi pas ? Aimerais-tu que je te voie mangée, nue, crue, par cette large bouche humide peinte de rouge vif, le sexe ouvert, le regard... sans regard ?
Oui ? Alors, laisse-toi faire et viens ! (Paris. A ma fenêtre de la rue Lepic. 15h)


Alors, de tout cela, de tout cela je fais corps et mon corps et mon âme, ivres de plaisir, emportent tout contre eux ces courtes confessions.

Tant que mon cœur tressautera, Anne, je me souviendrai de vous. N'ayez crainte.


Publié par steph
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